Le programme

LE NOUVEAU
PARIS POPULAIRE

par Sophia Chikirou

Introduction

par Sophia Chikirou

Ce document est notre programme pour Paris. Il a une fonction simple : présenter la direction de l’action municipale que nous mènerons une fois élus. Mais il ne vient pas seul. Depuis plusieurs mois, nous publions aussi des plans thématiques. L’un ne va pas sans les autres.

Ces plans répondent à des urgences précises comme « baisser les loyers », « fonder un véritable service public de l’éducation communale ». Ils proposent des solutions détaillées et opérationnelles. Le programme, lui, est le fil conducteur : il structure notre vision d’ensemble, présente des mesures fortes et articule les différents volets de l’action municipale. C’est la boussole politique qui donne sens et cohérence à tous les plans.

Le programme est pour nous central. Alors que mes concurrents et concurrentes ont sorti des livres pour s’épancher sur leurs vies respectives, faire du « moi je », je préfère mettre en avant notre programme. Car pour nous, à la France insoumise, le candidat, c’est toujours et encore le programme. C’est avec notre programme présidentiel L’Avenir en commun que nous avons installé dès 2017 dans le débat public l’idée qu’une rupture avec l’ordre établi est possible et qu’elle peut se traduire en décisions concrètes.

Un programme municipal a la même vocation, à l’échelle de la ville : fédérer des femmes et des hommes très différents autour d’une compréhension commune des urgences, des besoins et des tâches politiques à accomplir. Ce n’est pas un catalogue de promesses, mais un chemin de bataille politique. Un chemin pour affirmer que oui, un autre Paris est possible.

Avec l’épuisement de l’actuelle majorité sortante, qui depuis un quart de siècle dirige la Ville, Paris se prépare à écrire une nouvelle page de son histoire. Je suis la seule candidate dans cette élection à porter un programme clair de rupture avec le passé, centré sur la priorité donnée à la vie quotidienne des habitants, un programme pour que Paris redevienne une ville où l’on peut vivre, respirer, s’émanciper sans devoir être obligatoirement fortuné pour cela.

Pour rendre cette ambition lisible, notre projet pour Paris est organisé en six axes :

Les pages qui suivent développent chacun de ces axes. Cette introduction explique le sens politique que nous leur donnons.

Axe 1 – Faire la révolution citoyenne à Paris

Ce programme municipal pour Paris s’inscrit dans une histoire longue. Ville des révolutions, Paris a vu naître, dès 1789, avec ses sections, une démocratie directe rompant avec les hiérarchies et les dépendances de l’Ancien Régime. La Commune de Paris, en 1871, a expérimenté avant le reste du peuple français la séparation des Églises et de l’État, l’école laïque, gratuite et obligatoire, la révocabilité des élus, ou encore de nouveaux droits pour les femmes et les enfants.

Paris a été, avant beaucoup d’autres, un lieu d’invention politique, sociale et démocratique. Cet héritage n’est pas un monument figé que l’on visiterait de temps en temps. Il nous oblige. Il impose l’exigence d’un pouvoir réellement exercé par les Parisiennes et les Parisiens.

Car pour nous, la commune n’est pas un simple échelon technique de gestion : c’est un outil au cœur de notre objectif politique, la révolution citoyenne. Nous visons une rupture concrète avec l’ordre établi – écologique, institutionnel, économique, social. « Citoyenne » signifie que cette rupture passe par la reprise en main, par le peuple, des institutions et des décisions qui organisent sa vie quotidienne.

La révolution citoyenne ne se fera pas à Paris seule, ni dans quelques villes isolées. Mais c’est dans les communes que peut se forger la culture de l’intervention populaire permanente : de nouvelles pratiques, de nouveaux réflexes, un nouveau rapport aux élus, indispensable pour refonder la démocratie à l’échelle nationale. Les communes sont le niveau où s’approfondit la souveraineté populaire.

Paris n’est pas condamnée à être une ville-musée ni une ville réservée aux seuls multi-millionnaires. Elle peut redevenir une ville du peuple, gouvernée par les Parisiennes et les Parisiens eux-mêmes, capable de répondre aux urgences sociales, démocratiques et écologiques de notre temps. C’est pourquoi notre programme commence par cet axe consacré à la
démocratie : transparence, contrôle citoyen, pouvoir d’initiative et de révocation, Maisons de quartier, budgets participatifs réellement décisifs.

Cette bataille démocratique inclut la question des finances publiques. La dette parisienne est aujourd’hui instrumentalisée par l’extrême droite, la droite et le bloc macroniste pour ne proposer comme horizon que l’austérité, les coupes budgétaires et le désinvestissement. Pourtant, cette dette n’est pas le résultat d’investissements trop importants. Elle est le fruit de choix politiques : des années de sous-dotations de l’État, des privatisations coûteuses, des grands projets qui n’ont pas bénéficié aux classes populaires.

Nous refusons cette logique comptable qui sacrifie les services publics et la population sur l’autel de dogmes financiers. Nous mènerons une politique d’une autre nature : une relance écologique et sociale. Permettre aux Parisiennes et aux Parisiens de se loger, de vivre, de travailler et de consommer à Paris, c’est aussi garantir des recettes fiscales et des services publics solides : un cercle vertueux. La réduction de la dette sera la conséquence d’une politique au service de la majorité, et non son point de départ.

Axe 2 – Pour un Paris populaire et de l’entraide

Cette ambition démocratique n’a de sens que si elle s’inscrit dans une politique d’entraide. Une commune n’est pas une abstraction juridique, mais un lien concret entre des gens qui partagent un espace, des contraintes, des solidarités. Protection de l’enfance, lutte contre la pauvreté, accueil digne des migrants, droits des personnes en situation de handicap, vie digne pour la jeunesse et les personnes âgées, organisation d’un nouveau rapport au travail : ce sont là des choix politiques majeurs.

Paris n’est pas une ville comme les autres. Capitale de la France, elle accueille environ 17 % de la population francilienne sur moins de 1 % du territoire régional. Avec près de 20 000 habitants au kilomètre carré, sa densité est la plus élevée de France et parmi les plus élevées du monde. Cette concentration rend tout plus sensible : le logement, la pauvreté, l’accès aux services publics, l’espace public, la pollution, le bruit, la chaleur, la propreté, les violences, les inégalités.

Et cela rend plus insupportable encore ce que nous voyons chaque jour : des campements, des personnes qui dorment à même le sol, des familles entières à la rue, des jeunes à qui l’on refuse un hébergement, des personnes en situation de handicap qui renoncent à sortir faute d’accessibilité. On ne s’y habitue pas. Et même en raisonnant égoïstement, une vérité simple s’impose : personne ne peut vivre heureux dans un océan de malheur.

Une ville tient par l’entraide et le sentiment d’appartenance collective. Elle se délite par l’indifférence et l’individualisme. Notre deuxième axe est donc celui d’un Paris populaire et solidaire qui protège en priorité celles et ceux qui subissent de plein fouet la crise sociale, qui garantit l’accès aux droits fondamentaux et qui fait de l’entraide un principe d’organisation de la ville, pas une simple politique résiduelle.

Axe 3 – Répondre aux urgences du quotidien des Parisiens

Le Paris de la droite et des socialistes a, depuis des décennies, chassé au-delà du périphérique celles et ceux qui font vivre la ville au quotidien : agents municipaux, soignants, enseignants, employés du commerce, livreurs, artistes, travailleuses et travailleurs essentiels. Le résultat est connu : des heures de transport, des loyers intenables, des quartiers populaires fragilisés, un Paris qui se vide de ses classes populaires et de ses classes moyennes, de ses familles.

Nous refusons une ville qui se construit contre sa propre population. Garantir le droit au logement sera la première bataille que nous mènerons. Mais elle ne peut être isolée d’autres urgences du quotidien : l’école publique, le périscolaire, la petite enfance, la santé de proximité. C’est la vie de tous les jours, la possibilité ou non de rester à Paris pour y vivre dignement.

Notre troisième axe vise donc à répondre à ces urgences du quotidien. En bref : rendre la ville à celles et ceux qui y vivent.

Axe 4 – Vivre mieux à Paris

Dans le même temps, Paris est aujourd’hui une ville convoitée, vendue, fragmentée. Une ville petite, moyenne ou grande, c’est un gâteau juteux pour les oligarchies de l’immobilier et du BTP, pour les monopoles privés de l’eau, des déchets, des transports, et aujourd’hui pour les seigneurs du numérique. « Attractivité du territoire », « partenariats public-privé », « renouveau urbain », « marketing territorial » : ces mots ronflants habillent une réalité bien laide, celle de la vente à la découpe de nos villes aux intérêts privés.

Les promoteurs et les grandes fortunes françaises comme Bernard Arnault ou Xavier Niel, mais aussi étrangères à travers des fonds d’investissement basés dans des paradis fiscaux, deviennent les vrais décideurs de l’aménagement de la ville. Et au bout de la chaîne, ce sont les classes populaires et les classes moyennes qui paient ce tout marchand. Que ce soit dans la culture, le sport ou la vie nocturne. Mais aussi par la disparition de nos commerces de proximité et nos artisans, et l’écrasement de la vie de quartier.

Car vivre Paris, ce n’est pas vivre le Paris de la carte postale. C’est vivre dans une ville habitée, vivante, populaire et créative. C’est la liberté de se déplacer, se retrouver, s’exprimer, partager des moments de culture, de convivialité et de fête, sans être prisonnier des logiques marchandes.

Nous refusons une ville structurée par la rente immobilière, la spéculation foncière et le tourisme de masse. Ce modèle a fragmenté Paris, accentué les inégalités, fragilisé les quartiers. Il a transformé certains arrondissements en vitrines insipides et d’autres en zones reléguées.

Notre Paris est une ville populaire de culture, de fête, de sport, de rencontres et de libertés, et non un espace normalisé, surveillé, marchandisé ou réservé à une minorité. Une ville où l’on peut sortir sans être obligé de consommer, où l’on peut pratiquer un sport sans être freiné par le prix, où l’on peut créer et s’organiser sans être bloqué par le manque de lieux.

« Vivre mieux à Paris », c’est reconquérir les conditions d’une vie émancipatrice dans la ville : un service public des arts et de la culture, un sport populaire, une vie nocturne régulée mais dynamique, des quartiers animés par leurs habitants et non par des investisseurs, une sûreté pensée à partir des droits et non de la peur de l’autre et de la privatisation des espaces.

Axe 5 – Planifier la bifurcation écologique à Paris

L’une des tâches centrales de la révolution citoyenne est de rompre avec un mode de production, de consommation et d’échange qui détruit le vivant et fracture la société. La planification écologique est le moyen concret pour y parvenir.

Et où se trouvent les structures de base de la planification écologique ? Dans les communes, précisément. C’est à cette échelle que l’on peut définir les besoins essentiels, décider des investissements, reprendre en main les biens communs : l’eau, l’énergie, les déchets, l’espace public, la biodiversité urbaine. Ce que le marché ne sait ni prévoir ni protéger, nous devons et pouvons l’organiser démocratiquement.

Paris n’est pas adaptée au changement climatique. Les canicules, les îlots de chaleur urbains, la pollution de l’air, les inégalités d’accès aux espaces verts et la précarité énergétique rendent la situation intenable, notamment pour les plus modestes. L’heure n’est plus au verdissement cosmétique ni à quelques pistes cyclables construites parce que le vélo serait à la mode. Nous n’avons plus le choix.

Planifier la bifurcation écologique, c’est organiser une réduction massive des émissions, protéger le vivant, adapter la ville aux chocs climatiques qui arrivent. C’est transformer la façon dont nous produisons, nous chauffons, nous nous déplaçons, nous consommons. C’est accélérer la rénovation du bâti, végétaliser massivement, limiter les déchets, apaiser l’espace public. Tout en gardant en tête l’impératif de justice sociale. Là encore, Paris peut et doit montrer l’exemple.

Axe 6 – Paris, ville ouverte

Paris ne vit pas en vase clos. Elle est au cœur d’une métropole, entourée de communes qui partagent les mêmes difficultés de logement, de transports, de pollution, de services publics. Elle est aussi une ville-monde, traversée et façonnée par les crises internationales, les migrations, les mouvements sociaux, les combats pour les droits humains et pour la paix.

Nous refusons un Paris qui ignore ses voisins et méprise sa périphérie. Notre projet repose sur des coopérations concrètes avec les communes voisines pour le logement, les transports, l’écologie, les services publics, la culture, la solidarité.
La capitale ne peut pas se contenter d’exporter ses problèmes : elle doit coconstruire des solutions avec ses voisins. Mais cela peut se faire sans avoir besoin de la Métropole du Grand Paris qui s’avère être un échec démocratique et social. Nous avons donc l’intention de plaider pour la fin de cette instance technocratique inutile et dépolitisante, mais pour mieux renforcer les liens et coopérations directs avec les communes voisines.

Dans le même temps, nous voulons faire de Paris une commune internationaliste. Ville des révolutions, ville des exils, ville des solidarités, elle a une responsabilité particulière dans un monde marqué par les guerres, les inégalités, le dérèglement climatique. Paris doit être aux côtés des peuples qui luttent pour leur liberté, pour défendre le droit international et la paix.

Un programme de rupture construit avec la société

Ce programme municipal n’est ni un exercice de communication, ni un catalogue de promesses. Il s’inscrit dans une volonté politique de rupture avec la droite et avec les renoncements des socialistes.

Il vient de la société elle-même : des associations, des syndicats, des collectifs, des chercheurs et chercheuses, des habitantes et des habitants qui, depuis des années, alertent, proposent, expérimentent. Il part des besoins concrets et vise une bifurcation praticable, ici et maintenant, vers une ville plus juste, plus vivable, plus humaine.

Dans un pays où 80 % de la population vit désormais en ville, Paris est un symbole et un laboratoire. La ville peut être soit une ressource – accès aux soins, à l’école, aux transports, aux réseaux indispensables à la vie moderne – soit une source d’exclusion. Notre choix est clair : faire de Paris, une ressource commune et non une ville pour et par les milliardaires.

Voici le projet d’un Nouveau Paris Populaire.

Paris est à nous. À nous toutes et à nous tous.

Sophia Chikirou

axe 1

FAIRE LA RÉVOLUTION CITOYENNE À PARIS

Chapitre 1

Dynamiser la vie démocratique locale

À Paris, la « participation citoyenne » relève largement de la mise en scène démocratique plutôt que d’un réel partage du pouvoir. Les taux de participation aux consultations sont dérisoires : 4 % lors de la votation sur la piétonnisation et la végétalisation de 500 nouvelles rues, en moyenne 6 % pour le budget participatif – ce qui s’explique notamment par le fait que près de 30 % des projets proposés sont bloqués, déformés ou ignorés. Dans le même temps, les décisions structurantes – qu’il s’agisse de grands projets de piétonnisation, de bétonisation ou d’opérations immobilières privées – restent concentrées entre les mains de l’exécutif municipal, souvent au bénéfice des promoteurs et de grands groupes privés. Dans le cas emblématique de la Tour Triangle, le projet a même été imposé contre les mobilisations citoyennes soulignant son absurdité écologique et sociale. Cette conception de la gouvernance locale contribue à déposséder les habitants, en particulier dans les quartiers populaires, de tout pouvoir réel sur l’avenir de leur ville et de leur quartier, au profit d’une démocratie locale oligarchique.

MESURE-CLÉ

Instaurer un référendum communal d’initiative citoyenne
Donner aux Parisiens le pouvoir d’initier un référendum local : dès lors qu’une pétition atteint 100 000 signatures, la Ville de Paris organise un référendum d’initiative citoyenne

  • Soumettre au Conseil de Paris un vœu demandant l’instauration d’un référendum révocatoire lorsqu’une pétition atteignant 10 % du corps électoral le demande et qui en préciserait les modalités (recueil de signatures, charte d’engagement, etc.)
  • Garantir des concertations publiques réelles et en amont pour tout grand projet d’aménagement, avec une restitution transparente des contributions citoyennes et un engagement à faire évoluer les projets pour aboutir à des compromis respectueux de l’intérêt général
  • Garantir un véritable contrôle citoyen de la gestion des services publics locaux, notamment en ouvrant la commission consultative des services publics locaux de la Ville de Paris à toutes les associations et aux citoyens qui le souhaitent, avec la possibilité d’auditionner des experts et de demander tout document utile
  • Donner aux Parisiens le droit de proposer et de choisir chaque année le thème d’une mission de l’Inspection générale de la Ville de Paris, afin par exemple de pouvoir évaluer un service public municipal qui ne donne pas satisfaction
  • Organiser des campagnes locales annuelles d’inscription sur les listes électorales

Une nouvelle culture démocratique, fondée sur l’intervention directe des habitants dans les prises de décision, peut se forger dans les communes. L’enjeu est de dépasser un modèle institutionnel qui confisque le pouvoir politique entre deux élections et de redonner un sens concret à la souveraineté populaire au quotidien. En 1871, la Commune de Paris a incarné l’idée d’un pouvoir exercé par le peuple lui-même, avec des élus révocables, des mandats contrôlés et une démocratie ancrée dans la vie des gens. En 2026, le communalisme insoumis s’inscrit dans cet héritage vivant : il invente et expérimente des formes concrètes d’exercice direct du pouvoir par le peuple et ouvre la voie vers la 6e République.

MESURE-CLÉ

Créer des Maisons de quartier, co-gérées par les Conseils de quartier, qui seront des lieux d’activités et de rencontres pour les habitants, ainsi que des lieux de services publics de proximité

  • Installer physiquement dans les Maisons de quartier les services municipaux de proximité (propreté, médiation, tranquillité publique), avec des antennes dans certains secteurs lorsque la taille du quartier ou l’éloignement rend nécessaire un point d’accueil supplémentaire

  • Soutenir la participation citoyenne de tous dans les Conseils de quartier en généralisant l’attribution d’une part des sièges par tirage au sort, ainsi que l’ouverture de la participation à tout résident ou travailleur du quartier à partir de 16 ans, sans condition de nationalité, dès lors qu’il détient une carte de résidence parisienne

  • Élargir les compétences des Conseils de quartier afin qu’ils :

    • Puissent gérer la propreté de proximité directe de leur quartier en lien avec les régies de quartier et les référents propreté de la Ville de Paris

    • Organisent la formation des habitants aux premiers secours en lien avec les organisations compétentes (protection civile, pompiers, etc.)

    • Organisent une veille active sur la vacance des locaux commerciaux et participent à la programmation commerciale et aux questions d’aménagement urbain du quartier

    • Impliquent les commerçants locaux pour organiser des événements de quartier

    • Soutiennent les démarches d’éducation populaire et organisent les formes de participation citoyenne à la vie municipale

    • Mettent en place des cahiers de doléances dans les Maisons de quartier, animent des rencontres publiques autour du contenu et en fassent la restitution et le suivi auprès des mairies d’arrondissement

    • Puissent saisir successivement la mairie d’arrondissement, puis une commission du Conseil de Paris, avant de demander l’inscription du sujet à l’ordre du jour du Conseil de Paris pour débat

  • Doter chaque Assemblée de quartier, composée de l’ensemble des Conseils de quartier du même arrondissement, d’un budget propre en lien avec le nombre d’habitants

  • Fonder la Maison de la Presse et des Radios Indépendantes, composée de salles de rédaction, de studios radio et vidéo, pour répondre aux besoins exprimés par les médias locaux et indépendants et proposer des locaux adaptés, des moyens techniques mutualisés aux médias associatifs, coopératifs (SCOP, SCIC) et qui démontrent une indépendance financière par rapport aux grands groupes

  • Créer un fonds municipal de soutien aux médias indépendants parisiens pour promouvoir toutes les formes de médias indépendants (radios associatives, presse en ligne, podcasts, etc.)

  • Créer l’« Université Populaire de Paris », en partenariat avec les associations, les universités, les chercheurs et les experts, pour y former les citoyens volontaires à l’exercice de la démocratie, à la compréhension des institutions, et aux multiples sujets qui structurent le débat public

À Paris, des centaines de milliers de personnes vivent, travaillent et participent à la vie collective sans disposer de droits politiques effectifs à l’échelle municipale. Cette situation produit une démocratie incomplète qui exclut durablement une partie des habitants des décisions locales les concernant directement.

À cela s’ajoutent de nombreux obstacles matériels à la participation citoyenne : contraintes familiales, manque de lieux accessibles pour se réunir, communications institutionnelles peu adaptées aux personnes en situation de handicap ou maîtrisant mal le français, insuffisance des espaces d’expression libre. Faire vivre la citoyenneté de résidence, c’est reconnaître que le fait d’habiter la ville crée des droits et garantir à toutes et tous la capacité réelle de participer à la vie démocratique locale.

MESURE-CLÉ

Créer une carte de résidence parisienne, reconnue par l’ensemble des services municipaux, destinée à toutes les personnes résidant à Paris, quelle que soit leur nationalité ou leur situation administrative

  • Développer une action ciblée à l’endroit des ressortissants de l’Union européenne en vue de les accompagner dans l’exercice de leur droit de vote aux élections locales et européennes, notamment par la création de guides complets en anglais, espagnol, italien et allemand

  • Accorder le droit de vote aux résidents étrangers pour l’ensemble des votations et consultations citoyennes, et plaider au niveau national pour l’élargissement du droit de vote à tous les résidents étrangers aux élections locales

  • Mettre en place des dispositifs de garde d’enfants gratuits pour les personnes présentes dans les instances participatives de la Ville de Paris

  • Garantir l’accessibilité de toutes les communications institutionnelles (français facile à lire et à comprendre, sous-titrage, langue des signes française, versions audio, usage du braille)

  • Mettre la Ville de Paris en conformité avec la loi en installant des panneaux d’expression libre en nombre suffisant

  • Mettre à disposition un réseau de salles accessibles gratuitement en semaine et le week-end pour les associations, syndicats et partis politiques, y compris hors périodes électorales

D’après l’Agence française anticorruption, plus de 40 % des communes sont confrontées à des situations de corruption. Il est donc impératif de séparer strictement les mairies du monde de l’argent.

Ces dernières années, ce ne sont plus seulement les grandes affaires judiciaires qui minent la confiance des Parisiens envers leurs élus, mais aussi l’accumulation de pratiques opaques, de privilèges et de dépenses injustifiables. À l’heure où certains responsables politiques prônent l’austérité budgétaire, réduisent les moyens des services publics et demandent toujours plus d’efforts aux habitants, il est intolérable que l’argent public soit dilapidé dans l’utilisation floue et insuffisamment contrôlée des frais de représentation. Ainsi, sous la mandature d’Anne Hidalgo, plusieurs dépenses ont suscité une indignation légitime : achats de vêtements de luxe, déplacements internationaux mêlant activités institutionnelles et privées, absence de transparence réelle sur la nature et l’utilité de certaines dépenses. D’autant plus qu’elles se doublent parfois de rémunérations exorbitantes pour certains proches placés en cabinet ou à la tête de directions et d’organismes contrôlés par la Ville. Ces pratiques, qu’elles soient ou non pénalement répréhensibles, posent un problème politique et démocratique majeur.

MESURE-CLÉ

Créer un registre public des lobbys avec engagement des élus insoumis parisiens de publier sous 72 heures tout rendez-vous entre eux et un représentant d’intérêts (entreprises, fédérations professionnelles, cabinets de conseil, etc.) et inciter le reste des élus parisiens à adopter cette pratique

  • Interdire l’achat de vêtements avec l’enveloppe de frais de représentation et fixer un forfait de 25 euros par couvert pour tout repas lié à l’activité d’élu

  • S’engager à ce que les élus insoumis reversent leurs indemnités de présence des satellites parisiens (société d’exploitation mixte, bailleurs sociaux, Syctom, AP-HP, etc.) au budget municipal

Chapitre 2

Reprendre en main les finances publiques parisiennes

Le budget participatif a trop souvent servi d’outil de communication plutôt que de véritable levier de pouvoir populaire. Il reste aujourd’hui structurellement limité dans sa portée démocratique. Cantonné de 4 à 6 % du budget d’investissement, il finance trop souvent des projets relevant des obligations normales de la Ville – rénovations d’écoles, de bâtiments publics ou d’espaces déjà programmées – transformant la participation citoyenne en arbitrage contraint, sans véritable capacité de choix politique.

MESURE-CLÉ

Porter progressivement à 15 % la part du budget d’investissement de la Ville de Paris réellement consacrée au budget participatif, en excluant explicitement les investissements obligatoires ou déjà programmés (écoles, bâtiments municipaux, mises aux normes) afin de garantir que les projets soumis au vote relèvent de choix réellement discrétionnaires

  • Inscrire cette montée en charge dans un cadre pluriannuel, permettant à la Ville d’assurer la continuité du service public tout en élargissant effectivement le pouvoir de décision des habitants

  • Associer formellement les Conseils de quartier au suivi et à l’évaluation des projets votés, avec un droit d’alerte et une obligation de réponse publique de la Ville en cas de retard, de modification substantielle ou d’abandon

  • Organiser dans les Maisons de quartier et avec les Conseils de quartier des temps d’information, de débat et de co-élaboration, en s’appuyant sur les méthodes de l’éducation populaire, pour permettre une appropriation réelle des enjeux budgétaires et des choix d’investissement

Le budget annuel de la Ville de Paris dépasse les 11 milliards d’euros. Pourtant, seuls 35 % des Parisiens déclarent en comprendre l’utilisation, selon le baromètre de la confiance politique du Cevipof. Cette opacité permet à nos adversaires politiques d’instrumentaliser la question de la dette pour mieux justifier leurs propositions de coupes dans les services publics municipaux. Mais la dette n’est pas un problème en soi : c’est un outil au service de l’investissement public. Ce qui compte, c’est à qui elle profite et comment elle est gérée. Nous mettrons en place une politique budgétaire transparente, démocratique et au service du bien commun, loin de l’opacité technocratique. Les Parisiens ont le droit de savoir où va leur argent, qui en profite et quels sont les véritables mécanismes de l’endettement.

MESURE-CLÉ

Publier chaque année un rapport accessible à tous les Parisiens sur l’état de la dette, sa composition, son coût et son évolution

  • Établir une présentation lisible et intelligible du budget municipal en mettant en avant des agrégats de dépenses par politique publique, par arrondissement et par secteur, ainsi que leur évolution annuelle

  • Créer un Conseil économique, social et écologique parisien (CESEP) composé de citoyens, du tissu associatif et de personnalités qualifiées, chargé d’orienter les politiques publiques et de conseiller l’exécutif parisien sur celles-ci

  • Obliger le Conseil de Paris à saisir le CESEP pour avis consultatif préalable sur les questions municipales majeures (budget, modifications substantielles du PLUb, audit des DSP, etc.)

  • Doter le CESEP du pouvoir d’auto-saisine sur tout sujet d’intérêt public relevant des compétences de la Mairie de Paris

  • Assurer une gestion financière exemplaire en sélectionnant, sur des critères stricts, les banques avec lesquelles la Ville travaille (en excluant par exemple les banques ayant des filiales dans les paradis fiscaux)

L’État a volontairement étranglé les finances locales depuis des années : baisse des dotations (dont la dernière en date est l’œuvre du budget 2025 qu’Emmanuel Grégoire et ses collègues socialistes à l’Assemblée nationale ont laissé passer), suppressions de recettes fiscales sans compensation intégrale, transferts de charges non financés. Il est temps d’exiger réparation et de refuser l’hypocrisie du Gouvernement qui appauvrit les communes puis leur reproche d’être endettées.

MESURE-CLÉ

Exiger une compensation équitable de l’État pour les charges spécifiques de Paris en tant que capitale (cérémonies nationales, entretien d’un patrimoine mondial, accueil touristique, services rendus aux usagers franciliens, prêt gratuit de bâtiments municipaux comme par exemple l’Université de la Sorbonne)

  • Exiger l’augmentation immédiate de la dotation globale de fonctionnement (DGF) et des autres dotations de l’État aux communes

  • Exiger le maintien de l’autonomie fiscale des collectivités et la compensation à 100 % de la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales

  • Exiger le remboursement par l’État des avances de la Ville sur le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et la prestation de compensation du handicap (PCH)

  • Refuser toute conditionnalité des dotations de l’État de type plafonnement des dépenses

Les majorités précédentes ont multiplié les contrats taillés pour le privé, au détriment des finances publiques et de l’intérêt général — le contrat Autolib, confié au groupe Bolloré, en est une illustration frappante. Ces engagements, conclus sur de longues durées, avec peu de marges de contrôle et des risques parfois reportés sur la collectivité (notamment via des clauses de prise en charge de pertes au-delà d’un seuil), doivent être passés au crible. Le cas échéant, nous renégocierons ou mettrons fin à ces contrats.

MESURE-CLÉ

Réaliser un audit complet des contrats de concessions, délégations de service public et marchés publics de long terme conclus avec des opérateurs privés par les majorités précédentes afin d’établir un plan de retour en gestion publique ou non lucrative (par exemple en coopérative), en commençant par les communs essentiels

  • Dénoncer publiquement les contrats qui lèsent les finances publiques et engager leur renégociation ou leur annulation dans le respect du droit et en minimisant tout risque indemnitaire

  • Mettre fin au recours aux sociétés privées de sécurité, de gardiennage et de nettoyage des bureaux et des bâtiments municipaux en programmant la sortie progressive des prestataires et en recrutant, au niveau de la Ville, le personnel correspondant

  • Privilégier systématiquement la gestion publique directe et, lorsque le recours à des prestataires est nécessaire, développer des groupements d’achats intercommunaux afin d’obtenir de meilleures conditions

  • Limiter le recours à des cabinets de consultants hors de prix en mobilisant les expertises publiques mises à disposition des collectivités (CEREMA, ONF, ADEME, CSTB), les ressources internes (École des Ingénieurs de la Ville de Paris, ESPCI) et, autant que nécessaire, le recrutement de fonctionnaires de la Ville

Paris est la ville où se côtoient les milliardaires du monde entier, mais aussi des travailleuses et travailleurs essentiels qui ne peuvent plus s’y loger, ainsi que des classes moyennes de plus en plus en difficulté. Pour rétablir une cohabitation viable et apaisée dans la capitale, il est indispensable de restaurer une justice fiscale aujourd’hui profondément bafouée. La plupart des décisions fiscales relèvent de l’État : Paris devra donc porter un rapport de force politique. Il s’agira notamment de porter une réforme complète de la taxe foncière afin de mieux prendre en compte le patrimoine net global dans son calcul, de sorte que les propriétaires d’un seul logement, souvent endettés pour l’acheter, ne paient plus la même taxe que les multi-propriétaires engagés dans la spéculation immobilière. Notre logique est simple : celles et ceux qui peuvent payer davantage doivent contribuer davantage, en particulier les propriétaires de résidences secondaires, de meublés touristiques, de bureaux, ainsi que les acteurs économiques qui profitent de Paris sans y contribuer à leur juste mesure.

MESURE-CLÉ

Agir pour que l’État laisse à la Ville la liberté d’augmenter davantage le taux de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et de la taxe sur les logements vacants, afin de dégager des recettes supplémentaires et de mettre en place une fiscalité comportementale en faveur du logement pour les Parisiens

  • Refuser toute hausse de la fiscalité pesant sur les classes populaires et moyennes

  • Augmenter le montant des redevances des Conventions d’Occupation du Domaine Public (CODP) des industries du luxe, notamment pour la fashion week

  • Plaider pour revaloriser la taxe sur les bureaux afin de faire contribuer davantage les entreprises aux finances de la Ville

  • Agir pour que le tourisme de masse contribue davantage au financement des services publics parisiens, par une amélioration du recouvrement de la taxe de séjour notamment sur les logements type Airbnb et par une évolution du cadre légal national permettant aux grandes villes d’en relever les plafonds

  • Mener une campagne de mise en œuvre systématique de la taxe sur les logements vacants à Paris, en :

    • Renforçant le partage d’informations entre la direction générale des finances publiques et la Ville

    • Croisant les bases de données disponibles (impôts locaux, consommation d’eau, diagnostics de performance énergétique)

    • Intensifiant les contrôles, notamment pour détecter les résidences secondaires déclarées en logements vacants pour diminuer leur taxation

Nous n’avons aucune leçon de gestion des finances publiques à recevoir, ni de ceux qui ont creusé la dette nationale, ni de ceux qui ont alourdi la dette communale tout en dégradant les services rendus. Mais nous affirmons que la dette n’est pas un problème en soi dès lors qu’elle finance des investissements utiles et durables pour les Parisiens. L’austérité est un choix politique qui conduit à la dégradation des services publics et à l’abandon des classes populaires. Et même en appliquant une politique austéritaire permettant un remboursement anticipé de la dette à hauteur de 50 millions d’euros par an, il faudrait plusieurs centaines d’années pour rembourser l’intégralité de la dette actuelle de la Ville. Par ailleurs, les taux d’intérêt de la dette parisienne, compris en moyenne entre 1,5 % et 2,5 %, restent inférieurs à l’inflation observée ces dernières années : la dette ne constitue donc pas un problème économique en soi. Rembourser par anticipation une dette à faible taux pour devoir emprunter ultérieurement à des taux plus élevés serait même économiquement inefficace. Toutes les grandes capitales font le choix de l’endettement pour investir : à Londres et à New York, le ratio dette sur budget atteint respectivement environ 200 % et 95 %, contre 85 % pour Paris. Nous faisons donc le choix d’investir massivement dans le logement social, les écoles, les crèches, les infrastructures écologiques et les services publics.

Pour ce faire, nous voulons également marquer une rupture nette : libérer Paris du carcan des marchés financiers en faisant des Parisiens les créanciers et les bénéficiaires de la dette parisienne. La Ville de Paris est actionnaire unique d’un établissement bancaire : le Crédit municipal de Paris (CMP). Nous l’utiliserons afin de mobiliser l’épargne des Parisiens pour financer les services publics auxquels nous les savons attachés. Si chaque Parisien épargne 50 euros auprès du CMP, nous pourrons isoler thermiquement plus de 7 000 logements.

MESURE-CLÉ

Refuser toute logique d’austérité et de réduction des dépenses publiques au détriment des Parisiens

  • Décréter un moratoire sur la vente du patrimoine public parisien (par exemple le Parc des Princes), à commencer par les actifs stratégiques

  • Investir massivement dans la bifurcation écologique, les infrastructures et les services publics essentiels, notamment le logement social, les écoles, les crèches, les centres de santé et les transports publics

  • Mobiliser systématiquement les financements européens pour les projets d’ampleur afin que les ressources disponibles au niveau européen bénéficient directement aux Parisiens

  • Privilégier l’emprunt public et les financements institutionnels plutôt que le recours au privé

  • Réorienter, via le Crédit municipal de Paris (CMP), le « Livret Paris Solidarité », rémunéré, pour permettre à l’épargne des Parisiens de financer les grands projets de bifurcation écologique, la solidarité communale et les investissements dans nos écoles, nos crèches et notre logement

La Ville de Paris fait face à des surcoûts importants dans ses achats de fournitures courantes. Pour du petit matériel de bureau, de l’électroménager de faible valeur, des consommables informatiques ou du mobilier standardisé, les marchés publics peuvent coûter jusqu’au double des prix pratiqués dans le commerce. Ces surcoûts ne relèvent pas de la responsabilité des agents, mais résultent d’un cadre juridique complexe, du recours trop systématique aux centrales d’achat et des coûts liés à l’intermédiation. Des possibilités existent pourtant dans le droit actuel, notamment pour les achats ne dépassant pas le seuil de 40 000 €. Mieux dépenser l’argent public ne signifie pas renoncer aux exigences de transparence, de sécurité juridique ni aux clauses sociales et environnementales : il s’agit au contraire de lutter contre les gaspillages évitables afin de dégager des moyens supplémentaires pour les priorités sociales et écologiques de la Ville.

MESURE-CLÉ

Réaliser un audit des surcoûts sur un échantillon représentatif de fournitures courantes en comparant les prix des marchés publics avec les prix pratiqués dans le commerce

  • Exiger une transparence complète sur les marges, les prestations et les coûts facturés par les centrales d’achat utilisées par la Ville et interpeller ces structures en cas d’écarts de prix injustifiés

  • Développer des partenariats avec des fournisseurs de proximité, des structures de l’économie sociale et solidaire (ESS) et des plateformes coopératives d’achat public

  • Généraliser les achats directs sous le seuil de 40 000 € HT lorsque cela est pertinent, en mettant en place des outils d’achat simplifiés pour les fournitures du quotidien, avec plafonds, traçabilité et contrôles a posteriori

  • Garantir que toute optimisation des achats publics respecte strictement la transparence, la sécurité juridique des agents, les clauses sociales et environnementales, ainsi que la qualité du service rendu aux usagers

Chapitre 3

Faire vivre la nouvelle France à Paris

Dans le monde du travail, les discriminations à l’embauche restent massives en France : à diplôme et expérience équivalents, un candidat perçu comme arabe ou noir a jusqu’à 40 % de chances en moins d’être rappelé après l’envoi d’un CV. Dans l’accès au logement, les pratiques discriminatoires demeurent structurelles : refus explicites, évictions informelles, sélections racialisées. Paris n’échappe pas à ces dynamiques : capitale politique, administrative et médiatique, elle concentre à la fois des traditions de résistance et de violences institutionnelles. L’histoire parisienne est marquée par des crimes racistes commis par les autorités elles-mêmes : répression coloniale, rafle du Vél’ d’Hiv’, massacres du 17 octobre 1961 et violences policières visant des populations souvent racisées. Ces faits ne relèvent pas d’un passé révolu : ils structurent encore les rapports entre institutions et habitants racisés. Selon les données les plus récentes, plus d’un tiers des actifs parisiens déclarent avoir subi une discrimination professionnelle. Dans le même temps, l’extrême droite progresse à Paris, notamment dans les arrondissements les plus ségrégués socialement et symboliquement. Lors des dernières élections européennes, le bloc RN-zemmouriste a dépassé 25 % des suffrages dans le 16e arrondissement et plus de 21 % dans le 8e. Ces scores ne sont pas anecdotiques : ils traduisent l’implantation d’une extrême droite décomplexée qui tue (Clément Méric, Federico Martín Aramburú) dans des espaces historiquement marqués par la reproduction des élites, mais aussi par une ségrégation sociale et raciale profonde.

MESURE-CLÉ

Créer un Observatoire parisien des discriminations en partenariat avec les acteurs associatifs et universitaires comme outil de pilotage opérationnel doté d’une capacité de testing, d’un droit de publication indépendant, ainsi que d’une mission de suivi des politiques publiques et de formulation de recommandations

  • Créer un Fonds parisien antiraciste et de lutte contre les haines, doté d’un budget annuel de 10 millions d’euros, pour pérenniser le financement de la lutte contre le racisme

  • Rendre obligatoires des clauses « anti-discrimination » et « anti-haine » dans l’ensemble des conventions, marchés publics et subventions municipales

  • Mettre en œuvre un Plan « Zéro discrimination dans le logement » fondé sur des campagnes régulières de testing et la publication des résultats

  • Déployer des Maisons du droit mobiles pour le dépôt de plainte et l’accompagnement juridique

  • Intégrer à la Brigade du droit au logement, une cellule anti-discriminations dotée d’un numéro de signalement (ligne verte) et en lien avec les Maisons du droit mobiles pour accompagner la constitution des dossiers de plainte

  • Réaliser un audit complet des carrières municipales afin d’identifier et corriger les discriminations structurelles

  • Déployer un programme municipal permanent d’éducation antiraciste dans le périscolaire, les centres de loisirs et les équipements municipaux

  • Former les professionnels de santé municipaux aux discriminations et au non-recours aux soins

  • Impulser, via le rôle de la Maire de Paris au sein du conseil de surveillance de l’AP-HP, une politique de lutte contre les biais racistes au sein de l’hôpital public parisien

  • Mettre en œuvre un Plan « Paris, vérité et mémoire » incluant la signalisation des lieux de violences racistes, coloniales ou antisémites

  • Engager un réexamen systématique des dénominations de rues et équipements municipaux liés à l’histoire coloniale ou à l’antisémitisme

  • Adopter une charte municipale encadrant strictement les interventions de la police municipale, proscrivant toute pratique discriminatoire ou assimilable à un contrôle au faciès, et garantissant la traçabilité, la formation des agents et des mécanismes de signalement et de sanction

  • Conditionner strictement l’octroi de toute subvention, mise à disposition de locaux, soutien logistique ou partenariat municipal au respect des principes constitutionnels et légaux d’égalité, de non-discrimination et de rejet explicite des discours de haine, et exclure toute structure promouvant ou tolérant des idéologies racistes, antisémites ou islamophobes du bénéfice de fonds ou de moyens publics municipaux

La laïcité est la séparation des Églises et de l’État. Ni plus ni moins. Pour garantir ce principe, nous refuserons tout financement public des religions, quelles qu’elles soient, et mettrons fin aux confusions, encore trop présentes, entre fonctions publiques et pratiques confessionnelles. La laïcité ne doit être ni instrumentalisée pour stigmatiser des groupes de population, comme c’est le cas dans l’offensive islamophobe actuelle, ni affaiblie par des accommodements contraires à la loi de 1905.

MESURE-CLÉ

Interdire aux élus d’assister à des cérémonies religieuses au titre de leurs fonctions ou de recevoir des titres religieux

  • Refuser le financement des structures confessionnelles et cultuelles, à l’exception de celles répondant à un véritable objectif d’intérêt général ou à un critère culturel clairement identifié

  • Garantir la laïcité du périscolaire en y refusant toute intervention d’associations religieuses

  • Proscrire l’installation d’objets ou de symboles religieux dans les espaces gérés par la commune

  • Garantir la liberté de croire ou de ne pas croire en formant les agents municipaux à la prévention et à la lutte contre les discriminations liées aux convictions religieuses, réelles ou supposées

Les inégalités entre les femmes et les hommes demeurent profondément ancrées dans notre pays. Malgré les engagements affichés par la Ville de Paris, les Parisiennes gagnent en moyenne entre 20 et 25 % de moins que les Parisiens. Elles sont deux fois plus nombreuses à travailler à temps partiel et assument encore l’essentiel du travail domestique et parental. Dans la capitale, elles représentent 82 % des familles monoparentales et sont largement confrontées à la précarité. Les violences sexistes et sexuelles (VSS) restent massives : chaque année, des milliers de femmes déposent plainte, mais une écrasante majorité continue d’y renoncer, faute d’un accompagnement suffisant. Dans l’espace public, le sentiment d’insécurité et la sous-représentation des femmes témoignent d’un manque de politiques ciblées. L’accès aux responsabilités demeure inégal, y compris dans la fonction publique territoriale. Sans moyens ni politiques structurantes, l’égalité entre les femmes et les hommes reste un vœu pieux.

MESURE-CLÉ

Créer des Maisons des Femmes, notamment en s’appuyant sur le réseau déjà existant, lieux de proximité ouverts à toutes, avec des équipes pluridisciplinaires, qui proposeront l’accompagnement contre les violences sexistes et sexuelles, l’information et la prévention en santé féminine, ainsi que des activités intergénérationnelles et culturelles

  • Exclure les pensions alimentaires perçues de l’assiette des revenus pris en compte pour la tarification sociale municipale et pour les aides municipales, et agir pour qu’une loi généralise cette exclusion à l’ensemble des aides et tarifications sociales

  • Lutter contre le harcèlement de rue avec l’installation de bornes d’appel d’urgence dans les zones identifiées et développer un dispositif inspiré de « Demandez Angela » afin de créer un réseau de lieux publics et privés identifiés, formés pour accueillir, protéger et soutenir les personnes victimes de harcèlement de rue

  • Aménager un environnement urbain plus sûr et inclusif à travers un plan « ville éclairée et égalitaire » : diagnostic et réaménagement des espaces perçus comme insécurisants

  • Généraliser les parcours d’accompagnement « dépôt de plainte facilité » et le recrutement d’intervenants sociaux  dans tous les commissariats de Paris pour les victimes de violences sexistes et sexuelles : accueil spécifique et discret, salle de mise en sécurité, etc.

  • Développer l’information et les campagnes de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive (contraception, accès à l’IVG, prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles)

  • Éduquer à l’égalité en soutenant les associations intervenant en milieu scolaire, en intégrant la prévention des stéréotypes de genre et du harcèlement sexiste dans les activités périscolaires, et en garantissant un accès effectif à l’éducation à la santé sexuelle et reproductive

  • Lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail avec une charte locale d’engagement obligatoire pour toute structure bénéficiant d’un soutien municipal

  • Renforcer le budget municipal sensible au genre en le rendant transparent, en intégrant des indicateurs publics d’égalité, un suivi budgétaire précis des politiques publiques en faveur de l’égalité, et la publication annuelle d’un rapport sur les violences sexistes et sexuelles

  • Rendre effectif le congé menstruel pour l’ensemble des agentes de la mairie de Paris

  • Assurer un accès gratuit aux protections hygiéniques dans tous les établissements publics municipaux, ainsi que dans les petits commerces, cafés et restaurants de quartier

L’offensive réactionnaire s’attaque en priorité aux droits des personnes LGBTI. Paris, ville de libertés et de luttes, doit continuer d’être une cheville ouvrière de l’égalité et de l’émancipation de chacun. Faire de l’égalité réelle une politique municipale implique des moyens pérennes, une action déterminée contre les discriminations et un engagement clair aux côtés des associations et des mobilisations LGBTI.

MESURE-CLÉ

Pérenniser et sécuriser les financements municipaux aux associations LGBTI, notamment au Collectif Archives LGBTQI+

  • Développer et soutenir les lieux d’accueil et d’hébergement pour les personnes en rupture familiale du fait de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre

  • Favoriser l’intervention d’associations pour l’égalité et pour une éducation à la vie affective et sexuelle intégrant les questions de genre et les personnes LGBTI dans les écoles et dans les espaces jeunesse

  • Soutenir les associations pour offrir des permanences juridiques gratuites, permanentes et mobiles dédiées au signalement et à l’accompagnement des victimes de sexisme et de LGBTIphobies

  • Renforcer le soutien aux espaces LGBTI, notamment sur les enjeux d’insonorisation des bars et lieux festifs

  • Soutenir activement les Marches des Fiertés comme des événements de visibilité, de revendication et de célébration des droits LGBTI, en collaboration avec les associations locales, en facilitant leur organisation logistique, en garantissant leur sécurité et par une participation institutionnelle visible

  • Former les agents de la collectivité aux problématiques du sexisme et des questions LGBTI, y compris sur les questions propres à l’accueil des personnes transgenres et intersexuées

  • Maintenir la pression sur les centres médico-psychologiques (CMP) cofinancés par la Ville où exercent encore des psychologues transphobes

axe 2

Pour un Paris populaire et de l’entraide

Chapitre 4

Faire de l’accessibilité universelle notre grande cause communale

À Paris, l’accessibilité n’échoue pas faute de textes, mais faute de volonté politique réelle, de pilotage et d’obligations de résultats. Les politiques menées restent trop souvent incantatoires, sans mécanismes de suivi public ni capacité d’alerte réellement prise en compte. La participation des personnes concernées demeure inégale selon les quartiers et les projets, tandis que les discriminations liées au handicap restent insuffisamment documentées et combattues. Pour changer de réalité, il faut une gouvernance claire, locale, dotée de moyens et qui oblige la Ville à répondre.

MESURE-CLÉ

Adopter une délibération du Conseil de Paris visant à l’engager à ne pas voter un projet d’aménagement de l’espace public sans avis favorable du Conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie (CDCA), avec obligation de médiation publique en cas de désaccord

  • Élargir le rôle et les missions du Conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie à l’évaluation, au suivi et à l’alerte sur les politiques d’accessibilité avec obligation pour la Ville de répondre publiquement à ses avis et recommandations

Malgré les annonces successives, de nombreux équipements municipaux et commerces restent encore inaccessibles, alors même que la Ville dispose de leviers directs et qu’elle gère elle-même des milliers de lieux du quotidien. Cette situation perdure faute d’un plan de travaux suffisamment ambitieux, d’un calendrier contraignant et d’un suivi public lisible. Depuis 2024, la majorité sortante met en avant des « quartiers d’accessibilité augmentée » (QAA), mais cette logique d’accessibilité territorialisée ne couvre qu’une petite partie de Paris, confine les personnes en situation de handicap à certaines zones et entretient des inégalités d’un quartier à l’autre. Il faut donc un plan pluriannuel, chiffré, piloté et évalué, pour rendre accessibles partout les services publics municipaux et permettre aux commerces de proximité de se mettre aux normes.

MESURE-CLÉ

Rendre 100 % des équipements municipaux accessibles avant la fin de la mandature, avec un plan pluriannuel de travaux et un suivi public annuel

  • Former systématiquement les agents en contact avec le public à l’accueil et à l’orientation des personnes handicapées

  • Généraliser l’accompagnement financier accordé aux commerces des QAA couvrant 8 % du territoire parisien à l’ensemble des commerces de proximité et de l’économie sociale et solidaire de Paris, et communiquer sur le dispositif en coordination avec les mairies d’arrondissement

La complexité administrative prive concrètement des personnes de leurs droits. À Paris, les délais de traitement des dossiers liés au handicap se sont allongés au-delà des garanties légales, plaçant des milliers de personnes dans l’attente. Le non-recours est renforcé par le manque d’accompagnement de proximité, par des conditions d’accès trop restrictives à certaines aides et par des obstacles matériels dans la vie quotidienne. L’accès aux droits doit redevenir simple, rapide et accompagné.

MESURE-CLÉ

Créer un guichet unique handicap dans chaque mairie d’arrondissement, en lien avec la Maison départementale des personnes handicapées, pour l’orientation, l’accompagnement et la lutte contre le non-recours

  • Augmenter la contribution de la Ville de Paris au budget de la Maison départementale des personnes handicapées

  • Ouvrir l’aide Paris Solidarité Handicap dès la première année de résidence au lieu de trois années comme actuellement exigé par la majorité sortante

  • Étendre la gratuité d’accès aux piscines municipales à l’ensemble des équipements sportifs et culturels municipaux aux détenteurs d’une Carte Mobilité Inclusion et à un accompagnant de leur choix afin d’assurer un accès universel aux loisirs et à la culture

La pénurie de logements accessibles est aggravée par les reculs nationaux, notamment la réduction de l’obligation d’accessibilité dans le neuf. À Paris, les besoins ne sont pas couverts : une part limitée du parc est accessible et trop peu de ménages concernés vivent dans un logement adapté. Cette situation crée de la dépendance, de l’isolement et des ruptures de parcours. La Ville doit fixer une trajectoire ambitieuse, mobiliser ses outils d’urbanisme et agir sur l’ensemble du marché du logement.

MESURE-CLÉ

Renforcer l’accessibilité dans les logements sociaux gérés par les bailleurs sociaux parisiens pour atteindre l’objectif de 70 % de logements accessibles à horizon 2032

  • Amener les bailleurs privés à augmenter l’accessibilité de leurs logements via une exonération totale des frais de gestion de la Régie publique de gestion locative pour une durée de 3 ans, et une exonération partielle de 50 % au-delà

  • Modifier le Plan Local d’Urbanisme bioclimatique (PLUb) pour intégrer l’accessibilité universelle comme critère d’externalité positive selon lequel tout projet dépassant 50 % de logements accessibles, au lieu des 20 % prévus par la loi ELAN, bénéficiera d’un bonus de constructibilité de 15 % sur les règles de gabarit

  • Créer, à horizon 2032, dix résidences de colocation inclusive pour personnes handicapées et valides gérées par la ville, soit 200 places au total, en coordination avec les bailleurs sociaux, avec un accompagnement médico-
    social intégré afin de lutter contre l’isolement des personnes handicapées

L’accès à l’emploi reste freiné par les discriminations, des organisations du travail peu adaptées et des parcours professionnels qui permettent trop rarement de progresser vers des postes à responsabilité. La Ville doit être exemplaire comme employeur, mais aussi utiliser la commande publique pour tirer tout le tissu économique vers de meilleures pratiques. Dans le même temps, les structures d’accompagnement vers l’emploi doivent garantir des droits renforcés, une rémunération digne et de véritables passerelles. L’autonomie passe par des parcours professionnels sécurisés et choisis.

MESURE-CLÉ

Faire de la Ville un employeur exemplaire en visant 10 % d’agents municipaux handicapés et au moins 6 % dans les catégories A+ et A, à horizon 2032

  • Former systématiquement tous les encadrants à une politique de ressources humaines permettant d’adapter les conditions de travail et les objectifs aux personnes en situation de handicap

  • Accompagner la transformation des Établissements et service d’Aide par le Travail (ESAT) parisiens en entreprises inclusives en garantissant un accompagnement pour une rémunération digne des travailleurs, des droits sociaux renforcés, un accès à la formation et une participation aux décisions

  • Augmenter le nombre de marchés publics réservés aux ESAT et Entreprises Adaptées (EA) de 25 à 50 dès 2026, et le porter progressivement à 200 à horizon 2032

  • Conditionner le soutien financier, logistique et la commande publique au respect d’engagements précis

Chapitre 5

Déployer un plan communal de lutte contre la pauvreté

3 507 personnes sans solution d’hébergement ont été recensées à Paris lors de la Nuit de la Solidarité de janvier 2025. C’est 1 000 de plus qu’en 2022, ce qui révèle l’échec des politiques nationales et locales en matière de prise en charge des personnes sans domicile. En août 2025, sur 3 767 appels au 115 à Paris, seuls 17 % ont été décrochés, illustrant l’engorgement chronique des dispositifs d’urgence. L’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels a recensé 52 expulsions à Paris entre le 1er juillet 2024 et le 30 septembre 2025, visant plus de 4 500 personnes, dont 2 100 mineurs. Or, en 2024, 88 % des expulsions se sont traduites par une remise à la rue, sans proposition d’hébergement, et seule une expulsion sur trois était précédée d’un diagnostic social. Fin 2023, 280 000 foyers avaient formulé une demande de logement social à Paris, alors que la Ville ne procède qu’à 12 000 attributions par an. Dans le même temps, entre 2011 et 2020, le nombre de logements vacants a augmenté de 37 %, pour atteindre au moins 264 000 logements, soit près d’un logement sur cinq, et jusqu’à deux logements sur cinq dans certains arrondissements centraux. Paris a donc les moyens de viser l’objectif de zéro sans-abri avant la fin de la mandature. Pour y parvenir, notre politique s’inspirera largement du projet « Choc de solidarité » porté par le collectif Le Revers.

MESURE-CLÉ

Créer des cités d’hébergement avec des habitats modulaires durables, installés sur des terrains municipaux ou loués dans des communes voisines, en s’inspirant des expérimentations réussies existant dans plusieurs communes françaises

  • Agir immédiatement pour les femmes enceintes, mères isolées et les enfants sans-abri pour les héberger sans conditions et interdire toute remise à la rue par les gestionnaires de lieux d’accueil et d’hébergement

  • Utiliser le pouvoir de réquisition d’urgence du maire sur des bâtiments vacants depuis 18 mois et les aménager pour mettre à l’abri pendant 12 mois les personnes à la rue

  • Aider à la transformation des hôtels utilisés pour héberger temporairement les familles à la rue en résidences sociales durables en prenant en charge l’adaptation des lieux

  • Intégrer dans les logements sociaux une offre adaptée aux personnes sans domicile fixe, de type pensions de famille, notamment pour les personnes à la rue depuis de longues années

  • Garantir le droit à la domiciliation des sans-abri en lien avec les associations et les services sociaux

  • Viser l’objectif d’au moins un accueil de jour, un bain-douche, une bagagerie, une laverie et un vestiaire par arrondissement avec des horaires adaptés aux besoins, gratuits et inconditionnels

  • Mettre fin à tous les mobiliers anti-SDF en inscrivant explicitement dans les textes réglementaires l’interdiction de tout mobilier ou aménagement dont la finalité est de rendre impossible le repos, la station assise ou allongée prolongée sur l’espace public

  • Faire cesser toute menace, intimidation ou contrainte de la part de la police, ainsi que des services chargés de l’espace public, visant à faire quitter illégalement les personnes en rue de leur lieu de vie

Dans notre histoire, les communes ont été à l’avant-garde de la conquête des droits sociaux et de l’invention du service public à la française. L’accès à la culture, au sport, aux transports ou au logement public a d’abord été pensé et mis en œuvre à l’échelle municipale, sous l’impulsion du socialisme et du communisme municipal. À Paris, trop de droits restent encore théoriques : non-recours massif aux aides, démarches éclatées, inégalités territoriales d’accès aux services publics, précarité énergétique et numérique. Ces difficultés s’inscrivent dans un contexte d’inégalités sociales particulièrement marquées : le rapport interdécile de niveau de vie (écart entre le niveau de vie des 10 % les plus riches et des 10 % les plus pauvres) atteint 6,7 à Paris, contre 3,4 en moyenne nationale, et le taux de pauvreté s’y élève à 16,1 %, soit plus que la moyenne nationale. Des personnes dans le dénuement le plus total cohabitent ainsi avec des milliardaires. À Paris, environ 14 % des ménages sont en situation de précarité énergétique : ils consacrent plus de 10 % de leurs revenus aux dépenses d’énergie ou vivent dans des logements mal isolés et difficiles à chauffer. Cette précarité touche en premier lieu les classes populaires et les personnes âgées. Parallèlement, des milliers de ménages parisiens subissent chaque année des coupures d’eau ou d’électricité faute de pouvoir payer leurs factures. Cette situation est inacceptable : l’accès à l’eau et à l’énergie constitue un droit fondamental qui ne peut être conditionné à un niveau de revenus.

MESURE-CLÉ

Installer des services d’accès aux droits dans les Maisons de quartier pour mettre en place un guichet unique (services juridiques, numériques, accès à l’emploi, etc.)

  • Expérimenter un revenu municipal garanti permettant de compléter les revenus des ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté monétaire

  • Rendre davantage lisibles les aides portées par le Centre d’action sociale de la Ville de Paris (CASVP)

  • Prendre des arrêtés municipaux interdisant les coupures d’eau et d’électricité pour les ménages en difficulté

  • Créer une tarification sociale progressive de l’eau, avec la gratuité des premières unités nécessaires à une vie digne, puis un tarif progressif

  • Créer un statut municipal de « lieu commun » (jardins partagés, petits squares, terrains, friches temporaires ou sportives), des espaces conçus dès l’origine comme des biens communs, avec des règles d’usage co-écrites, une gestion partagée entre habitants et associations, et une interdiction de privatisation commerciale

Ce n’est pas l’offre qui manque à Paris pour une alimentation de qualité, biologique et sans pesticides. Cependant, les prix pratiqués en font un véritable luxe. Or, le droit à une alimentation saine devrait faire partie des nouveaux droits sociaux et écologiques du XXIe siècle. La restauration scolaire sera notre outil central pour faire respecter ce droit pour tous les enfants. Mais nous l’étendrons à toute la population parisienne qui pourra accéder à des restaurants communaux. Il n’y a pas d’âge pour bien manger : garantir une alimentation de qualité est un levier essentiel de prévention sanitaire, de bifurcation écologique et de bien-être collectif.

MESURE-CLÉ

Ouvrir des restaurants ou cantines populaires proposant un menu complet à prix solidaire (sur le modèle de la Cantine de Babelville), avec des aliments bios, durables et locaux et une option végétarienne

  • Généraliser les expérimentations de sécurité sociale de l’alimentation à l’ensemble de Paris

  • Soutenir et créer de nouvelles épiceries sociales et solidaires par des subventions, la mise à disposition de locaux ou la participation à l’achat de denrées alimentaires

  • Proposer, en lien avec les associations et les services sociaux de la Ville, des colis repas et vêtements pour les familles populaires, les jeunes et les personnes âgées

Chapitre 6

Faire de Paris la capitale-modèle de la protection de l’enfance

En vingt ans, le nombre d’enfants relevant de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) a été multiplié par 1,5, passant de 1,7 % des jeunes au début des années 2000 à près de 2,5 % des moins de 21 ans, soit environ 400 000 enfants et jeunes majeurs confiés à la République. Pourtant, la hausse des moyens n’a pas suivi : les dépenses liées à l’ASE ont progressé de 61 % depuis 1998, tandis que la contribution de l’État demeure à 3 %, soit environ 2 euros par jour et par enfant. À Paris, 9 000 jeunes relèvent de la Ville, dont 5 600 enfants et jeunes adultes placés, et la situation s’aggrave sans pilotage à la hauteur. Les alertes sont publiques et répétées (Cour des comptes, chambre régionale des comptes d’Île-de-France, commission d’enquête parlementaire), mais la majorité sortante est restée dans l’inaction structurelle.

MESURE-CLÉ

Élaborer un Code parisien de la protection de l’enfance, document unique et public fixant les droits des enfants, les principes et objectifs de la politique parisienne, les obligations des professionnels et un référentiel commun pour tous les acteurs

  • Créer un Contrôleur départemental indépendant des lieux de placement doté d’un mandat irrévocable pour une durée fixée, de moyens propres et autonomes, et du droit de visiter sans préavis tous les lieux de placement et d’hébergement

  • Créer un Fonds pluriannuel pour la protection de l’enfance et rendre obligatoires des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens pour toute délégation associative afin de garantir stabilité, qualité et objectifs vérifiables

Les capacités d’accueil sont saturées et la crise des moyens humains est documentée : 60 % des structures dépassent leurs seuils, 97 % signalent des difficultés de recrutement et il manque 30 000 professionnels, alors que la moitié des enfants de l’ASE présente des troubles psychiques. À Paris, l’organisation interne est aussi en cause : 50 % des effectifs officiellement dédiés à l’ASE relèvent en réalité de fonctions administratives ou techniques, contre 13 % au niveau national, ce qui affaiblit le suivi. Sans équipes stables, formées et reconnues, la protection de l’enfance se réduit à de la gestion d’urgence.

MESURE-CLÉ

Mettre en œuvre un plan d’attractivité et de recrutement direct par la Ville, avec revalorisation du régime indemnitaire, reconnaissance des qualifications et renforcement des déroulements de carrière

  • Fixer une trajectoire de baisse du nombre de situations suivies par travailleur social pour atteindre 25 à 30 dossiers et permettre un accompagnement réel

  • Développer un vivier renforcé de familles d’accueil, avec revalorisation, aides au logement et priorités d’accès au logement social pour les accueils de long terme

  • Garantir des conditions d’accueil dignes, en interdisant l’intervention de structures lucratives ou éphémères, et en répondant mieux aux besoins des enfants protégés en situation de handicap

  • Créer au sein de la Cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP, qui centralise et évalue les signalements sur des enfants en danger) une commission spécialisée « Violences » pour analyser et suivre les situations de maltraitance et de violences sexuelles

  • Former 100 % des agents municipaux au repérage des signaux d’alerte : animateurs périscolaires, éducateurs sportifs, agents de bibliothèques, intervenants culturels, ATSEM, personnels des centres de loisirs

La prévention suppose d’agir sur les facteurs qui conduisent à l’ASE et qui, à Paris, sont massifs : 68 % des enfants placés proviennent de familles monoparentales, 57 % ne voient jamais leur père et 53 % appartiennent à des fratries de trois enfants ou plus. Or, les signaux d’alerte sont traités trop tard : les délais de traitement des informations préoccupantes atteignent en moyenne quatre mois et demi, excédant le délai légal de trois mois. Cette incapacité à intervenir en amont alimente les ruptures et accroît le recours aux placements, alors que l’action publique devrait prévenir les bascules dans la précarité. Paris doit donc renforcer la détection précoce et l’accès immédiat aux droits avant que la situation ne devienne irréversible.

MESURE-CLÉ

Mieux protéger les tout-petits en systématisant la coordination Protection maternelle et infantile (PMI), ASE et crèches, et en doublant les capacités d’accueil en centres maternels pour les mères isolées avec enfants de moins de 3 ans d’ici 2032

  • Permettre au CASVP d’accorder immédiatement la gratuité de la cantine dès qu’une vulnérabilité est repérée, proposer des goûters gratuits et étendre progressivement le dispositif des petits-déjeuners gratuits, déjà présent en REP/REP+, à tous les enfants bénéficiant de la gratuité de cantine

  • Créer un formulaire unique, simplifié, en ligne et en mairie, permettant aux familles fragiles de solliciter les aides sociales

  • Renforcer la prévention des expulsions, avec mobilisation rapide des dispositifs d’aide pour réduire les expulsions de familles avec enfants

  • Aller au devant des familles via des permanences régulières du CASVP dans les écoles et renforcer les priorités d’accès aux services municipaux pour les familles monoparentales

Les conséquences de l’échec actuel sont connues : malgré l’interdiction votée après le décès de Lily à 15 ans, les placements à l’hôtel subsistent. Faute de familles d’accueil, plus de 80 % des mesures de placement se font en établissement, alors même que le consensus international souligne l’intérêt du placement familial stable. Paris n’a créé que trois places nouvelles en établissement entre 2018 et 2023, alors que 700 enfants supplémentaires relevaient de sa protection, et 52 % des mineurs sont placés hors de Paris, dont 29 % hors d’Île-de-France, loin de leurs repères. À l’été 2024, la Ville a même fermé l’une des cinq maisons existant en France pour les enfants victimes d’inceste, aggravant encore la pénurie de réponses adaptées. Protéger réellement implique des placements rapides, stables, proches et un accès effectif aux soins et à l’accompagnement.

MESURE-CLÉ

Renforcer significativement, d’ici 2032, les capacités d’accueil adaptées sur le territoire parisien et francilien, en familles d’accueil comme en structures collectives, afin de garantir aux enfants confiés à l’ASE des solutions de placement stables, proches et ajustées à leurs besoins éducatifs, psychologiques et sociaux

  • Assurer que toutes les mesures judiciaires de placement soient exécutées dans un délai maximal de 30 à 60 jours, grâce à une meilleure coordination entre Ville, Justice et opérateurs

  • Garantir le maintien des liens sociaux de l’enfant, y compris avec sa famille naturelle lorsque c’est dans son intérêt, avec sa famille d’accueil après un changement de lieu de vie, avec son établissement scolaire, ses pairs et son environnement habituel

  • Garantir un accès systématique à un soutien psychologique

La situation des mineurs non accompagnés (MNA) illustre l’abandon des garanties fondamentales : en 2023, plus de 30 % des bénéficiaires de l’ASE étaient des MNA. L’absence d’application locale de la présomption de minorité impose un parcours du combattant, au point que 500 jeunes présumés mineurs vivent aujourd’hui à la rue. Depuis juillet 2023, la Mairie ne maintient même plus l’hébergement des jeunes filles en procédure judiciaire de contestation de minorité, alors qu’elles représentent moins de 7 % des MNA. La Ville a pourtant les leviers pour garantir une mise à l’abri immédiate, un accueil digne et l’accès aux droits, sans tri ni suspicion.

MESURE-CLÉ

Appliquer la présomption de minorité et garantir une mise à l’abri immédiate et inconditionnelle de tout jeune se déclarant MNA jusqu’à décision judiciaire définitive

  • Financer l’ouverture, à Paris, d’au moins deux nouveaux accueils de jour permettant d’accueillir l’intégralité des MNA, incluant des lieux et des créneaux dédiés pour les filles mineures, ainsi qu’un accès à l’éducation et à la culture

  • Interdire strictement le placement hôtelier des MNA et garantir un hébergement d’urgence, puis une place stable durant toute la procédure

  • Assurer l’accès inconditionnel à la santé et la scolarisation immédiate, avec renforcement des dispositifs d’accueil linguistique

  • Créer un guichet unique d’accompagnement juridique et administratif pour sécuriser les recours, le refus des tests osseux, les démarches d’état civil et les parcours de régularisation

Les chiffres sont accablants : 45 % des sans-abri de 18-25 ans sortent de l’ASE et les enfants passés par l’ASE vivent en moyenne vingt ans de moins que le reste de la population. L’enjeu n’est pas seulement de protéger pendant le placement, mais d’éviter que la majorité devienne une bascule, en garantissant un accompagnement complet et durable vers l’autonomie.

MESURE-CLÉ

Créer une allocation municipale, équivalente au RSA, pour les jeunes de 18 à 25 ans sortant de l’ASE sans emploi stable ni soutien familial, ainsi qu’une bourse pour les enfants de l’ASE désireux de poursuivre des études supérieures

  • Réserver un contingent de logements sociaux et mettre en place une garantie contre les impayés dans le parc privé pour sécuriser l’accès au logement

  • Assurer un accompagnement socio-éducatif renforcé jusqu’à 25 ans, avec référent stable, accès aux droits, à la santé et soutien psychologique si besoin

  • Créer un programme municipal d’insertion « Premier emploi ASE » ouvrant des postes tremplins dans les services de la Ville

  • Créer une plateforme municipale dédiée pour centraliser démarches, rendez-vous et aides, dont le but sera également de maintenir le lien régulier avec les jeunes pour éviter les ruptures

Chapitre 7

Paris, modèle de l’accueil digne et de la solidarité avec les migrants

Depuis 2017, le pouvoir macroniste a durci la politique migratoire en reprenant toujours davantage les thèses de l’extrême droite jusqu’à faire en sorte que cette dernière célèbre une « victoire idéologique », fragilisant le droit d’asile et légitimant un discours de stigmatisation. Dans le même temps, l’État manque à ses obligations de mise à l’abri, y compris lors d’épisodes de canicule, et la prise en charge des demandeurs d’asile demeure largement insuffisante, tandis que des milliers de places d’hébergement sont menacées dans le budget national, année après année. À Paris, cette carence se traduit par une urgence humanitaire durable, que la majorité sortante a trop souvent subie ou accompagnée au lieu de l’affronter politiquement.

MESURE-CLÉ

Adopter une délibération reconnaissant l’urgence humanitaire pour toutes les personnes sans-abri, en incluant les personnes réfugiées et migrantes

  • Saisir l’ONU et le Conseil de l’Europe avec un rapport municipal documenté sur la situation à Paris

  • Adopter un constat formel de carence de l’État en matière d’hébergement inconditionnel et engager les recours nécessaires pour le contraindre à y remédier

Paris est à la fois une ville d’accueil et une ville de transit, mais la réponse publique reste trop souvent rythmée par l’urgence, l’improvisation et des évacuations qui ne règlent rien. Le cycle campement, évacuation, relogement temporaire, retour à la rue, alimente l’indignité pour les personnes concernées et l’épuisement des services municipaux comme des associations.

MESURE-CLÉ

Créer un Centre municipal de premier accueil de 500 places, géré en régie par le CASVP, pour une mise à l’abri courte et un diagnostic social, médical et administratif

  • Ouvrir immédiatement quatre points « Haltes Humanitaires » supplémentaires dans les arrondissements les plus concernés (10e, 18e, 19e, 20e), puis étendre le dispositif selon les besoins, avec douches, bagagerie, laverie, alimentation, permanences sociales et juridiques

  • Renforcer et accélérer la domiciliation administrative en ouvrant le dispositif Paris Adresse aux demandeurs d’asile établis à Paris et en doublant ses capacités, avec un objectif d’obtention d’une domiciliation sous 48 heures à horizon 2030

  • Refuser toute collaboration de la Ville aux évacuations sans solution de mise à l’abri digne et coordonnée avec les associations

Les parcours d’exil exposent davantage aux violences, à l’exploitation et aux ruptures de soins, et ces risques se renforcent lorsque les personnes sont maintenues à la rue ou dans des dispositifs instables. Les femmes migrantes, les jeunes filles et les mères isolées cumulent des vulnérabilités spécifiques, notamment face aux violences sexuelles, à la traite et à l’isolement. Trop souvent, la peur, la méfiance ou l’absence de repères empêchent de demander de l’aide, surtout quand la protection est conditionnée au statut administratif. Une politique d’accueil digne doit leur garantir une protection inconditionnelle et des parcours sécurisés.

MESURE-CLÉ

Garantir une mise à l’abri prioritaire et non mixte au sein des dispositifs municipaux pour les femmes migrantes, les jeunes filles et les mères isolées avec enfants qui le demandent

  • Soutenir les associations spécialisées qui accompagnent juridiquement, socialement et psychologiquement les victimes de violences, sans condition de statut administratif ni de dépôt de plainte

  • Garantir un accès effectif à la santé, notamment sexuelle, reproductive et gynécologique, ainsi qu’à la prise en charge des psychotraumatismes liés à l’exil et aux violences, par l’orientation systématique vers les centres municipaux de santé, les permanences d’accès aux soins de santé (PASS) hospitalières et les structures spécialisées en psychotraumatologie

  • Sécuriser les parcours éducatifs et d’autonomie des jeunes filles migrantes, en particulier celles isolées ou sorties de l’ASE, par un accompagnement renforcé

L’urgence ne peut pas être une politique et l’absence de solutions de stabilisation alimente mécaniquement le retour à la rue et la reconstitution de campements. Les déplacements forcés et l’orientation vers des dispositifs temporaires hors de Paris isolent les personnes de leurs réseaux, de leurs avocats et des associations, et conduisent souvent à des retours sans accompagnement. Pour rompre avec ce cycle, Paris doit structurer des solutions de moyen terme et ouvrir des passerelles claires vers le logement ordinaire, tout en combattant l’habitat indigne et les marchands de sommeil.

MESURE-CLÉ

Créer un réseau de cités de premier habitat réservées aux familles avec enfants, avec baux de trois ans renouvelables dans l’attente d’un accès au logement de droit commun

  • Négocier avec l’État un accord de coopération pluriannuelle concernant l’hébergement d’urgence pour ouvrir des structures d’hébergement de moyen terme (6-18 mois) et fournir un accompagnement social renforcé

  • Mettre en place une garantie loyers impayés via le Fonds de Solidarité du Logement (FSL) pour sécuriser la première location dans le parc privé après régularisation

  • Lutter contre l’habitat indigne et les marchands de sommeil en facilitant les signalements auprès de la Brigade du droit au logement

Le durcissement de la politique migratoire a multiplié les obstacles administratifs et fragilisé l’accès effectif aux droits fondamentaux, y compris l’accès aux soins et à une alimentation digne. Quand l’hébergement manque et que les démarches sont dispersées, le non-recours explose, au détriment de la santé publique de tous – parce que les bactéries, les virus et les maladies ne choisissent pas en fonction du statut administratif – et de la protection des familles. L’urgence humanitaire se traite aussi par des guichets accessibles, de l’interprétariat, des parcours de soins adaptés et des solutions concrètes pour les besoins essentiels.

MESURE-CLÉ

Déployer des guichets municipaux uniques des droits des exilés, adossés à la Maison des Réfugiés, pour garantir un accès effectif aux droits, à l’accompagnement et à l’interprétariat

  • Former les équipes des centres municipaux de santé à l’accueil des personnes migrantes et créer des consultations dédiées aux traumatismes de l’exil dans au moins cinq centres à horizon 2032

  • Garantir l’accès à l’alimentation des migrants en situation de vulnérabilité et de précarité en accueillant dans les cantines scolaires tous les enfants sans condition de régularité et en doublant les subventions aux associations de distribution alimentaire

  • Créer une aide d’urgence pécuniaire mensuelle pendant 6 mois pour les personnes sans titre et sans ressources, le temps de l’accès aux dispositifs de droit commun et conditionnée à un accompagnement social, non au statut administratif

Paris tient aussi grâce au travail des personnes étrangères. Mais beaucoup sont privées de titre de séjour, souvent surexploitées et abandonnées dans leurs démarches de régularisation. Les obstacles à la langue, à la formation et à l’emploi enferment dans la précarité, tandis que les foyers de travailleurs migrants concentrent des situations d’abus et d’atteintes aux droits. L’intégration ne se décrète pas, elle se construit par des droits concrets, un accès à la ville, des parcours de formation et un soutien au pouvoir d’agir des premiers concernés. Une politique communale insoumise fera de la résidence une citoyenneté de fait.

MESURE-CLÉ

Structurer et renforcer le réseau de cours de français langue étrangère (FLE) disponible en augmentant les subventions aux associations et en créant dix classes municipales complémentaires dans les arrondissements les plus concernés (10e, 18e, 19e, 20e)

  • Fonder un service civique communal de la Ville de Paris, qui accueillera notamment les migrants, afin de valoriser les compétences acquises et offrir des parcours de préqualification, pour les activités communales et de solidarité

  • Renforcer les permanences juridiques dédiées au droit du travail et aux démarches de régularisation, notamment pour les travailleurs sans titre ou en attente de titre

  • Soutenir les coordinations autonomes des résidents des foyers de travailleurs migrants (FTM), faire respecter leurs droits face aux gestionnaires et engager, en tant que propriétaire, les travaux nécessaires de mise aux normes et de rénovation

Chapitre 8

Jeunesse et vie étudiante : garantir l’autonomie et l’émancipation

Chaque génération est un peuple nouveau. Les jeunes de 15 à 29 ans représentent près du quart de la population parisienne, mais ils et elles ont pourtant souvent le sentiment d’être abandonnés par les pouvoirs publics. Bien sûr, la jeunesse est multiple et les dynamiques inégalitaires s’exercent aussi en son sein. Mais il existe une dynamique homogénéisante : celle d’être mis à la marge de la société néolibérale. Dans les études, dans le travail comme dans le logement, la précarité est trop souvent le mode de vie proposé aujourd’hui aux jeunes. À Paris, même celles et ceux disposant d’un CDI consacrent une part trop importante de leur revenu au logement, rendant l’accès à l’autonomie financière extrêmement difficile. Et pour ceux qui n’ont pas encore accès à un emploi stable, la recherche d’un logement devient un véritable parcours du combattant. Pourtant, le 10 décembre 2024, la préfecture a annoncé l’arrêt d’un dispositif d’hébergement d’urgence qui accueillait une centaine de lycéens parisiens, tandis que, le même jour, 250 jeunes sans-abri tentant de faire reconnaître leur minorité occupaient la Gaîté Lyrique pour obtenir un hébergement adapté. Avec nous, Paris montrera l’exemple en soutenant la jeunesse et en lui donnant les moyens de construire la société de demain.

MESURE-CLÉ

Porter la gratuité des transports pour tous les Parisiens de moins de 25 ans sans condition de ressources et sans avance de frais via un mécanisme municipal de prise en charge

  • Abaisser l’âge de participation à la vie politique à 16 ans en œuvrant pour la participation des jeunes à l’ensemble des votations et consultations citoyennes, et plaider au niveau national pour abaisser l’âge légal de vote à 16 ans

  • Créer des contrats d’insertion municipaux permettant l’embauche pendant un an de jeunes (sur le modèle des emplois-jeunes)

  • Mettre en place des parcours santé jeunes proposant des consultations gratuites et anonymes de prévention au sein des centres de santé municipaux

  • Intégrer dans la réforme des critères d’attribution des logements sociaux la question de la décohabitation des jeunes des classes populaires (souvent non étudiants) dont les parents résident en logement social mais qui ne disposent pas de moyens suffisants pour le marché locatif classique

  • Réformer le Conseil Parisien de la Jeunesse pour en faire une instance réellement représentative, avec une composition fondée sur des quotas par arrondissement et un double mode d’entrée mêlant tirage au sort et associations jeunesse, dotée d’un budget autonome et d’un droit de saisine du Conseil de Paris

  • Encourager l’engagement des jeunes dans des associations (humanitaires, solidaires) ou dans des instances municipales (Conseils de quartier et Maisons des femmes par exemple), en leur accordant une « Allocation Jeunesse engagée » pour les moins de 25 ans

  • Expérimenter l’ouverture d’équipements publics en soirée (gymnases, Maisons de quartier, etc.) pour que les jeunes et les associations puissent se retrouver dans des espaces publics non marchands, en commençant par les quartiers prioritaires de la politique de la Ville (QPV), et participer s’ils le désirent à des activités encadrées par des associations (sport, jeux de société, ateliers culturels, etc.)

Paris accueille plus de 300 000 étudiants, ce qui en fait la première ville étudiante de France. Pourtant, la précarité étudiante explose : un étudiant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté,
un sur deux doit travailler pour financer ses études au détriment de sa réussite et les files d’attente aux distributions alimentaires s’allongent. Le logement est la première source d’angoisse : loyers prohibitifs (en moyenne 700 € par mois pour un studio), seulement 80 000 places en Crous pour 300 000 étudiants, précarité du logement privé. La santé mentale se dégrade : un étudiant sur trois déclare être en détresse psychologique, les tentatives de suicide augmentent et l’accès aux soins psychologiques reste un luxe. Paris figure ainsi parmi les villes au coût de la vie le plus cher pour les étudiants, alors qu’elle devrait être un lieu d’émancipation par le savoir.

MESURE-CLÉ

Réserver au moins 5 % des nouvelles acquisitions ou constructions de logements sociaux par la ville et des logements gérés par la Régie publique de gestion locative1 aux étudiants parisiens, aux jeunes en formation ou en lycée professionnel

  • Soutenir financièrement et logistiquement, en rupture avec l’absence d’aide de la majorité sortante, les services de santé étudiante (SSE) pour qu’ils assurent des soins sans avance de frais pour tous les étudiants, ainsi que des actions de prévention, notamment en matière de bilan de santé physique, de santé mentale, de santé sexuelle et de sport-santé

  • Mettre à disposition de manière pérenne des locaux municipaux pour les associations étudiantes, afin de garantir des lieux stables d’engagement et de solidarité, avec possibilité de stockage sécurisé de matériel

  • Plaider auprès d’Île-de-France Mobilités, et mobiliser les représentants de la Ville de Paris au sein du conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités, pour instaurer la gratuité des transports publics pour tous les jeunes de moins de 25 ans, qu’ils soient ou non résidents à Paris, en commençant par les étudiants boursiers

  • Financer une partie de l’accompagnement hors France Travail en créant des indicateurs qualitatifs locaux et en protégeant politiquement les conseillers de la pression des sanctions, afin de renforcer les missions locales en sortant de la logique exclusive du chiffre

  • Étendre le dispositif des restaurants Émeraude aux étudiants boursiers inscrits dans un établissement parisien, puis progressivement à l’ensemble des étudiants parisiens, et ouvrir 15 restaurants Émeraude supplémentaires durant la mandature afin d’étendre la solidarité parisienne aux étudiants et favoriser les échanges et la convivialité entre étudiants et seniors

  • Créer un fonds d’urgence étudiante géré par le CASVP, en charge de débloquer une aide pouvant aller jusqu’à 1 000 euros, sous 72 heures, pour répondre à des situations d’urgence comme une menace d’expulsion locative, des situations de rupture familiale, une perte d’emploi ou un accident de la vie

Chapitre 9

Bien vieillir et bien vivre : construire une politique municipale avec et pour les personnes âgées

À Paris, 23 % de la population a 60 ans ou plus. Cette part va augmenter : d’ici 2050, 27 % des Parisiens auront plus de 60 ans, soit environ 600 000 personnes. Cette évolution rend urgente une politique municipale à la hauteur : accès aux soins, accompagnement, qualité des établissements, maintien à domicile, adaptation du logement, lutte contre l’isolement social. Aujourd’hui, le système est fragmenté, trop dépendant du secteur privé lucratif, et les familles comme les professionnels se heurtent à une complexité administrative et à un manque de moyens. Nous voulons une offre publique de proximité, lisible et stable, fondée sur la dignité et la continuité des parcours.

MESURE-CLÉ

Revenir à un service social aux personnes âgées municipalisé en favorisant la reprise d’associations de services à la personne par les arrondissements et la Ville de Paris

  • Renforcer les effectifs dans les EHPAD municipaux et agir auprès de l’Assurance maladie et de l’Agence régionale de santé (ARS) afin d’atteindre ce même objectif dans les autres établissements

  • Créer de nouveaux EHPAD publics et aider au développement des EHPAD privés non lucratifs qui respectent les standards de la Ville en matière de conditions de travail, de rémunération et de taux d’encadrement

  • Développer des services à domicile accessibles (aide à domicile, portage de repas, accompagnement) avec des prix adaptés aux niveaux de revenus

Vieillir ne doit pas rimer avec isolement. Or à Paris, une part importante des personnes âgées fait face à la solitude, à la vulnérabilité et à la perte d’autonomie, dans une ville dense où l’espace public, les mobilités et l’accès aux activités peuvent devenir des obstacles. La réponse ne peut pas se limiter à des dispositifs techniques : il faut organiser la société de l’entraide, favoriser la participation des personnes âgées à la vie de la cité, et démarchandiser ce qui doit relever du service public et du non-marchand. La solution, c’est aussi le peuple quand il a plus de 60 ans : reconnaître les personnes âgées comme des acteurs de la ville, pas comme des publics à gérer.

MESURE-CLÉ

Lutter contre l’isolement en développant les liens intergénérationnels : visites à domicile, actions de quartier, mise en relation avec les associations de soutien scolaire

  • Encourager le cologement seniors / étudiants notamment en développant des options de résidence autonomies municipales intergénérationnelles

  • Développer les clubs seniors sous forme associative et citoyenne, et faciliter l’accès aux activités culturelles et sociales

  • Renforcer l’aide à domicile en privilégiant le non-marchand et les dispositifs d’entraide type échange de compétences, où une personne âgée peut aider un jeune et réciproquement

  • Mettre en place des ateliers culturels adaptés aux troubles sensoriels et cognitifs, avec les associations spécialisées

  • Lancer un programme de transmission des savoirs permettant aux seniors de partager leurs compétences (histoire locale, savoir-faire, arts) dans les équipements municipaux

  • Fonder une garantie contre l’isolement social en assurant une visite hebdomadaire par un agent de la ville, un acteur du milieu associatif, des Conseils de quartier ou du service civique, à toute personne de plus 75 ans qui en fait la demande et étendre progressivement le dispositif aux personnes âgées de plus de 65 ans

Chapitre 10

Mettre l’innovation technologique parisienne au service de l’intérêt général, combattre la fracture numérique et promouvoir la sobriété numérique

Paris dispose d’un potentiel technologique et scientifique exceptionnel, notamment dans les domaines du numérique et de l’intelligence artificielle. Pourtant, cette richesse profite encore trop peu à l’intérêt général. L’innovation est aujourd’hui majoritairement orientée par des logiques de marché, captée par une minorité de grands acteurs privés, sans cadre démocratique clair ni objectifs sociaux, environnementaux ou éthiques explicitement définis par la puissance publique.

Dans le même temps, la numérisation accélérée des services publics s’est souvent traduite par une déshumanisation des démarches administratives, excluant de fait une partie de la population. Selon l’Insee, près de 15 % de la population française n’avait pas utilisé Internet au cours des trois derniers mois en 2021. Cette réalité concerne en priorité les personnes âgées, les plus précaires, les personnes en situation de handicap ou celles maîtrisant mal la langue. À Paris comme ailleurs, la fracture numérique est avant tout une fracture sociale.

Une ville réellement moderne ne peut opposer innovation et inclusion. Elle doit au contraire mettre la technologie – y compris l’intelligence artificielle – au service de la justice sociale, de la démocratie, de l’accessibilité et des libertés, tout en garantissant à toutes et tous un égal accès aux droits, avec ou sans outils numériques.

MESURE-CLÉ

Conditionner les aides municipales au secteur technologique aux projets innovants servant la justice sociale et environnementale

  • Créer des bourses municipales dédiées à des projets d’intelligence artificielle développés à Paris, orientés vers l’intérêt général et portés par des équipes respectant des exigences éthiques, sociales et environnementales

  • Appliquer des principes stricts d’auditabilité, d’explicabilité et de transparence à l’ensemble des algorithmes et systèmes d’intelligence artificielle utilisés par la Ville et confier leur évaluation à un comité d’éthique, afin que les habitantes et habitants soient informés de leur rôle, de leur coût et de leur impact dans la gestion municipale

  • Appliquer le principe de précaution au déploiement de nouvelles antennes à Paris, en concertation avec les habitants

  • Garantir des espaces d’accès à Internet gratuits, confidentiels et respectueux de la neutralité du net et de la protection des données personnelles, afin d’assurer un accès effectif aux droits et aux services

  • Garantir le libre choix entre démarches physiques et démarches dématérialisées, en affirmant que toute dématérialisation d’un service public ne peut en aucun cas entraîner la suppression de l’accueil humain

  • Fonder l’ensemble des outils d’e-démocratie sur des logiciels libres garantissant la protection des données, la transparence du code et la souveraineté numérique de la collectivité

  • Favoriser l’organisation régulière de hackathons civiques, associant citoyennes et citoyens, élus et développeurs, afin d’améliorer les outils numériques publics, de transmettre les savoirs et de faire des solutions produites de véritables biens communs

  • Engager une transition progressive vers le logiciel libre et l’IA souveraine pour l’administration municipale et les établissements gérés par la Ville, afin de renforcer l’indépendance technologique, la maîtrise des coûts et la protection des données

Chapitre 11

Défendre un autre rapport au travail

Le chômage de masse et la précarité du travail frappent durement les classes populaires parisiennes. Alors que Paris concentre des centaines de milliers d’emplois, de nombreuses Parisiennes et de nombreux Parisiens, en particulier les jeunes sans diplôme et les personnes éloignées de l’emploi, restent au bord du chemin. Les métiers essentiels, souvent féminisés (aide à domicile, soins, etc.) sont sous-payés et non reconnus, malgré leur contribution quotidienne au fonctionnement de la Ville. Parallèlement, la bifurcation écologique exige de former massivement aux métiers d’avenir : rénovation énergétique, économie circulaire, énergies renouvelables. Or, l’État et le secteur privé ne relèvent pas ce défi. Face à cette double urgence sociale et écologique, la Ville de Paris doit devenir un acteur majeur de la création d’emplois utiles, locaux et durables. Paris doit aussi défendre les PME locales face à la concurrence des grands groupes mondialisés qui captent les profits sans payer d’impôts ni créer d’emplois localement.

MESURE-CLÉ

Créer un pôle municipal de l’emploi et de la bifurcation écologique pour coordonner les offres locales, faciliter la rencontre entre privés d’emploi et entreprises en recherche, et élargir le champ des compétences et des métiers couverts par l’École des Ingénieurs de la Ville de Paris et par l’École Du Breuil afin qu’elles puissent couvrir conjointement les métiers de la catégorie C à la catégorie A (rénovation, économie circulaire, numérique)

  • Prioriser, dans l’attribution des marchés publics, les entreprises engagées socialement et écologiquement, et respectant l’égalité salariale

  • Soutenir les métiers essentiels (aide à domicile, entretien, éducation, santé), souvent féminisés et sous-payés, avec une politique municipale locale combinant revalorisation, formation et reconnaissance

  • Renforcer la Mission locale de Paris et créer un espace municipal d’orientation et de formation populaire : aide à la rédaction de CV, accompagnement à la reconversion, découverte des métiers de la bifurcation écologique et numérique

L’économie parisienne reste largement dominée par une logique de maximisation du profit, au détriment de l’intérêt général et des conditions de travail. Tandis que les grandes entreprises du CAC 40 versent des dividendes records, les salaires stagnent et la précarité s’étend. Le modèle économique dominant privilégie la rentabilité financière à court terme plutôt que l’utilité sociale et la soutenabilité écologique. À l’inverse, l’économie sociale et solidaire, les coopératives et les structures d’insertion portent un autre modèle, fondé sur le partage de la valeur et la réponse aux besoins locaux. Pourtant, ces structures restent sous-financées et fragilisées par la concurrence du secteur lucratif. Paris doit assumer un rôle moteur pour soutenir ces alternatives et devenir le fer de lance d’un autre modèle économique.

MESURE-CLÉ

Renforcer l’expérimentation Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée à Paris en développant des entreprises à but d’emploi, tout en garantissant qu’elles complètent l’action publique sans se substituer aux emplois de la fonction publique

  • Ouvrir prioritairement la réflexion visant à exclure les associations du champ de la concurrence et de la « prestation » : la culture, le sport l’éducation populaire et l’initiative citoyenne ne sont pas des marchandises

  • Dans les marchés publics qui resteraient imposés aux associations, plafonner la part du critère financier dont la pondération menace leurs équilibres et contribue à la précarisation des actions comme des emplois, et développer des critères qualitatifs plus exigeants en matière de prise en compte des enjeux sociaux, environnementaux et éducatifs

  • Augmenter les subventions aux associations et aux entreprises de l’ESS comme les SCOP

  • Soutenir la création et le développement de coopératives d’activité et d’emploi pour renforcer l’ESS en mutualisant des services (comptabilité, juridique, numérique, commande en ligne), et facilitant l’accès à des bureaux, locaux de stockage et solutions de livraisons de proximité décarbonées partagées

  • Renforcer le soutien aux structures d’insertion par l’activité économique (régies de quartier, ateliers et chantiers d’insertion, marchés publics réservés, accompagnement, aide à l’accès aux locaux)

  • Refuser le recours aux travailleurs détachés en renforçant les clauses d’emploi et de sous-traitance dans les appels d’offres municipaux

  • Utiliser tous les leviers de la commande publique et des attributions d’aides et de subventions de la Ville de Paris pour garantir des emplois de qualité à Paris : clauses d’insertion systématiques, contrôle renforcé du droit du travail, limitation de la sous-traitance en cascade, et critères sociaux dans l’attribution des marchés (politique de formation de l’entreprise, taux de CDI, conditions de travail, etc.)

Chapitre 12

Faire de la Ville de Paris un employeur exemplaire

Les agents de la Ville de Paris assurent quotidiennement le bon fonctionnement des services publics essentiels : éducation, petite enfance, propreté, espaces verts, action sociale, culture. Pourtant, certains agents perçoivent des rémunérations inférieures à 1 600 euros net par mois, alors même que les agents parisiens subissent de plein fouet le coût de la vie particulièrement élevé dans la capitale. La précarité progresse également, avec la multiplication des contrats courts et des emplois non titularisés, créant une insécurité professionnelle et sociale pour de nombreux agents. Paris doit montrer l’exemple en devenant un employeur exemplaire, qui reconnaît, protège et valorise le travail de ses agents.

MESURE-CLÉ

En accord avec le programme porté par le Nouveau Front Populaire au niveau national, aucun agent à temps plein ne devra percevoir une rémunération inférieure à 1600 € net par mois

  • En finir avec la précarité dans les emplois municipaux via la mise en place de plans de titularisation et l’arrêt des recrutements illégaux de vacataires et de contractuels sur des emplois permanents

  • Défendre les travailleurs de nuit en majorant la prime de travail de nuit des agents municipaux de 50%, en augmentant le nombre de jours de repos compensatoires, en renforçant le suivi de l’état de santé des agents et en instaurant un droit à la reconsidération du travail de nuit au bout de cinq ans maximum

  • Faciliter l’accès aux postes d’encadrement pour les parents ou les aidants : limiter les réunions tardives des instances (ou prendre en charge les frais de garde le cas échéant), élargir les possibilités de télétravail, réserver des places en crèche

  • Améliorer les rémunérations des métiers les plus féminisés, mettre fin aux contrats précaires, ainsi qu’aux temps partiels et aux horaires hachés non souhaités

  • Augmenter la prise en charge de la mutuelle santé et de la prévoyance complémentaire

  • Garantir un droit aux vacances aux agents et à leurs enfants dont une grande partie ne peut plus bénéficier de séjours à tarifs accessibles depuis la décision de réduction de subvention de l’Agospap de 2018

La semaine de 35 heures, conquête sociale majeure de 1998, n’a pas été suivie de nouvelles avancées en matière de réduction du temps de travail, alors même que la productivité a beaucoup progressé depuis. Pourtant, les études et expérimentations menées en France et à l’étranger montrent que la réduction du temps de travail améliore la qualité de vie des salariés, réduit le stress et les risques psychosociaux, favorise l’égalité entre les femmes et les hommes dans la répartition des tâches domestiques et permet de créer des emplois. Pour les agents territoriaux, de nombreux métiers sont par ailleurs particulièrement pénibles : éboueurs, jardiniers, agents de crèche, travailleurs sociaux en contact quotidien avec la grande précarité. Cette pénibilité reste encore insuffisamment reconnue et compensée.

MESURE-CLÉ

Reconnaître davantage la pénibilité de certains emplois municipaux en élargissant la catégorie des postes à sujétions particulières, afin de permettre une réduction du temps de travail hebdomadaire à 32 heures pour les agents concernés

  • Porter des expérimentations de réduction du temps de travail à 32 heures / semaine à la Ville, en assumant publiquement le bras de fer avec l’État afin d’exiger qu’il respecte les accords conclus à Paris et ouvre le cadre juridique permettant ces avancées sociales

  • Expérimenter, avant de généraliser, la semaine en 4 jours avec durée hebdomadaire de 35 heures pour les agents dont l’organisation du travail le permet, tout en continuant d’assurer un accueil au public sur 5 jours et ainsi créer des postes supplémentaires d’agents

  • Faciliter et encourager la prise effective des jours de fractionnement afin de réduire le temps de travail annuel réel des agents municipaux

  • Étudier la mise en place de congés supplémentaires au-delà du cadre statutaire, tels que des congés de préretraite ou des jours de repos liés à l’ancienneté

Les conditions de travail des agents de la Ville sont encore trop souvent marquées par des contraintes organisationnelles rigides qui prennent insuffisamment en compte la vie personnelle et familiale. Le temps de transport (31 % des agents vivant en petite couronne, 25 % en grande couronne et 6 % en dehors de la région Île-de-France), les horaires fixes, le manque de souplesse dans l’organisation du temps de travail et les difficultés à obtenir des autorisations d’absence créent des tensions durables entre vie professionnelle et vie privée. Cette situation pèse particulièrement sur les femmes, qui assument encore majoritairement les responsabilités familiales et domestiques. Or, l’épanouissement professionnel suppose aussi de pouvoir concilier travail, santé et engagements citoyens, associatifs ou politiques. Les dispositifs existants — télétravail, temps partiel, autorisations d’absence — demeurent insuffisants et inégalement accessibles selon les métiers et les services. Pour devenir un employeur véritablement exemplaire, Paris doit repenser l’organisation du travail en plaçant au centre le bien-être, l’égalité et l’émancipation des agents.

MESURE-CLÉ

En s’appuyant sur une politique plus ambitieuse en matière de logement social, rehausser la part des attributions du contingent municipal réservée aux agents de la Ville pour faciliter leur accès au logement social

  • Mettre en place un dispositif dédié aux agents élevant seuls leurs enfants : priorité d’accès à une place en crèche municipale proche du domicile ou du lieu de travail, et aménagements d’organisation si nécessaire (souplesse d’horaires, facilités d’échanges de planning), afin d’éviter toute pénalisation professionnelle liée à la situation de monoparentalité

  • Lancer une vaste concertation avec les agents et leurs représentants afin de définir une organisation du travail plus démocratique et moins descendante, permettant une véritable prise de décision et une forte autonomie des agents, ainsi que le respect de leurs droits

axe 3

Répondre aux urgences du quotidien des parisiens

Chapitre 13

Le droit au logement contre la spéculation immobilière

Les chiffres sont sans appel. Les Parisiens consacrent en moyenne 34 % de leurs revenus à payer leur loyer. Pour un quart des Parisiens les plus fragiles, ce taux atteint 50 %. Il s’élève à 55 % en moyenne dans les familles monoparentales. Malgré l’encadrement des loyers, le prix moyen au mètre carré de la location dans le parc privé a grimpé de 3 % entre 2024 et 2025, et de 10,6 % sur les trois dernières années. Le logement social n’est pas en reste. Les bailleurs sociaux parisiens ont augmenté leurs loyers de 13 % sur les cinq dernières années, alors même que la qualité et l’entretien des logements sociaux continuent de se détériorer. La mairie sortante a été incapable de faire respecter l’encadrement des loyers : 31 % des logements proposés à la location ont un loyer supérieur à ce qui est autorisé ! Parallèlement, le nombre de logements proposés à la location a reculé de 25 % depuis la crise Covid, sous l’effet de la hausse des résidences secondaires et de l’essor des locations meublées touristiques. À Paris, 8 % des logements du parc privé sont proposés sur Airbnb, dont au moins 25 000 annonces seraient illégales. Il faudra également s’opposer aux méga-opérations qui fabriquent des mètres carrés de bureaux et de la rente, au détriment des besoins des habitants (Bercy-Charenton, Montparnasse, Porte de la Villette, Gare des Mines, Tati Barbès, etc.). La priorité absolue est de remettre davantage de logements sur le marché.

MESURE-CLÉ n°1

Agir sur le marché privé de la location et de la propriété en créant les conditions pour une remise sur le marché de 80 000 biens retirés depuis 10 ans

  • Mettre en place une aide municipale directe au logement, ciblée sur les 50 000 foyers parisiens les plus vulnérables, cumulable avec les APL/ALS

  • Mettre en place une Brigade du Droit au Logement, avec un renforcement des moyens municipaux et le triplement des agents dédiés

  • Créer une régie publique de gestion locative afin d’encourager des propriétaires privés à confier la mise en location de leurs biens à loyers modérés, en contrepartie d’une gestion administrative, de la rénovation énergétique et d’une garantie des loyers

  • Identifier et faire le suivi des biens vacants en déployant des actions ciblées auprès des propriétaires : courrier d’information, proposition d’alternatives (location sociale, dispositifs mairie, etc.)

  • Identifier les 25 000 annonces Airbnb illégales et saisir la justice sur chacun des logements concernés pour les remettre sur le marché locatif

  • Modifier le PLUb afin d’étendre l’interdiction de nouveaux meublés touristiques à l’ensemble de la capitale, ainsi que l’interdiction des résidences secondaires dans les nouvelles constructions (avec clause de suivi), comme le permet désormais la loi

  • Reconvertir 50 000 logements touristiques meublés en logement locatif classique sur la mandature en renforçant les contrôles

  • Instaurer un moratoire de 3 ans sur toute nouvelle transformation de logements et changements d’usage visant la création de nouveaux logements touristiques meublés

  • Accompagner les locataires dans leurs démarches face aux abus, ainsi que les copropriétaires qui souhaitent mettre fin à la transformation de leur immeuble en hôtel touristique bruyant

  • Contrôler le respect strict de l’encadrement des loyers dans la capitale et mettre en place, en concertation avec le préfet de Paris, des lignes directrices claires et chiffrées sur la nature et le montant du « complément de loyer » pour donner de la clarté aux locataires et bailleurs, et minimiser les abus et le contentieux liés aux compléments de loyers

MESURE-CLÉ N°2

Agir sur les bailleurs sociaux pour baisser les loyers et les charges locatives qui ont augmenté de 13 % en 5 ans sans réelles contreparties

  • Renforcer le rôle de la Ville de Paris au sein des conseils d’administration de la RIVP et de Paris Habitat en garantissant que l’élu assurant la présidence puisse exercer cette responsabilité à temps plein et assurer un suivi effectif des dossiers, afin que la majorité municipale assume pleinement son rôle de pilotage et d’orientation stratégique des deux bailleurs

  • Geler les loyers et les charges des logements sociaux gérés par la ville de Paris la première année de mandat

  • Encadrer et conditionner toute hausse à l’état des bâtiments, des logements et des services (gardiennage, entretien, etc.)

  • Créer un service municipal de dépannage d’urgence des ascenseurs et autres types de panne importante (chauffage par exemple) disponible pour l’ensemble des résidents du parc social parisien, en lien avec les bailleurs sociaux, et étendre progressivement ce service aux copropriétés privées intéressées

  • Réaliser un audit des rénovations engagées ou en cours et élaborer un plan de production d’énergies renouvelables

  • Réaliser une étude sur la consommation énergétique, la consommation d’eau et les coûts liés à l’entretien des parties communes dans les immeubles de logements sociaux pour mettre fin au gaspillage et aux abus signalés par des locataires

277 000 familles sont en attente d’un logement social à Paris. Parmi elles, 100 000 familles parisiennes vivent actuellement dans le parc privé. Autrement dit, près d’un Parisien sur dix pourrait être contraint de quitter Paris à court terme s’il n’obtient pas un logement abordable. Depuis le début de la période PS à Paris, il y a eu en moyenne 5 385 logements sociaux supplémentaires par an (2001-2023). Or, seuls 27 % de ces logements étaient des logements dits « très sociaux », alors que ce segment représente environ 70 % des demandes. À noter aussi que le nombre de nouveaux logements sociaux produits chaque année baisse depuis 2016 : on construit donc de moins en moins de logements sociaux depuis qu’Anne Hidalgo est maire de Paris. Pour produire, en dix ans, les 100 000 logements sociaux les plus urgents, il faudrait doubler la production annuelle par rapport à l’ère PS.

MESURE-CLÉ

Refonder les règles applicables aux projets de construction de logements en imposant, pour tout projet à partir de 400 m², un taux minimum de logements sociaux de 10 à 55 % selon le déficit de la zone, et en supprimant la règle des trois tiers afin de permettre la construction d’une part plus importante de logements très sociaux (PLAI) et moyen sociaux (PLUS)

  • Généraliser l’obligation de construction de 10 % de logements sociaux pour les projets de construction de bureaux à partir de 5 000 m2 à tout Paris, et abaisser le seuil de déclenchement à 2 500 m2 en augmentant le taux de logements sociaux dans les zones en déficit

  • Étendre le droit de préemption renforcé (DPUR) qui représente aujourd’hui moins de 10 % de la surface de Paris, pour atteindre 50 % du territoire parisien à horizon 2032

  • Empêcher la privatisation du logement social prévue par la loi ELAN : refuser de donner un avis conforme pour la vente de logements sociaux, augmenter les subventions des Offices publics de l’habitat (OPH) en compensation du blocage des ventes et négocier des engagements « zéro vente » sur le territoire municipal de la part des entreprises sociales de l’habitat

À Paris, l’accès à la propriété est devenu un privilège largement réservé aux héritiers : avec un mètre carré autour de 10 000 euros, devenir primo-accédant sans apport ni héritage relève souvent de l’impossible. En 2023, il fallait ainsi environ 100 000 euros de revenus annuels et un apport conséquent pour acheter un appartement de 40 m² à Paris (avec un crédit sur 25 ans et un taux d’effort de 33 %). Cette situation accélère l’éviction des classes moyennes et populaires, mais elle produit aussi un effet « bouchon » sur la location : quand les ménages ne peuvent plus accéder à la propriété de leur résidence principale, ils ne libèrent plus les logements qu’ils occupent en location, ce qui raréfie l’offre et alimente la hausse des loyers. Notre objectif n’est pas de relancer le mythe du « tous propriétaires », mais de transformer le rapport à la propriété : permettre une propriété d’usage stable et durablement sortie de la spéculation (notamment via le bail réel solidaire qui dissocie foncier et bâti et encadre les reventes)comme levier complémentaire du logement social pour peser à la baisse sur les prix et redonner de l’air au marché locatif. Cela se fera sans détourner les moyens indispensables à la production de logements publics.

MESURE-CLÉ

Faire un usage soutenu et stratégique du droit de préemption sur l’ensemble de la ville pour acquérir 5 000 biens d’ici 2032 et doubler l’offre de logements publics, en priorité dans les arrondissements qui ne respectent pas les 25 % de logements sociaux, puis transformer une partie de ces biens en logements en bail réel solidaire (BRS) afin d’offrir des prix durablement accessibles à la location et à la vente

  • Augmenter les capacités de la Foncière Solidaire Parisienne pour produire 500 logements à prix maîtrisé (moins de 5 000 €/m²) chaque année, vendus sous forme de BRS afin de dissocier le foncier du logement

  • Relancer le Prêt à Taux 0 % pour les primo-acquérants de leur résidence principale pour atteindre 10 000 bénéficiaires en fin de mandature

  • Mettre en place une charte promoteur pour les opérations menées sur foncier public ou avec soutien municipal, fixant des standards de qualité pour les logements ainsi que des plafonds de prix de vente au mètre carré

  • Inclure systématiquement des clauses anti-spéculatives dans les opérations d’accession sociale à la propriété auxquelles la Ville participe financièrement

  • Créer un syndic public pour les copropriétés dégradées et les copropriétés populaires en participant à l’expérimentation « syndic d’intérêt général » permise par la loi

À Paris, la pénurie de logements est aggravée par une action publique morcelée, peu lisible et insuffisamment pilotée : entre les bailleurs, la Ville et ses opérateurs, les outils existent mais restent dispersés. La mauvaise évaluation des besoins et l’absence d’objectifs ne permettent pas une planification et un suivi alors que nous sommes dans une situation qui mérite d’agir massivement. Il faut une gouvernance unique capable de planifier, coordonner et rendre des comptes, en associant directement les locataires et les acteurs du droit au logement. Cette gouvernance doit être pilotée au plus haut niveau : le premier adjoint au maire sera chargé de cette mission prioritaire.

MESURE-CLÉ

Élaborer un plan triennal pour le logement abordable, public et privé, lors d’Assises du logement en lien avec tous les acteurs des services de la Ville de Paris, les acteurs institutionnels et commerciaux, et les associations de locataires et défense du droit au logement

  • Fixer des objectifs et des indicateurs et les rendre publics chaque année dans un document d’application du plan

  • Exiger une plus grande représentation des locataires au sein des conseils d’administration de Paris Habitat, de la RIVP et de Elogie-Siemp

  • Organiser, chaque année, une semaine de rencontres avec les habitants et les Conseils de quartier pour échanger sur le thème du logement et ouvrir un cahier de doléances public, visible sur le site internet de la Ville

Sans droit au logement, beaucoup d’autres droits fondamentaux individuels, politiques et sociaux ne peuvent être effectifs. Pourtant, de nombreuses décisions nationales ne tirent toujours pas de cette vérité la conséquence qui s’impose : tout faire pour que ce droit soit respecté. La Ville de Paris n’est pas une enclave. Elle est la capitale d’une République qui se proclame « indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Ainsi, non seulement elle ne peut régler tous les problèmes sociaux à elle seule, mais elle se doit de participer à la lutte pour l’accomplissement plein et entier des promesses de cette Nation. C’est pourquoi, dans le domaine du logement, elle doit interpeller les pouvoirs publics et, si nécessaire, engager un rapport de force avec eux.

MESURE-CLÉ

Organiser la mobilisation populaire pour faire en sorte que le préfet développe une pratique de prise d’arrêtés de réquisition des logements vides pérenne et adaptée aux besoins des Parisiens

  • Se coordonner avec toutes les communes qui le veulent pour réclamer que soit reconnue la légalité des arrêtés municipaux interdisant les expulsions sans relogement

  • Agir pour faire voter par le Parlement une loi pour l’encadrement à la baisse des loyers et pour transférer le pouvoir de réquisition au maire

  • Agir pour faire voter par le Parlement une loi visant à interdire les investissements directs étrangers dans le secteur immobilier, afin de lutter contre la spéculation

  • Agir pour annuler la ponction Macron sur les organismes HLM et rétablir les aides à la pierre directes, supprimées par Hollande

  • En réponse à l’insuffisance des politiques nationales, mettre en place un plan communal de lutte contre les punaises de lit et les cafards incluant :

    • Une plateforme de signalement en ligne

    • Une intervention directe de la Mairie dans les situations les plus critiques

    • Des campagnes de prévention dans les immeubles sociaux en partenariat avec les bailleurs sociaux

Chapitre 14

Pour un service public communal de la santé

L’état de santé d’une population ne dépend pas uniquement de l’accès aux soins. L’amélioration des conditions de vie et des politiques de prévention ambitieuses, capables de prévenir l’apparition de nombreuses pathologies, jouent même un rôle plus important. À Paris, les inégalités sociales et territoriales de santé restent fortes, notamment du fait des inégalités de qualité de l’alimentation, de logement et d’environnement. La pollution
de l’air et le bruit, le mal-logement, la précarité alimentaire ou encore l’éloignement du système de santé pèsent lourdement sur la santé des Parisiens, en particulier dans les quartiers populaires. L’éducation à la santé dès le plus jeune âge, le rôle des services municipaux comme les PMI et la médecine scolaire, ainsi que les politiques dites d’« aller-vers » sont des leviers essentiels pour réduire ces inégalités. Avec nous, Paris fera de la prévention, de l’éducation à la santé et de l’amélioration des conditions de vie un pilier central de sa politique de santé publique, en agissant en amont et au plus près des populations.

MESURE CLÉ

Créer un service de bus itinérants santé dans les zones d’intervention prioritaire (ZIP) afin de renforcer la prévention, l’accompagnement et l’orientation parmi les Parisiennes et les Parisiens les plus vulnérables

  • Agir sur l’ensemble des politiques municipales pour améliorer l’état de santé des Parisiens, dans une approche globale de la santé ne se limitant pas aux soins, notamment à travers le sport, la qualité et l’accessibilité des menus des cantines scolaires, la lutte contre la pollution environnementale et le bruit, ainsi que la lutte contre le mal-logement et l’absence de logement

  • Généraliser la réalisation de l’étude d’impact sur la santé (EIS) pour tout projet d’urbanisme d’envergure piloté ou soutenu par la Ville ou relevant de foncier dont la mairie est propriétaire

  • Renforcer le Service Parisien de Santé Environnementale (SPSE) en doublant les effectifs d’inspecteurs de salubrité à horizon 2032 pour réduire les délais d’intervention en cas de signalement d’insalubrité, aujourd’hui supérieurs à plusieurs mois dans certains arrondissements

  • Renforcer significativement les moyens du service de médecine scolaire afin de permettre un meilleur suivi des élèves, avec pour objectif à la fin de la mandature d’assurer une visite médicale annuelle, et de développer des actions d’éducation à la santé sur les temps périscolaires

  • Déployer un programme annuel périscolaire de sensibilisation à la santé environnementale, abordant la qualité de l’air, l’alimentation, le bruit, les perturbateurs endocriniens et les gestes de prévention, en partenariat avec les associations agréées d’éducation à l’environnement

  • Renommer la Direction de la santé publique (DSP) en Direction de la santé publique et environnementale afin de renforcer cet aspect ainsi que la prévention

Comme dans le reste de la France, l’accès aux soins est aujourd’hui particulièrement difficile à Paris, notamment pour les plus modestes. L’offre de médecins généralistes est insuffisante et une part importante d’entre eux pratiquent des dépassements d’honoraires, dans des proportions sans commune mesure avec la moyenne nationale (25% à Paris contre 7 % en France métropolitaine). Les inégalités territoriales sont également très marquées : la densité de médecins par habitant est plus de trois fois supérieure dans le 16e arrondissement que dans le 18e, tandis que l’espérance de vie y est supérieure de cinq ans.
À cette insuffisance de l’offre de soins de proximité s’ajoutent les fermetures massives de lits hospitaliers : entre 2014 et 2023, 4 400 lits ont été supprimés à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), soit une baisse de 23 %, alors même que la maire de Paris préside le conseil de surveillance de l’AP-HP et devrait peser de tout son poids pour s’y opposer. Les conséquences sont graves : plusieurs arrondissements et quartiers populaires sont classés en zones d’intervention prioritaire ou en zones d’actions complémentaires par l’ARS pour l’accès à un médecin généraliste. Une part importante de la population n’est pas suivie médicalement, avec 20 % des personnes de 16 ans et plus sans médecin traitant à Paris contre 11 % au niveau national, 13 % des Parisiens sans suivi médical ou dentaire depuis au moins deux ans, et sept Parisiens sur dix rencontrant des difficultés pour accéder à un médecin spécialiste. L’offre de soins en santé mentale est elle aussi largement insuffisante, avec des délais d’attente en centres médico-psychologiques allant d’un à trois mois pour un premier rendez-vous dans près de 70 % des cas. Enfin, les populations les plus précaires sont exposées à des situations indignes d’un pays développé : Paris concentre le plus grand nombre de cas de saturnisme infantile en Île-de-France et le taux le plus élevé d’accouchements de femmes sans-abri. Avec nous, Paris prendra pleinement sa part pour renforcer l’offre de soins.

MESURE-CLÉ

Densifier le réseau de centres de santé municipaux polyvalents avec ouverture, en coopération avec le personnel médical de l’AP-HP, de centres de santé dans l’Est parisien pour y pallier la crise de l’offre médicale, et atteindre à horizon 2032 l’objectif d’au moins un centre de santé par arrondissement

  • Faire usage des pouvoirs de présidence du conseil de surveillance de l’AP-HP pour garantir l’accès des Parisiennes et Parisiens à des médecins généralistes et spécialistes sans dépassement d’honoraires, notamment via le déploiement de médecins de l’AP-HP dans les centres de santé municipaux

  • Créer cinq maisons médicales de garde dans Paris, en partenariat avec l’AP-HP, installées dans les centres de santé, accueillant le public de 20h à minuit et de 8h à 20h le week-end afin d’orienter les Parisiennes et les Parisiens en cas de besoin imprévu en soins ambulatoires

  • Créer la Complémentaire Populaire Communale de Paris (CPCP), qui profitera notamment aux personnes qui ont actuellement du mal à s’offrir une complémentaire santé (retraités, indépendants, certains chômeurs, etc.)

  • S’opposer au projet de fermeture de l’Hôtel-Dieu et de l’hôpital Bichat ou de tout autre futur projet de fragilisation des capacités hospitalières de l’AP-HP

  • Sauver les centres de santé associatifs parisiens en engageant une politique de subventions, d’accompagnement, voire de reprise communale des centres au bord de la fermeture, en les intégrant au réseau communal de santé de proximité, en vue d’honorer un engagement zéro fermeture de centres de santé durant la mandature

  • Faire usage des pouvoirs de présidence du conseil de surveillance de l’AP-HP de la maire de Paris pour lutter contre les violences obstétricales et gynécologiques, en poussant pour l’obligation de formation continue des professionnels de santé à ce sujet et la mise en place d’un nouveau protocole élaboré entre les associations et soignants afin d’éradiquer définitivement ces violences au sein des hôpitaux de Paris

  • Instaurer un guichet permettant le signalement des violences gynécologiques et obstétricales au sein des Maisons des femmes et un accompagnement dans leur signalement à l’Ordre des médecins

Les addictions constituent un enjeu majeur de santé publique. Les nier ou y répondre uniquement par la répression ne fait qu’aggraver les situations de dépendance, exposer davantage les personnes concernées et déplacer les problèmes sans jamais les résoudre. Les politiques locales et nationales fondées sur l’éloignement et la stigmatisation ont montré leurs limites et leurs dangers, tant sur le plan sanitaire que social. À l’inverse, les évaluations de l’expérimentation française des haltes soins addictions ont démontré des bénéfices clairs en matière de réduction des risques, d’accès aux soins et de diminution des consommations dans l’espace public. À l’échelle internationale, de nombreux pays ont inscrit ces dispositifs dans des politiques de réduction des risques dont l’efficacité est documentée, notamment pour prévenir les overdoses, améliorer le suivi sanitaire et recréer du lien avec des publics très éloignés du système de soins. Il est donc urgent de déployer à Paris une véritable politique de santé publique, articulée autour de la prévention, du dépistage, de la réduction des risques et de la prise en charge globale des personnes dépendantes.

MESURE-CLÉ

Développer un réseau Haltes Soins Addictions sur la base de structures de petite taille pour la prévention, l’accompagnement et la prise en charge dans les quartiers où les besoins se font sentir, accueillant un nombre de personnes limité afin de garantir aux usagers et aux structures une insertion harmonieuse dans le tissu urbain, sans nuisance, ce que la seule structure actuelle de l’hôpital Lariboisière, surchargée, est incapable d’assurer

  • Favoriser l’accompagnement des consommateurs de substances addictives via un parcours de soins combinant une approche médicale et une approche de réinsertion sociale par la création d’espaces de repos et de mise à l’abri afin d’éviter les remises à la rue

  • Développer des campagnes municipales de prévention et de sensibilisation aux risques liés aux addictions (tabac, alcool, drogues, jeux d’argent, malbouffe)

  • Sensibiliser les consommateurs aux impacts des consommations sur la tranquillité publique, dans une logique de responsabilisation et non de stigmatisation

Depuis la crise du Covid, la santé mentale des Parisiennes et des Parisiens s’est fortement détériorée. En 2021, au moins 15 % d’entre eux ont traversé des épisodes dépressifs caractérisés. Ce taux dépasse 25 % chez les jeunes de 18 à 24 ans, soit un doublement en quatre ans. Alors que les besoins s’accroissent, les moyens mis en œuvre par la mairie sortante restent anecdotiques. Au total, le budget dédié à la santé mentale n’est que de 3 millions d’euros, soit environ 0,025 % du budget global, alors même que les besoins explosent. Face à la politique de saccage de l’État et à l’inaction complice de la mairie sortante, le mandat insoumis à la Mairie de Paris sera le mandat de la santé mentale des Parisiennes et des Parisiens.

MESURE CLÉ

Recruter dans les centres de santé municipaux polyvalents des psychologues pratiquant le tiers payant intégral pour répondre aux besoins de prise en charge des Parisiennes et des Parisiens, avec pour objectif d’atteindre à horizon 2032 au moins deux psychologues par centre de santé municipal, et pour ambition d’étendre le dispositif aux antennes de santé d’arrondissement

  • Mettre en place un « Chèque Psy » d’un montant de 20 euros / séance pour les Parisiennes et les Parisiens en fonction du quotient familial, pour accompagner les séances non entièrement remboursées par le dispositif étatique « Mon soutien psy »

  • Développer des Points Accueil Santé Mentale (PASM) dans chaque arrondissement à horizon 2032, qui seront déployés dans les centres de santé municipaux, les mairies d’arrondissement et les locaux associatifs, pour offrir aux Parisiennes et Parisiens une ressource de proximité  d’information, d’écoute, d’orientation et d’évaluation rapide en matière de santé psychique, notamment en renforçant le partenariat avec le GHU Paris Psychiatrie

  • Développer les réseaux de maisons sport-santé au-delà des quatre existantes aujourd’hui à Paris (11e, 15e, 19e et 20e arrondissements) et l’activité physique adaptée contribuant à une meilleure santé mentale (régulation du sommeil, réduction de la consommation de médicaments psychotropes)

Chapitre 15

Prendre soin de la petite enfance

De nombreuses enquêtes et ouvrages ont alerté sur la dégradation des conditions d’accueil des enfants dans les établissements d’accueil de la petite enfance. Certaines des causes de cette dégradation affectent malheureusement les établissements de la Ville de Paris.  En raison de conditions de travail dégradées (faibles rémunérations, manque de perspectives de carrière, pénibilité et maladies professionnelles), la Ville de Paris peine à recruter et à fidéliser son personnel. En conséquence, environ 3 500 places ne peuvent aujourd’hui être ouvertes dans les crèches parisiennes. Par ailleurs, il est désormais possible de travailler dans des crèches de la Ville de Paris sans diplôme d’État, alors même que la municipalité s’y était longtemps opposée. L’offre publique ne répond donc plus à l’ensemble des besoins, conduisant les familles à se tourner vers des solutions privées, notamment des micro-crèches, dont les tarifs sont élevés et les conditions d’accueil encore plus dégradées. Garantir une offre d’accueil de haut niveau suppose une amélioration significative des conditions de travail des agents, la création de nouvelles places, ainsi qu’un renforcement de la formation et des contrôles au sein des établissements.

MESURE-CLÉ

Créer 6 500 places en crèche publique d’ici 2032 pour répondre aux besoins

  • Favoriser l’accueil des enfants handicapés dans les crèches publiques en formant et en recrutant des personnels spécialisés

  • Augmenter les salaires des agents de la petite enfance, renforcer la formation continue et lancer un vaste plan de montée en qualifications afin de garantir que l’ensemble des personnels chargés de l’accueil des enfants dispose, a minima, du diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture

  • Lancer une concertation sur l’amélioration des conditions de travail, associant les agents et les organisations syndicales à l’échelle de l’ensemble des établissements

  • Rendre la procédure d’attribution des places en crèche plus transparente et plus rapide en créant un guichet unique de demande de place (crèches associatives, familiales, parentales et municipales)

  • Renforcer les équipes de la PMI chargées du conseil, de la prévention et des contrôles des établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE)

  • Établir une obligation de transparence sur les frais facturés aux familles et sur la part de financement public perçue par les crèches privées

  • Émettre un avis défavorable systématique aux projets de micro-crèches qui ne respectent pas les standards municipaux (taux d’encadrement, surface utile, accessibilité PMR, espace extérieur, ventilation) et valoriser celles qui le font via un label « Crèche labellisée »

  • Favoriser massivement l’offre de crèches municipales et associatives et de « Crèches labellisées » pour réduire la mainmise des opérateurs privés à but lucratif guidés par des logiques financières

La santé des jeunes enfants à Paris est aujourd’hui insuffisamment prise en charge, en particulier en matière de prévention, de suivi médical et d’accompagnement des familles. L’accès aux soins pédiatriques est souvent contraint par des délais trop longs, des horaires inadaptés et des dépassements d’honoraires élevés, tandis que les dispositifs de prévention et de repérage précoce des troubles restent fragilisés par un manque de moyens. En crèche comme en dehors, la présence médicale demeure trop ponctuelle et ne permet pas toujours d’assurer un suivi régulier des enfants ni un soutien effectif aux équipes et aux parents. Dans un contexte de fortes inégalités sociales de santé, renforcer les dispositifs de prévention, de soin et d’accompagnement dès le plus jeune âge est une condition essentielle pour garantir la sécurité sanitaire, soutenir les familles et lutter contre les inégalités de destin dès l’enfance.

MESURE-CLÉ

Ouvrir les dix centres de protection maternelle et infantile communaux les plus fréquentés jusqu’à 19h30 trois soirs par semaine et le samedi matin, afin de permettre aux Parisiennes d’avoir un plus large accès aux soins pour elles et leurs nouveau-nés

  • Proposer une visite à domicile d’une puéricultrice à toutes les familles parisiennes dans les 15 jours suivant la naissance afin d’assurer au plus vite la détection et la prise en charge de potentielles difficultés post-natales

  • Accroître le contingent communal de conseillers en environnement intérieur (CMEI) qui pourront intervenir, sur prescription médicale, au domicile où vivent les enfants atteints d’asthme, d’allergies sévères et d’autres maladies respiratoires, diagnostiquer les risques pour la santé (humidité, plomb, amiante, ventilation, etc.) pour conseiller les foyers parisiens

  • Intensifier les actions de lutte contre le plomb et l’amiante dans tous les établissements municipaux, avec une priorité aux équipements accueillant des enfants (écoles, crèches, piscines, bibliothèques, etc.)

  • Prévenir toute forme de violences faites aux enfants en renforçant les actions de soutien à la parentalité et aux aidants : sensibilisation, accompagnement personnalisé et formation aux pratiques éducatives non violentes

  • Garantir une présence médicale effective et régulière dans les crèches parisiennes, au-delà des obligations réglementaires minimales

Les inégalités culturelles et d’accès à la nature se construisent dès le plus jeune âge. À Paris, malgré une richesse exceptionnelle d’équipements culturels, de musées, de parcs et de ressources pédagogiques, les tout-petits restent largement à l’écart de ces offres. Les crèches, les familles et les professionnels manquent souvent de moyens, de temps ou d’accompagnement pour organiser des activités culturelles et des sorties dans la nature. Favoriser l’éveil culturel, artistique et sensoriel dès la petite enfance est pourtant un levier essentiel d’émancipation, de réduction des inégalités et de développement de l’imaginaire. La Ville de Paris doit mobiliser pleinement ses ressources pour garantir à chaque enfant un accès précoce et régulier à la culture et à la nature.

MESURE-CLÉ

Organiser, dans chaque arrondissement, des ateliers municipaux de découverte de lieux culturels et de la nature à destination des tout-petits

  • Développer l’offre culturelle et pédagogique pour les jeunes enfants, dans et hors des crèches, en mobilisant les ressources de la Direction des affaires culturelles et de Paris Musées et en multipliant les lieux d’accueil du type Maisons des Petits au Centquatre

  • Multiplier les lieux artistiques spécifiquement pensés pour les enfants

  • Déployer des crèches, bibliothèques et ludothèques mobiles dans les quartiers populaires

  • Garantir l’accès à une aire de jeux de proximité et un parc pour tous les enfants parisiens

Les familles parisiennes font face à de nombreuses contraintes qui rendent souvent plus difficiles les premières années suivant la naissance d’un enfant. Les logements sont fréquemment exigus, les temps de transport importants et la proportion de familles monoparentales est plus élevée qu’en moyenne nationale, ce qui touche majoritairement les femmes. À cela s’ajoutent des situations de précarité sociale et économique qui fragilisent le quotidien de nombreuses familles. Dans ce contexte, offrir des lieux de dialogue, d’échange et d’accompagnement à la parentalité, ainsi que des temps de repos ou de soutien concret, doit être une priorité municipale.

MESURE-CLÉ

Mettre en place des crèches de garde ouvertes le samedi (voire le dimanche), accessibles en priorité aux familles monoparentales et soutenir les initiatives de garde visant à libérer du temps pour les parents isolés

  • Soutenir et développer l’accompagnement à la parentalité, avec une attention particulière pour les familles monoparentales, dans les équipements municipaux et les maisons de l’enfance : temps d’échanges entre parents et professionnels, accueils jeux pour les tout-petits, ateliers collectifs, rendez-vous individuels, et présence de psychologues et de pédopsychiatres

  • Garantir un accompagnement post-partum renforcé au sein des centres de PMI

  • Proposer aux familles des couches et de l’alimentation pour nourrissons à tarifs réduits, avec une tarification progressive en fonction des revenus et une gratuité pour les foyers les plus modestes

  • Mettre à disposition des parkings à poussettes dans les équipements municipaux et les lieux publics

  • Développer des systèmes municipaux de prêt, d’échange et de partage d’objets de puériculture (porte-bébés, poussettes, etc.)

Chapitre 16

Pour un service public d’éducation communale et du périscolaire à Paris

En dix ans de réformes néolibérales et de maltraitance sociale par les gouvernements macronistes, l’école publique parisienne a été affaiblie, les inégalités aggravées et les équipes désorganisées, au point d’exposer les enfants à des risques pour leur avenir, leur santé et leur bien-être. À Paris, la municipalité sortante n’a pas été à la hauteur : elle n’a pas assuré la protection des enfants alors même qu’elle en a largement la compétence. Elle n’a pas tenu compte des alertes répétées des personnels, qui n’ont cessé d’appeler à un sursaut face aux manques structurels : absences non remplacées, pénurie d’AESH, manque d’animateurs périscolaires, coupes dans les budgets des associations et des centres sociaux. Et au bout du chemin, le pire est arrivé : le décès d’un enfant lors d’une sortie scolaire. Dans le même temps, des faits de pédocriminalité et de maltraitance ont été révélés. Avec nous, Paris mettra fin à la ségrégation scolaire et garantira à chaque enfant une école publique de proximité et de qualité, protectrice et émancipatrice.

MESURE-CLÉ

Renforcer les moyens des écoles et des collèges publics

  • S’opposer à toute fermeture de classe dans les écoles et les collèges publics

  • Réviser la sectorisation afin de mettre fin à la ségrégation et permettre l’accès de tous les enfants à une école et à un collège publics de proximité

  • Supprimer tout soutien à l’école privée au-delà des obligations légales afin de concentrer l’essentiel des moyens à l’école publique, et réserver 100 % des crédits d’investissement éducatif au secteur public

  • Mettre fin à l’opacité des financements de l’école privée et contrôler strictement l’usage des fonds publics par les écoles privées

  • Aider à la scolarisation (aides à l’orientation, à la constitution de dossiers, etc.) et ouvrir la cantine à tous les enfants présents sur le territoire communal : voyageurs, Roms, de nationalité étrangère, vivant en squat, bidonvilles ou hôtels sociaux

  • Mettre en place dans les collèges publics un temps municipal de soutien scolaire encadré après les cours, offrant aux élèves un accompagnement structuré pour consolider les apprentissages, faire les devoirs et progresser, et permettant de réduire les inégalités entre les familles pouvant payer des cours particuliers et celles qui ne le peuvent pas

  • Créer un financement dédié aux activités éducatives et culturelles des collèges publics, incluant sorties, visites et voyages scolaires, notamment linguistiques, afin de garantir à tous les élèves un égal accès à ces expériences, indépendamment des ressources des familles

La dépense globale des familles pour une année d’études s’élevait en 2015 à 580 euros pour un écolier et à 890 euros pour un collégien. Dix ans plus tard, elle atteint en moyenne
1 315 euros, dont 370 euros pour les vêtements, 335 euros pour la cantine et 146 euros pour les fournitures. La Ville de Paris s’est contentée de constater cette hausse, sans volonté réelle de l’enrayer, alors même que les familles parisiennes peuvent faire face à des dépenses contraintes supérieures à cette moyenne. Il est temps de rendre la gratuité de l’école publique réellement effective.

MESURE-CLÉ

Aller vers la gratuité de l’école publique à Paris (fournitures, sorties scolaires, goûters, périscolaire)

  • Confier l’organisation de bourses aux fournitures scolaires aux fédérations de parents d’élèves reconnues d’utilité publique (FCPE par exemple)

  • Garantir un départ en classe découverte pour chaque élève

  • Renforcer l’accès aux bibliothèques et relancer les bibliothèques scolaires, avec un prêt systématique des livres et l’intervention de professionnels de la lecture (bibliothécaires-documentalistes)

Selon UNICEF France, 23 % des enfants sont victimes de précarité alimentaire. Ces privations touchent en premier lieu les mineurs isolés (35 %) et les enfants vivant dans des foyers monoparentaux (31 %). Outre les problèmes de santé qu’elles entraînent, ces carences engendrent des difficultés de concentration et obèrent l’avenir scolaire de ces enfants : une double peine. Face à cette réalité, la restauration scolaire constitue une première ligne de protection. Elle représente en effet souvent l’unique repas équilibré et suffisant de la journée pour ces enfants. À Paris, elle engendre hélas un coût trop élevé pour de nombreuses familles précaires.

MESURE-CLÉ

Instaurer la gratuité de la cantine pour les trois premières tranches du quotient familial et rendre plus progressifs les tarifs suivants

  • Maximiser la part de produits locaux dans la restauration collective et atteindre avant la fin de la mandature 100 % de produits bio et de saison
  • Créer et travailler avec des fermes « urbaines et
    périurbaines » pour approvisionner la restauration scolaire (dans toute la France pour la diversité des produits, mais en priorité en Île-de-France), permettre la création d’emplois agricoles salariés en circuits courts ainsi que des visites pédagogiques par les élèves parisiens de « leurs fermes »
  • Œuvrer conjointement avec les caisses des écoles d’arrondissement et les mairies d’arrondissements pour augmenter les capacités des cuisines de production sur place, pour réduire progressivement la part de liaison froide et de produits transformés ou préparations réchauffées
  • Lutter contre la malbouffe en interdisant tout produit ultra-transformé, trop sucré ou trop salé et en favorisant les productions artisanales plutôt qu’industrielles

Chaleur excessive, bruit, locaux mal ventilés et inadaptés aux publics spécifiques : derrière la carte postale parisienne, l’état des établissements scolaires révèle des retards importants et des carences profondes. Les infrastructures sont vieillissantes et insuffisamment adaptées aux enjeux climatiques, sanitaires et d’inclusion, au point que certains collèges ont traversé plusieurs hivers sans chauffage. Depuis 2010, Paris a perdu 35 000 élèves, une évolution à laquelle l’État et la Ville ont répondu presque exclusivement par des fermetures de classes et une réduction des moyens, sans amélioration des conditions d’accueil ni d’apprentissage. Cette logique comptable pénalise en premier lieu les enfants en situation de handicap, pour lesquels les établissements restent largement inadaptés. Avec nous, Paris investira enfin massivement pour garantir à tous ses élèves des établissements rénovés, adaptés, inclusifs et propices aux apprentissages.

MESURE-CLÉ

Adapter 100 % des collèges et écoles publics aux défis sanitaires et climatiques : rénover les sanitaires, insonoriser les espaces de restauration collective, limiter l’apport solaire (stores, ombres, films), améliorer la ventilation (protocoles, salles refuge), refroidir toutes les cours d’école (davantage de pleine terre, d’arbres, d’ombre et des matériaux qui ne chauffent pas)

  • Faire de Paris une ville pionnière de l’école inclusive avec pour objectif 100 % des élèves handicapés accueillis dans le périscolaire à horizon 2032, et engager un plaidoyer avec l’État pour que le même objectif soit atteint sur le temps scolaire
  • Soutenir et intensifier l’achat de matériel adapté dans les écoles pour accueillir les enfants en situation de handicap et favoriser l’ouverture de classes spécialisées directement intégrées dans les écoles
  • Déployer l’apprentissage de la langue des signes de la crèche au collège avec la généralisation d’ateliers périscolaires dédiés
  • Faciliter l’implantation de classes Unité d’Enseignement en Maternelle Autisme (UEMA) en intégrant systématiquement, dans les nouvelles constructions et les rénovations lourdes d’écoles parisiennes, des locaux adaptés permettant l’accueil de dispositifs d’enseignement inclusifs, en lien avec l’Éducation nationale et l’ARS
  • Compléter la dotation en ordinateurs et en vidéoprojecteurs et renforcer l’accès à Internet, et l’éducation à Internet sur le temps périscolaire, dans les établissements scolaires

Depuis au moins trois ans, les personnels du périscolaire se mobilisent à Paris. Plusieurs grèves ont eu lieu, dont la dernière a duré plus de quinze jours. Elles dénoncent le manque de moyens, le sous-encadrement, la précarité des emplois, l’impensé d’une réelle évolution des carrières, des salaires insuffisants et l’absence de réponse de la municipalité. Les alertes se multiplient : sécurité des enfants, surcharge des équipes, recours à des vacataires non formés, refus de la Ville de créer les postes nécessaires, absence de perspectives de carrière et de formation. Dans le premier degré, de l’école maternelle à l’école élémentaire, le temps périscolaire et extrascolaire relève de la responsabilité de la Ville. En incluant les vacances, il est plus long que le temps scolaire. Il constitue donc un pilier central du développement, de la socialisation et du bien-être des enfants. Avec nous, le périscolaire deviendra enfin un service public reconnu, stable et de qualité, reposant sur des équipes formées, revalorisées et en nombre suffisant, au service de l’égalité entre tous les enfants.

MESURE-CLÉ

Respecter le taux d’encadrement national de 1 pour 8 pour les enfants de moins de 6 ans et de 1 pour 12 pour les plus de 6 ans en recrutantpour atteindre 10 000 animateurs périscolaires permanents à la fin de la mandature

  • Inclure les animateurs périscolaires dans le dispositif d’indemnité REP/REP+
  • Sécuriser et stabiliser les équipes en limitant le recours aux vacataires et en lançant un plan de déprécarisation des 4 000 animateurs « faux vacataires » via des titularisations et contractualisations
  • Créer une véritable filière des métiers du périscolaire avec une formation initiale et continue renforcée via l’École des métiers de la DASCO et des partenariats avec des lycées professionnels préparant au bac pro Animation, ainsi que la création de 5 niveaux de postes de la catégorie C à la catégorie A
  • Créer un véritable service de soutien scolaire gratuit et renforcer les animations et ateliers éducatifs, culturels et sportifs en partenariat avec les associations et les autres directions de la Ville de Paris (affaires culturelles, jeunesse et sport)
  • Généraliser l’ouverture des écoles les samedis et vacances scolaires aux associations d’accompagnement scolaire, culturelles et sportives

Les personnels sont à bout et ce sont les enfants qui en subissent directement les conséquences. À plusieurs reprises, les directions d’école et les enseignants ont manifesté massivement contre la suppression des décharges de direction. Ils se sont également mobilisés avec les parents d’élèves pour dénoncer le manque de remplaçants, les fermetures de classes et l’insuffisance d’AESH. L’inertie de l’État et de la Ville, qui se renvoient la responsabilité sans agir, n’est plus acceptable. Le problème n’est pas l’engagement des professionnels. Il revient à la Ville de mettre enfin les moyens humains, matériels et organisationnels nécessaires pour leur permettre d’assurer pleinement leurs missions. Nous irons au bout des compétences que nous confère la loi pour garantir un environnement scolaire protecteur et stable.

MESURE-CLÉ

Garantir une ATSEM par classe en maternelle

  • Inclure les ATSEM dans le dispositif d’indemnité REP/REP+
  • Atteindre l’objectif de zéro enfant handicapé sans accompagnant : création d’un nouveau métier « d’Animateur Inclusion » au niveau de formation des AESH et mise à disposition de ce personnel sur le temps scolaire
  • Former l’ensemble des personnels à l’accueil et à l’accompagnement des élèves aux besoins particuliers
  • Garantir la décharge systématique d’enseignement pour les directeurs et directrices d’école à Paris, afin de consacrer le temps nécessaire à leurs missions de direction

Depuis des années, les syndicats alertent sur les manques criants en matière de prévention et de protection des enfants : absence de formation suffisante, recours massif à des vacataires peu ou pas formés aux spécificités de l’enfance et aux situations de vulnérabilité. Dans le même temps, des parents ont porté plainte pour des faits de pédocriminalité présumés dans des écoles parisiennes. Ces plaintes, d’une gravité extrême, sont venues percuter un système déjà fragilisé, dans lequel les alertes des équipes éducatives ne sont ni entendues ni traitées à la hauteur des enjeux. Cette situation, que la majorité sortante voudrait confiner à des « cas individuels » sans reconnaître le problème de fond, n’est pas le fruit du hasard : elle résulte d’un service public abandonné, sous-dimensionné et insuffisamment formé, incapable de garantir pleinement la sécurité physique et psychologique des enfants. Avec nous, la Ville assumera pleinement sa responsabilité pour prévenir les violences, protéger les enfants et garantir un cadre scolaire sûr et respectueux pour toutes et tous.

MESURE-CLÉ

Former les animateurs et intervenants sur le temps périscolaire et extrascolaire à la prévention contre les violences éducatives

  • Définir un binôme paritaire d’animateurs référents dans chaque établissement pouvant être l’interlocuteur privilégié des enfants pour écouter, aider et orienter
  • ​​Former tous les agents au contact des enfants (ATSEM, animateurs, gardiens) à la perception et à la gestion des premiers signes de harcèlement scolaire
  • Organiser plusieurs fois dans l’année des activités de sensibilisation en petits groupes sur les questions de harcèlement, de situations stressantes et de violences de genre, racistes, homophobes

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VIVRE MIEUX À PARIS

Chapitre 17

Favoriser un sport émancipateur et populaire

À Paris, l’accès à la pratique sportive reste profondément inégal. La majorité sortante n’a pas su utiliser la forte visibilité du sport lors des Jeux olympiques et paralympiques pour en renforcer l’inclusivité. Ainsi, de nombreux obstacles persistent : coûts élevés, manque d’équipements de proximité, contraintes familiales ou horaires incompatibles avec les rythmes de vie. Les femmes, les personnes en situation de handicap et les familles monoparentales sont particulièrement pénalisées. Le sport ne peut rester un privilège réservé à quelques-uns : il doit être reconnu comme un service public essentiel, favorisant la santé, le lien social et l’émancipation individuelle et collective. Par ailleurs, la marchandisation croissante du sport menace son accessibilité et son rôle social. La privatisation d’équipements, le sponsoring envahissant et la logique de rentabilité excluent une partie croissante de la population de la pratique sportive. À Paris, l’espace public et les équipements municipaux doivent rester des biens communs, dédiés à une pratique libre, gratuite et inclusive. Défendre le sport populaire, c’est refuser sa transformation en produit et garantir des espaces de pratique ouverts à toutes et tous.

MESURE CLÉ

Mettre en place la gratuité des activités sportives municipales pour tous les moins de 25 ans et une tarification sociale au-delà de cet âge

  • Créer des garderies ludico-sportives au sein des équipements sportifs municipaux, notamment pour favoriser la pratique sportive des femmes et des enfants
  • Intégrer systématiquement des espaces adaptés aux enfants dans les nouveaux projets d’infrastructures sportives pour permettre aux parents de laisser leurs enfants dans un espace adapté pendant leur cours
  • Développer des équipements sportifs publics de proximité (stades, piscines, gymnases, équipements extérieurs en libre accès)
  • Étendre l’ouverture de certaines cours d’école aux associations sportives en début de soirée (jusqu’à 21h30 au plus tard) afin de créer de nouveaux espaces et créneaux de pratique sportive de proximité
  • Construire avec les acteurs du sport un cadre promouvant une approche éducative et éthique, valorisant l’apprentissage, la pratique et la construction de liens plutôt que la compétition, la domination de l’adversaire et la promotion du sport-spectacle
  • Soutenir activement la pratique sportive féminine et mixte en engageant une réflexion sur le type de structures à construire et élaborer une charte de lutte contre les discriminations avec les associations sportives locales
  • Renforcer les clubs inclusifs, sections handisport et activités adaptées dans tous les arrondissements en conditionnant des subventions supplémentaires aux associations sportives à leur engagement à l’objectif d’accessibilité universelle à horizon 2032
  • Renforcer l’offre de sport pour les personnes âgées à l’échelle des arrondissements, en privilégiant des pratiques douces et régulières
  • Refuser le nommage des équipements sportifs de la ville de Paris par des marques et toute forme de privatisation
  • Permettre une pratique sportive gratuite et inclusive dans l’espace public, en continuant d’installer des équipements mixtes, adaptés à différents niveaux de pratique et en agrandissant ces espaces afin d’éviter la sur-concentration qui peut constituer un élément dissuasif à la pratique

Les équipements sportifs parisiens restent souvent énergivores et insuffisamment rénovés. Dans un contexte de dérèglement climatique, la pratique sportive doit s’inscrire dans une logique de sobriété, de rénovation du bâti existant et de réduction des émissions. Les quartiers populaires souffrent particulièrement d’un déficit d’équipements de qualité. Faire converger sport et écologie, c’est améliorer le confort des usagers, réduire l’empreinte environnementale et garantir un accès équitable à des infrastructures durables.

MESURE CLÉ

Isoler thermiquement l’ensemble des infrastructures sportives et privilégier la rénovation à la construction, avec des matériaux bas-carbone

  • Mettre en œuvre un plan d’investissement de 120 millions d’euros sur le mandat pour la rénovation et le développement des équipements sportifs dans les quartiers populaires, en valorisant aussi leurs espaces verts afin de les ouvrir davantage aux habitants et de créer, par des aménagements légers, de nouveaux parcs à partir de l’existant
  • Planifier une sortie des chaudières au fioul et au gaz dans les équipements sportifs
  • Proposer, lors des événements sportifs, une offre alimentaire locale, de saison et davantage végétale
  • Créer des continuités piétonnes reliant des parcs entre eux pour favoriser la marche et la course à pied sur de longues distances, en dehors de la circulation automobile
  • Inclure, dans le plan parisien d’aménagement de la petite ceinture parisienne, des équipements sportifs adaptés à la pratique du sport en plein air

L’école joue un rôle central dans la pratique du sport, en particulier pour les enfants qui n’ont pas accès aux clubs ou aux équipements en dehors du temps scolaire. Pourtant, des inégalités persistent dans l’apprentissage de pratiques fondamentales comme la natation ou la découverte de disciplines sportives diversifiées. Renforcer le sport à l’école, c’est agir dès l’enfance pour la santé, la coopération et l’égalité, en donnant à chaque enfant les bases d’une pratique durable tout au long de la vie.

MESURE-CLÉ

Mobiliser les temps périscolaires et extra-scolaires pour des stages de natation pour les enfants scolarisés à Paris et atteindre un objectif de 100 % des enfants sachant nager avant l’entrée au collège

  • Favoriser les pratiques collaboratives en éducation physique et sportive
  • Faire des associations sportives scolaires des lieux de découverte d’activités rarement proposées et peu médiatisées
  • Développer des partenariats « Découverte du sport » entre les écoles parisiennes et les associations sportives locales
  • Renforcer l’accès des équipements sportifs aux écoles publiques, maintenir et développer des équipements de proximité

La politique sportive municipale souffre d’un manque de coordination, de lisibilité et de dialogue réellement délibératif entre les clubs, les bénévoles et les pratiquants. Les associations sportives, pourtant essentielles au tissu local, manquent souvent de moyens, de reconnaissance et d’outils adaptés.
Renforcer les liens entre la municipalité et le monde sportif est indispensable pour coconstruire une politique sportive efficace, démocratique et ancrée dans les besoins réels.

MESURE-CLÉ

Créer une Assemblée parisienne du sport dotée d’un budget participatif annuel de 10 millions d’euros

  • Déléguer un adjoint au sport populaire par arrondissement dans les mairies d’arrondissement insoumises et œuvrer pour généraliser le dispositif dans chaque arrondissement
  • Municipaliser la piscine Suzanne-Berlioux aux Halles et refuser les délégations de service public pour des infrastructures similaires, comme la piscine du Château-Landon
  • Créer un site internet municipal recensant l’ensemble des offres par discipline et par arrondissement
  • Organiser un événement annuel de découverte des associations sportives à l’échelle des arrondissements, indépendamment des forums des associations
  • Mettre à disposition des clubs sportifs des suites numériques mutualisées pour faciliter la création de sites internet, la gestion administrative et la comptabilité
  • Revaloriser le rôle des gardiens d’équipements sportifs par une hausse des rémunérations et l’instauration de temps d’échanges semestriels avec les adjoints au sport afin de faire remonter les besoins du terrain

Chapitre 18

Pour un service public des arts et de la culture

La culture, les arts et celles et ceux qui les font vivre sont aujourd’hui méprisés par le gouvernement et placés en première ligne face à l’austérité imposée aux collectivités. Le désengagement brutal de l’État, matérialisé par des coupes budgétaires drastiques portées par Rachida Dati, ministre de la Culture et candidate de la droite macroniste à la mairie de Paris, met en péril l’ensemble de l’écosystème artistique. Face à cette offensive, les politiques menées par la majorité socialiste parisienne n’ont pas été à la hauteur : le budget culturel de la Ville a stagné durant la mandature tandis que la privatisation progressive du patrimoine, des lieux et des grands événements culturels s’est accélérée. Le recul de l’État ouvre ainsi la voie à une mainmise croissante d’acteurs privés puissants, qu’il s’agisse de multinationales du luxe ou de groupes détenus par des milliardaires souvent réactionnaires, sur des pans entiers de la vie culturelle parisienne. Reprendre la main sur la politique culturelle suppose de rompre avec cette marchandisation, de mettre fin à la privatisation du patrimoine et des équipements culturels et de garantir aux artistes des conditions de création, de diffusion et de rémunération dignes, stables et pérennes.

MESURE CLÉ

Mettre fin à la mainmise d’entreprises et d’acteurs privés sur le patrimoine culturel parisien, comme LVMH

  • Créer un fonds municipal d’intervention permettant de sauvegarder, par tous les moyens (fonds de garantie, reprise, préemption), les espaces culturels menacés par la spéculation (par exemple le Théâtre l’Auguste dans le 11e arrondissement) ainsi que les librairies indépendantes
  • Mettre à disposition des jeunes éditeurs parisiens une « Pépinière d’éditeurs », locaux municipaux à loyers modérés et aux ressources partagées pour mutualiser les besoins et créer des coopérations organiques entre éditeurs
  • Déclarer les librairies indépendantes « commerce essentiel » et les soutenir contre la pression immobilière, la concurrence du e-commerce international et les menaces à la liberté d’expression
  • Protéger les librairies indépendantes contre les dérives autoritaires et mobiliser un fonds d’aide juridique de 100 000 euros annuels pour aider les librairies faisant l’objet de poursuites ou procédures-bâillons liées à leur activité éditoriale
  • Soutenir les cinémas indépendants parisiens et agir contre des fermetures en mobilisant des leviers tels que la transformation en SCIC (coopérative d’intérêt collectif) voire la municipalisation
  • Appliquer le 1 % artistique, c’est-à-dire la commande d’œuvres d’art dans la construction et la rénovation de chaque bâtiment public sans obliger les artistes à avancer les frais de conception et de réalisation, et prévoir des actions de médiation culturelle autour des œuvres installées
  • Donner les moyens aux structures accompagnées par la municipalité d’acheter, de produire et coproduire les spectacles programmés et limiter ainsi le système de la coréalisation
  • Sortir de la logique des appels à projets et pérenniser le travail des artistes sur des programmations pluriannuelles en augmentant progressivement la part dans le budget dédié au soutien à la création artistique, via des conventions pluriannuelles, de 20 % actuellement à 50 % en fin de mandature
  • Conditionner les subventions à des critères de parité et de diversité dans la programmation
  • Augmenter le nombre d’ateliers-logements à loyer modéré disponibles et inclure les syndicats dans les comités d’attribution
  • Créer un fonds de garantie pour les loyers des artistes non salariés
  • Mettre à disposition d’artistes les lieux vacants pour proposer des espaces de création, de fabrique, de recherche, d’exposition, d’expression, d’universités populaires, permanents ou non
  • Faire appel à des artistes pour l’ensemble de la vie municipale (illuminations, fêtes de quartier ou de ville, projets d’aménagements, etc.)
  • Planifier l’entretien et la valorisation du patrimoine communal, ainsi que la bifurcation écologique des équipements et événements culturels, en coordination avec les autres acteurs publics concernés

Paris est connue mondialement pour sa richesse culturelle, mais cette offre massive demeure largement inaccessible pour une partie importante de la population. Les pratiques culturelles ont reculé ces dernières années dans toutes les catégories sociales, mais de manière particulièrement marquée dans les milieux populaires, accentuant les fractures existantes. Parallèlement, la culture par algorithme promue par les plateformes numériques tend à uniformiser les pratiques. Face à cette logique marchande et standardisée, les communes jouent un rôle déterminant : elles sont les artisanes d’une culture de proximité, du quotidien, ancrée dans les quartiers et accessible à toutes et tous. Encourager la création dans toute sa diversité et permettre à chacune et chacun de développer un rapport sensible au monde :
la Ville de Paris doit incarner une nouvelle étape ambitieuse de la démocratisation culturelle.

MESURE-CLÉ

Favoriser la gratuité et la tarification sociale des équipements culturels avec une politique de médiation ambitieuse pour sensibiliser celles et ceux qui en sont éloignés

  • Développer l’éducation artistique et culturelle de la crèche au collège et l’ouvrir à de nouveaux domaines artistiques en généralisant à tous les établissements scolaires le jumelage avec les structures culturelles de la ville et des compagnies artistiques
  • Permettre à toutes et tous d’accéder à un enseignement et à une pratique artistiques en développant les conservatoires : augmentation des places pour mettre fin au tirage au sort, renforcement de la tarification sociale, prêt de matériel et élargissement des disciplines enseignées
  • Créer et soutenir les lieux d’éducation populaire et de pratiques artistiques, comme les Centres Paris Anim’, la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs et les Maisons des Jeunes et de la Culture, afin de renforcer la mixité culturelle, de réduire les inégalités d’accès aux activités et les écarts de tarification entre les arrondissements, et de développer des partenariats avec les acteurs culturels, associatifs et les artistes locaux
  • Ouvrir de nouvelles médiathèques et artothèques de proximité animées par des personnels en nombre suffisant

Chapitre 19

Repenser notre vie nocturne

À Paris, une partie de la vie nocturne est aujourd’hui captée par une logique de concentration et de rentabilité, qui réduit la diversité des lieux, rend la fête moins accessible et fragilise les initiatives alternatives face aux pressions immobilières et aux arbitrages d’urbanisme. Pour faire de la nuit un espace populaire de création et de socialisation, il faut protéger les lieux existants, faire émerger de nouveaux espaces non exclusivement
commerciaux et soutenir des pratiques festives portées par les habitantes et habitants.

MESURE CLÉ

Soutenir des espaces festifs démarchandisés et les initiatives populaires gratuites

  • Encourager la création de Maisons de la nuit autogérées, inspirées des soziokulturelle Zentren (Allemagne) et des centri culturali (Italie), afin de relier étroitement la culture et la vie sociale dans une perspective de participation active de la population
  • Renforcer le soutien économique et technique aux lieux culturels alternatifs existants, notamment pour l’insonorisation, et mieux les intégrer aux décisions d’urbanisme
  • Créer des salles des fêtes offrant, d’une part, des espaces de création et d’organisation de fêtes collectives portées par des initiatives d’habitants et, d’autre part, une offre de location à tarif solidaire pour des événements privés (anniversaires, mariages, etc.) permettant aussi aux plus précaires de célébrer les moments de la vie

La nuit expose davantage aux violences, aux situations de vulnérabilité et aux risques liés aux consommations, alors même que beaucoup de personnes renoncent à demander de l’aide par crainte, isolement ou absence de repères. Une politique municipale de la nuit doit donc s’appuyer sur la réduction des risques, des dispositifs visibles portés par des personnes formées et des partenariats renforcés avec les associations, afin de permettre à chacune et chacun de faire la fête et de se déplacer en sécurité.

MESURE-CLÉ

Développer un dispositif inspiré de « Demandez Angela » afin de créer un réseau de lieux publics et privés identifiés, formés pour accueillir, protéger et soutenir les personnes victimes de harcèlement de rue

  • Amplifier les partenariats entre les associations spécialisées en réduction des risques et les lieux de fête
  • Financer des dispositifs de testing et analyse de toxicité des substances circulant dans la vie nocturne parisienne, en soutien aux associations actives en milieu festif

Chapitre 20

Répondre aux vrais besoins de sûreté

En France, 94 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque année, et une femme est tuée tous les deux ou trois jours. Les agressions homophobes augmentent chaque année avec 4 800 infractions LGBTIphobes enregistrées en 2024, soit une augmentation de 14 % depuis 2016. Même constat pour les agressions racistes, avec 9 400 crimes et délits à caractère raciste recensés en 2024, soit une hausse annuelle de 11 %. Pourtant, les discriminations et violences sexistes et sexuelles, racistes et LGBTIphobes restent largement sous-
déclarées. L’offensive réactionnaire s’attaque en priorité aux droits des femmes et des personnes LGBTI. À Paris, nous bâtirons une commune résolument féministe et inclusive, véritable cheville ouvrière de l’égalité et de l’émancipation de chacune et chacun.

MESURE CLÉ

Mettre en œuvre un plan municipal de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, incluant la création de 200 nouvelles places d’hébergement d’urgence dédiées

  • Former systématiquement les agents municipaux et les forces de l’ordre municipales à la détection et à la prise en charge des victimes de VSS
  • Créer une cellule municipale de soutien psychologique et d’aide juridique gratuite, accessible 24h/24 et 7j/7, à destination des personnes victimes de violences
  • Développer un réseau d’espaces recevant du public, identifiables par un emblème de type safe place où les femmes et personnes LGBTI peuvent trouver une aide immédiate en cas d’insécurité
  • Mener une étude communale indépendante, inspirée de la méthode de Philadelphie, sur les pratiques policières en matière de VSS, afin d’identifier les biais sexistes (auditions, PV, témoins, examens médico-légaux) et demander à la Préfecture de police un plan d’actions correctrices
  • Créer des places supplémentaires d’hébergement spécialisé pour les auteurs de VSS sous contrôle judiciaire afin que les cours et tribunaux parisiens disposent de solutions pour mettre en œuvre le principe d’inversion de la charge encouragé par la loi depuis 2019, et qui consiste à faire en sorte que les victimes de VSS puissent se maintenir à leur domicile si elles le désirent

Le droit à la sûreté, inscrit à l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et décrit comme « naturel » et « imprescriptible », est un principe fondamental qui doit guider notre action. Pour garantir ce droit, il est essentiel de poursuivre le déploiement d’une véritable police municipale de proximité, formée pour répondre aux besoins réels des habitants, avec pour mission principale d’assurer la tranquillité publique. Afin de briser le mur de méfiance réciproque entre la police et la population, il est crucial de privilégier la prévention, la médiation, l’éducation populaire et de bâtir une relation de confiance avec les citoyens, plutôt que de multiplier des dispositifs sécuritaires inefficaces, et qui, surtout, ne sont pas la raison d’être de la police municipale.

MESURE CLÉ

Créer des antennes de proximité réunissant police municipale, médiateurs, éducateurs et assistants sociaux, au sein des Maisons de quartier

  • Créer trois unités de police municipale spécialisées respectivement dans le tourisme, la santé mentale et les addictions, et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, formées spécifiquement à la prévention et à la médiation dans ces domaines précis
  • Augmenter le nombre d’agents de police municipale afin d’atteindre l’objectif de 3 500 agents réellement formés et déployés
  • Doubler le nombre d’éducateurs spécialisés à horizon 2029, renforcer la filière par la formation diplômante interne et par des bourses aux étudiants, et revaloriser les grilles salariales et indemnités, notamment l’attribution de la NBI (Nouvelle Bonification Indiciaire)
  • Accompagner l’évolution de carrière des policiers municipaux par le passage en catégorie supérieure ou requalification de certains corps, la création de grades et d’échelons supplémentaires et revaloriser les grilles salariales, primes et le régime indemnitaire
  • Déployer un véritable service de médiation en doublant les effectifs des médiateurs de rue à horizon 2029, en les formant à la prévention des rixes et en structurant la filière et l’évolution de carrière.
  • Renforcer et pérenniser le soutien aux clubs de prévention
  • Refuser l’armement létal de la police municipale
  • Demander l’expérimentation du récépissé de contrôle d’identité par la police nationale à Paris, pour lutter contre les contrôles au faciès
  • Négocier avec le préfet de police une révision de la doctrine de maintien de l’ordre et promouvoir la désescalade, principe cardinal de notre doctrine pour la gestion des foules et des manifestations revendicatives ou récréatives
  • Exiger un audit financier et une étude indépendante pour évaluer l’efficacité réelle des dispositifs de vidéosurveillance, à la suite du rapport de la Cour des comptes et interdire toute utilisation de la reconnaissance faciale

Chapitre 21

Reprendre la main sur le foncier commercial pour protéger les commerces de proximité

À Paris, le commerce de proximité est pris en étau par la spéculation foncière. En quinze ans, le taux d’effort des commerçants a en moyenne doublé sans que leur revenu n’augmente au même rythme, illustrant la rupture entre des loyers dictés par la logique financière et la réalité économique de celles et ceux qui font vivre nos quartiers. Cette dérive organise la vacance commerciale (11 % des locaux commerciaux sont vacants et certains propriétaires préfèrent spéculer plutôt que louer), mène à l’uniformisation des rues commerçantes et chasse progressivement les petits commerces au profit de grandes enseignes capables d’absorber des loyers exorbitants. Cette crise n’est pas un accident : elle est le produit direct de la financiarisation de la ville et de l’abandon d’une politique volontariste de maîtrise du foncier commercial par les pouvoirs publics.

MESURE CLÉ

Transformer la foncière détenue par Paris Commerces en foncière publique d’utilité commerciale et productive, avec un objectif ambitieux d’achat de 150 locaux commerciaux privés par an, contre 40 à 50 aujourd’hui et des locaux ou espaces en sous-sols destinés à des activités de production

  • Généraliser le bail commercial d’utilité sociale, et non principalement des baux 3/6/9 comme c’est le cas aujourd’hui
  • Faire baisser les loyers des petits commerces en mettant à disposition des locaux municipaux avec des baux à loyer proportionnel, calculés à 5 % du chiffre d’affaires
  • Encadrer à la baisse les loyers commerciaux des locaux détenus ou contrôlés par la Ville de Paris, en allant au-delà de simples loyers inférieurs au marché
  • Généraliser le recours aux foncières solidaires :
    • Créer un label « Foncière d’Utilité Commerciale » fondé sur des critères objectifs et transparents d’utilité sociale, de pratique de loyers modérés, de sélection éthique des locataires, de clauses anti-spéculatives et de garanties en cas de revente
    • Intégrer les critères de ce référentiel comme exigences dans les appels à projets et partenariats de la Ville

Face à la spéculation et à la vacance organisée, la Ville de Paris ne peut pas être spectatrice. Notre politique s’articulera en trois axes : élargir le droit de préemption, bloquer les ventes spéculatives et associer les habitantes et les habitants aux décisions qui concernent l’avenir commercial de leurs quartiers.

MESURE CLÉ

Recourir au droit de préemption commercial lorsque la vacance dure depuis plus de 6 mois et qu’elle met en péril la vie de quartier et confier l’acquisition à la foncière publique d’utilité commerciale et productive

  • Instaurer un moratoire sur l’ensemble des opérations de vente de surfaces commerciales de plus de 50 m2 appartenant à la Ville de Paris et agir pour l’instaurer également à ses satellites (SEM, bailleurs sociaux) :
    • Instaurer un droit de blocage pour les Conseils de quartier, sous la forme d’un engagement de la Ville de Paris à ne pas poursuivre un projet sans l’aval du Conseil de quartier
    • En cas d’avis défavorable, la décision est suspendue pour une durée de six mois afin de permettre une médiation entre habitants, commerçants et acteurs de la Ville pour trouver des solutions alternatives
  • Étendre le droit de préemption commerciale aux quartiers en forte pression foncière, aux zones où les commerces de proximité disparaissent et aux secteurs touristiques menacés par la mono-activité :
    • Créer un fonds municipal de préemption stratégique anti-spéculatif spécifiquement pour l’acquisition de fonds de commerce ou baux commerciaux
    • Associer les Parisiennes et les Parisiens via les Conseils de quartier à cette politique de préemption
  • Améliorer notre connaissance et notre maîtrise de la vacance commerciale en travaillant pour chaque arrondissement à une carte en ligne de la vacance et des offres commerciales :
    • Renforcer les services de la Ville et organiser un service par arrondissement dont l’objectif serait d’identifier, entrer en relation avec le propriétaire et suivre les dynamiques de vacance commerciale
    • Intégrer les propositions des habitants pour la destination commerciale d’un rez-de-chaussée d’immeuble vacant
  • Inciter les bailleurs à signaler toute vacance commerciale supérieure à 3 mois et conditionner certaines subventions au bon suivi de la vacance

Dans un contexte de spéculation foncière, de gentrification commerciale et d’inégalités croissantes entre acteurs économiques, les aides publiques doivent être la traduction d’engagements clairs et de priorités politiques assumées. Elles doivent cesser de soutenir indistinctement tous les modèles commerciaux et être clairement réorientées vers les commerces de proximité, l’artisanat et les activités utiles à la vie des quartiers et des Parisiennes et Parisiens.

MESURE CLÉ

Fonder une politique sur le « droit à l’accompagnement économique » via un guichet municipal unique d’accompagnement des commerces de proximité et de l’artisanat, afin de simplifier l’accès aux aides et aux démarches réglementaires et d’accompagner les porteurs de projet dans l’évolution de leur modèle vers la coopération et l’utilité sociale ou écologique

  • Permettre une unique subvention par entrée thématique : aide à la rénovation, aide à l’installation, aide à la bifurcation numérique
  • Soutenir les artisans et les commerces essentiels à la vie des quartiers par des aides ciblées sur les coûts fixes (énergie, eau)
  • Mettre en place des aides ciblées, pluriannuelles et conditionnées :
    • Établir une dégressivité selon le chiffre d’affaires afin d’aider davantage les commerces en difficulté
    • Exclure les entités rattachées à un groupe ou à un réseau comptant plusieurs établissements à Paris
    • Conditionner les aides à l’utilité sociale, à certaines destinations commerciales et à des règles de gouvernance ou d’organisation collectives
  • Évaluer et rendre publiques les aides aux grandes enseignes, en réalisant un audit des subventions publiques aux structures commerciales (financements municipaux directs, financements indirects via les associations de commerçants et l’animation de l’espace public, financements régionaux et étatiques)

La politique commerciale municipale doit partir des besoins réels des habitantes et des habitants, et non des seules logiques de marché ou d’opportunité foncière. Si la mairie centrale n’a pas vocation à décider seule de la destination des rez-de-chaussée commerciaux, elle a en revanche la responsabilité de garantir un cadre démocratique, collectif et transparent pour l’orientation des politiques commerciales, ainsi qu’une cohérence d’ensemble à l’échelle de la Ville. Il s’agit de sortir d’une gestion fragmentée et souvent réactive du commerce de proximité, pour construire une véritable stratégie fondée sur les usages, les manques identifiés et les dynamiques sociales propres à chaque quartier.

MESURE CLÉ

Créer des halles de marchés couverts dans les quartiers populaires, associant producteurs locaux, commerces de proximité, recycleries et commerces de seconde main, afin de renforcer l’accès à une offre alimentaire et non alimentaire de qualité, abordable et ancrée localement

  • Passer en société coopérative d’intérêt collectif les marchés découverts et les marchés aux puces de la Ville
  • Renforcer le rôle des Conseils de quartier dans l’identification des besoins commerciaux et la remontée d’informations de terrain, en articulation étroite avec les associations de commerçants et les mairies d’arrondissement
  • Viser l’objectif d’un commerce alimentaire dans un rayon de 500 mètres et au moins un marché alimentaire permanent dans un rayon de 2 kilomètres, pour chaque Parisien à horizon 2032
  • Développer des partenariats avec des acteurs spécialisés en programmation commerciale, et former les agents de la Ville à ces enjeux, pour renforcer l’expertise publique et réduire la dépendance aux acteurs privés
  • Produire un portrait socio-économique et commercial par quartier, croisant données sociales, profils de consommation, typologie des commerces existants et dynamiques observées, afin d’éclairer les décisions publiques et de fonder les politiques commerciales sur des diagnostics partagés

Paris s’est peu à peu transformée en ville vitrine : les ateliers ont reculé, les loyers et la spéculation ont chassé les artisans, et l’économie du quotidien a été remplacée par des activités standardisées tournées vers la rente et le tourisme. Résultat : des savoir-faire disparaissent, des emplois non délocalisables sont perdus et la ville dépend toujours plus de chaînes d’approvisionnement longues, coûteuses écologiquement et fragiles en cas de crise. Le but de notre programme « Produire à Paris » est de remettre de l’activité productive dans Paris intra-muros, au service de la vie de quartier, de la bifurcation écologique et d’une économie populaire au profit des habitants.

MESURE CLÉ

Planifier le développement de filières productives dans Paris intra-muros notamment dans le textile et l’habillement populaire, dans la production cosmétique, dans la production de micro-distilleries, brasseries et productions fermentées artisanales, et dans la production de « champignons de Paris »

  • Élargir les missions de la Foncière Paris Commerce (transformée en foncière d’utilité commerciale et productive) pour lancer le programme « Produire à Paris » et acquérir, réhabiliter et gérer des locaux destinés à la production artisanale (ateliers, bureaux transformables, sous-sols, etc.)
  • Créer un guichet unique « Proximité et Artisanat » spécifiquement dédié aux commerces de proximité, aux artisans et aux entreprises de production afin de leur offrir un accompagnement personnalisé et adapté (mise en conformité énergétique, PMR, hygiène, démarches administratives, bifurcation écologique, tournant numérique, etc.) et leur dégager un maximum de temps pour leur activité
  • Créer des périmètres de sauvegarde et de promotion du commerce et de l’artisanat de proximité dans chaque arrondissement où s’exercera le droit de préemption commercial de la Ville, en concertation avec les Conseils de quartier et mairies d’arrondissement, dans le but de stimuler
    l’installation de commerces à même de préserver la vie de quartier
  • Passer de 37 hectares à 100 hectares du territoire parisien dédiés à l’agriculture urbaine à horizon 2032, en mobilisant des espaces comme la Petite Ceinture et assurer un soutien à la production agricole parisienne par une priorité dans les marchés publics
  • Développer de nouvelles terres agricoles en mobilisant les conventions avec Eau de Paris pour soutenir une agriculture durable et biologique, ce qui permettra également de protéger les nappes phréatiques qui alimentent Paris
  • Planifier la relocalisation de la production des champignons de Paris à Paris
  • Valoriser la production effective et non l’exploitation de l’image de Paris par un label « Véritable produit parisien » et obtenir l’IGP pour les champignons de Paris à horizon 2032

axe 5

PLANIFIER LA BIFURCATION ÉCOLOGIQUE À PARIS

Chapitre 22

Vivre en harmonie avec le vivant

À Paris, le changement climatique rend déjà la vie quotidienne plus difficile. La minéralisation des sols, la densité du bâti et le manque d’ombre transforment de nombreux quartiers en îlots de chaleur étouffants. Les canicules, plus fréquentes et plus intenses, touchent d’abord les personnes âgées, les enfants et les ménages précaires vivant dans des logements mal isolés. Cette situation n’est pas une fatalité. D’autres capitales européennes ont engagé depuis longtemps une transformation profonde de leur urbanisme en redonnant une place centrale au végétal. Les politiques menées jusqu’ici restent insuffisantes, fragmentées et parfois contradictoires : elles continuent d’artificialiser les sols et de favoriser le béton. Nous assumons une rupture en proposant un PLU bioclimatique fondé sur la sanctuarisation de la pleine terre et le principe du « zéro béton inutile ». Adapter Paris au changement climatique, c’est protéger le vivant, améliorer la qualité de vie et faire du droit à la nature un enjeu de santé et de justice sociale.

MESURE CLÉ

Désimperméabiliser et végétaliser 40 % du territoire parisien à horizon 2032

  • Mettre en place une règle verte municipale : plus aucun mètre carré de pleine terre ne pourra être artificialisé
  • Engager une renaturation massive, créer de grands espaces verts et ouvrir au public des espaces verts aujourd’hui fermés, afin de produire plus de 300 hectares d’espaces verts accessibles et d’atteindre 10 m² d’espaces verts par habitant, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé
  • Renforcer les moyens humains et la maîtrise publique de la Direction des Espaces verts et de l’Environnement en mettant fin à l’externalisation (sauf exception pour certaines structures d’insertion par l’activité économique) et en augmentant les recrutements
  • Diviser par deux, d’ici 2032, la quantité de béton utilisée dans les nouvelles constructions pilotées ou financées par la Ville, en révisant les règles de commande publique, en fixant des objectifs contraignants et en soutenant les alternatives (bois, matériaux biosourcés, réemploi), avec des exceptions strictement encadrées lorsque le béton est indispensable
  • Amplifier et accélérer les programmes d’ouverture partielle et de renaturation de la Bièvre et du canal Saint-Martin
  • Accélérer la renaturation en végétalisant en priorité les îlots de chaleur urbains (places fortement minéralisées comme l’Opéra ou République, quartiers les moins dotés)
  • Accélérer la végétalisation citoyenne en augmentant le nombre de jardins partagés, en élargissant l’octroi de permis de débitumisation aux collectifs d’habitants et en développant la végétalisation des toitures
  • Généraliser les cours oasis dans les écoles et les collèges parisiens et à leurs abords afin d’atteindre l’objectif de 100 % d’établissements dotés de cours oasis à horizon 2040
  • Soutenir les collectifs s’opposant à l’artificialisation des sols dans le cadre de projets inutiles à Paris et en Île-de-France (triangle de Gonesse, Jardin d’Aubervilliers, Plateau de Saclay, etc.)
  • Protéger et enrichir le patrimoine naturel parisien : sanctuariser les arbres existants (sauf maladie ou risque majeur) et diversifier les essences
  • Renforcer le plan canicule : systématiser les exercices de prévention des fortes chaleurs et ouvrir des lieux d’accueil dès le niveau 2
  • Permettre aux Parisiennes et aux Parisiens de mieux profiter des bois de Vincennes et de Boulogne en améliorant leur accessibilité et en créant une « ceinture verte » piétonne et cyclable reliant les deux bois

La place accordée aux animaux dans la ville est un révélateur de notre rapport au vivant. À Paris, les animaux sont encore trop souvent considérés comme une nuisance à gérer ou une variable secondaire de l’aménagement urbain, plutôt que comme des êtres sensibles partageant notre environnement. Les politiques publiques restent morcelées, insuffisamment dotées et trop souvent réactives. Pourtant, une autre approche est possible : une ville qui protège les animaux, anticipe les conflits d’usage, privilégie les méthodes non létales et intègre pleinement la biodiversité dans ses choix d’aménagement. Faire de Paris une ville du bien-être animal, c’est reconnaître que la bifurcation écologique ne peut se faire sans une transformation profonde de notre rapport au vivant.

MESURE CLÉ

Faire réellement appliquer la charte en faveur du bien-être animal et produire un bilan annuel public de sa mise en œuvre

  • Développer les lieux où l’on peut laisser son chien sans laisse, dans le respect des autres usagers
  • Soutenir les initiatives visant à mettre fin à la captivité des animaux sauvages à Paris
  • Promouvoir l’alimentation d’origine végétale dans la politique alimentaire municipale
  • Intégrer la biodiversité dans tous les projets d’aménagement urbain par la systématisation de la trame animale, afin de permettre la circulation, la protection et la coexistence de la faune urbaine

Les bois ne sont ni des réserves foncières, ni des zones événementielles, ni des « gisements de biomasse » : ce sont des forêts urbaines, au service du vivant et des usages populaires. Or, avec près de 20 millions de visites par an et des pratiques de coupe parfois trop agressives, les bois parisiens subissent une pression croissante. Nous appliquerons un principe clair de priorité d’usage : d’abord l’écologie (sols, biodiversité, puits de carbone, îlots de fraîcheur), ensuite le social (accès et usages du quotidien), et seulement ensuite l’économique, lorsqu’il est compatible avec les deux premiers. Aujourd’hui, 68 % du bois récolté en France est brûlé. Or, la biomasse n’est pas neutre en carbone et le chauffage au bois est une source de particules fines en Île-de-France. Face au dérèglement climatique, l’enjeu n’est pas d’utiliser le bois comme énergie à outrance, mais de renforcer la résilience de ces forêts urbaines.

MESURE-CLÉ

Décréter un moratoire immédiat sur les coupes rases et engager une transition vers une sylviculture irrégulière à couvert continu, c’est-à-dire qui privilégie la régénération naturelle et des interventions plus diffuses, moins destructrices pour les sols et le microclimat

  • Mettre en place un contrat pluriannuel « mission forêt urbaine » rémunérant l’Office national des forêts (ONF) pour préserver les services écosystémiques (régulation climatique, purification de l’eau, stockage de carbone, etc.) et de gestion écologique plutôt que pour la « rentabilisation » du bois
  • Fixer un objectif de « zéro dégradation nette » des sols forestiers, avec un plan anti-tassement et la restauration des zones déjà dégradées
  • Définir un zonage lisible : zones sanctuarisées pour la biodiversité, zones de promenade apaisée, zones d’usages plus intensifs (comme des zones de loisirs, des pelouses ouvertes ou l’Hippodrome qui sont déjà aménagés)
  • Encadrer strictement les événements se tenant dans les bois, via une charte exigeante et des contrôles effectifs

Paris dépend d’un système d’approvisionnement alimentaire long, fortement émetteur et donc vulnérable à long terme. L’agriculture urbaine n’a pas vocation à nourrir toute la population, mais elle peut jouer un rôle stratégique et pédagogique : développer les circuits courts, réduire les transports, renforcer la résilience face aux chocs internationaux et relocaliser des savoir-faire utiles à la transition écologique. C’est aussi un outil d’adaptation : elle rafraîchit la ville, améliore les sols, renforce la biodiversité et réintroduit du vivant là où il a reculé. Enfin, elle constitue un levier de formation, d’éducation populaire et de lien social. Paris doit donc sortir d’une logique d’appels à projets dispersés et se doter d’une stratégie assumée : une agriculture urbaine publique, planifiée et coordonnée avec les communes voisines.

MESURE-CLÉ

Créer une régie agricole publique parisienne ou intercommunale digne de ce nom, chargée de développer des sites de production et de contractualiser des débouchés solidaires et durables

  • Produire en lien avec la petite couronne, via une régie intercommunale ou un partenariat permettant de mutualiser le foncier, la logistique et les débouchés
  • Articuler l’ensemble des acteurs autour d’un Projet Alimentaire Territorial (PAT)
  • Lancer une filière publique de production de champignons, en s’appuyant sur le potentiel parisien
  • Former aux métiers de l’agriculture urbaine en renforçant les filières existantes (comme l’École Du Breuil) et en soutenant la recherche-action (notamment via AgroParisTech)

Chapitre 23

Traiter et limiter la production de déchets

Le capitalisme et le marché ont sali notre ville. L’externalisation massive de missions essentielles à la propreté vers le secteur privé a fragmenté les responsabilités, affaibli la maîtrise publique et rendu plus difficile une réponse cohérente et efficace aux situations d’insalubrité. Reprendre la main publique sur la propreté et la gestion des déchets est une condition indispensable pour garantir un cadre de vie digne, sain et égalitaire dans tous les quartiers de Paris.

MESURE-CLÉ

Remunicipaliser l’ensemble du service public de la propreté : auditer l’ensemble des délégations de service public (DSP) en cours dès le début de la mandature et programmer leur non-renouvellement, avec préparation en amont de la transition vers les équipes publiques, afin d’atteindre 100 % de gestion en régie municipale à horizon 2030

  • Recruter 300 agents supplémentaires à horizon 2032 et intégrer le personnel volontaire des DSP comme agents municipaux
  • Investir 30 à 40 millions d’euros supplémentaires sur la mandature, grâce notamment aux économies que permettra la remunicipalisation
  • Créer un référent de quartier parmi les agents municipaux, identifié par les habitants comme point de contact privilégié pour toutes les questions de propreté
  • Renforcer le modèle des régies de quartier et créer au moins une régie par arrondissement, via une augmentation des conventionnements et subventions

Le modèle économique dominant repose sur une production massive de déchets, encouragée par le marché et par des pratiques industrielles et commerciales peu soucieuses de l’intérêt général. À Paris, cette logique se traduit par une accumulation de déchets, un recours important à l’incinération et des pollutions qui affectent directement la santé des Parisiennes et des Parisiens, en particulier dans les quartiers populaires. Les fumées des incinérateurs, le gaspillage alimentaire, l’omniprésence du plastique et l’absence de filières de réemploi et de valorisation suffisamment développées sont autant de choix subis plutôt qu’organisés. Pourtant, d’autres trajectoires sont possibles. Réduire à la source la production de déchets, sortir du tout-jetable et construire une économie du réemploi et de la sobriété constituent des leviers majeurs de santé publique et de bifurcation écologique. La municipalité doit assumer un rôle moteur pour fixer des objectifs ambitieux, que le privé ne veut ni ne peut atteindre seul, au premier rang desquels l’objectif du zéro déchet.

MESURE-CLÉ

Tendre vers l’objectif « zéro déchet » à l’échelle municipale

  • Déployer un réseau municipal de consigne pour les bouteilles en verre dans les commerces alimentaires, afin de reprendre en main la collecte, le recyclage, la valorisation et la réutilisation du verre à Paris
  • Généraliser les bacs marron dans toutes les copropriétés de plus de 10 logements pour accroître la collecte des biodéchets, conformément aux obligations légales incombant à la Ville de Paris
  • Réorganiser la restauration collective afin de réduire de 75 % le gaspillage alimentaire et d’éliminer le plastique
  • Mener une politique active auprès de la restauration privée et de loisirs pour atteindre l’objectif « zéro plastique », et accompagner les entreprises et commerçants dans leur bifurcation vers le zéro déchet
  • Déployer des dispositifs de partage des aliments encore consommables, en soutenant les associations de collecte des invendus et en développant des actions d’éducation à la réduction du gaspillage, notamment dans les cantines

Le numérique n’est pas immatériel : il repose sur des terminaux, des métaux, de l’extraction, de l’énergie et de l’eau. À l’échelle mondiale, les déchets électroniques se comptent en dizaines de millions de tonnes et seule une faible part est réellement collectée et recyclée. Or, la fabrication des équipements (smartphones, écrans, tablettes, ordinateurs) représente l’essentiel de l’empreinte environnementale du numérique : prolonger leur durée de vie est donc l’un des leviers les plus efficaces pour réduire les émissions et la pression sur les ressources. Faute de volonté politique, il n’existe pas de filière suffisamment structurée, ni de parcours de formation à la hauteur des enjeux. À Paris, nous ferons du réemploi et du reconditionnement un pilier de la bifurcation écologique.

MESURE-CLÉ

Déployer un maillage important de points de collecte du quotidien (mairies, écoles, équipements municipaux, bibliothèques, etc.) ainsi qu’un circuit pour professionnels permettant d’assurer des collectes régulières

  • Installer des bacs sécurisés pour le « petit numérique » (téléphones, tablettes, accessoires) afin d’éviter la casse et les pertes
  • Signer des conventions avec les entreprises pour récupérer des lots d’équipements et systématiser la collecte lors des renouvellements de parc
  • Créer un mécanisme d’incitation au dépôt, par exemple un bon d’achat pour du matériel reconditionné en échange d’un appareil remis
  • Créer un centre de tri et de reconditionnement conven-
    tionné, chargé du diagnostic, du tri, de la remise en état et de l’orientation vers le réemploi, en partenariat avec les petites entreprises parisiennes et les acteurs de l’ESS
  • Lancer un plan de formation aux métiers de la réparation et du reconditionnement, avec priorité aux publics éloignés de l’emploi et à ceux ayant déjà une expérience du secteur
  • Faire de la commande publique un levier de changement d’échelle, en donnant la priorité au reconditionné sur le neuf, avec des critères exigeants (réparabilité, disponibilité des pièces, éco-conception)
  • Créer un label parisien de qualité et de production solidaire pour garantir des standards transparents (tests, garantie, traçabilité, conditions de production)
  • Mener des campagnes d’information et de sensibilisation sur la collecte, la réparation, le don, la seconde vie et les bons réflexes d’usage

À Paris, la gestion des déchets reste dominée par le « tout incinération » : 82 % des déchets sont encore brûlés, dont 94 % des ordures ménagères, alors qu’une large part pourrait être traitée autrement grâce au tri, au réemploi et à la valorisation des biodéchets. Le recyclage demeure très en retard (17 % des déchets ménagers, loin de la moyenne nationale et de l’objectif légal), en partie parce que le modèle tarifaire du Syndicat mixte central de traitement des ordures ménagères (Syctom) rend l’incinération plus « simple » et moins coûteuse que le tri. Or, ce choix a des conséquences environnementales et sanitaires, notamment autour des incinérateurs, et enferme la Ville dans un système peu compatible avec une stratégie zéro déchet. Paris, premier contributeur du Syctom, a le poids politique pour impulser une trajectoire de sortie progressive et planifiée de l’incinération.

MESURE CLÉ

Utiliser le poids politique de Paris au sein du Syctom pour bâtir une coalition de municipalités volontaires en faveur d’un plan de sortie de l’incinération, incluant un moratoire sur toute nouvelle capacité, un calendrier de fermeture des lignes les plus anciennes (Ivry, Issy) et un plafonnement décroissant des tonnages incinérés (- 4 à – 5 % par an)

  • Renégocier le contrat d’objectifs Paris-Syctom pour y intégrer l’objectif « zéro incinération » et des trajectoires contraignantes sur les biodéchets, le recyclage et le tri

  • Investir massivement dans des centres de tri haute performance

  • Valoriser 100 % des biodéchets en biométhane

Paris compterait aujourd’hui entre 4 et 6 millions de rats : un chiffre en hausse de 50 % depuis 2015. Cette prolifération, alimentée par les déchets alimentaires au sol, la collecte insuffisamment rapide après certains événements et un environnement urbain favorable (égouts, caves, chantiers) est devenue un symptôme visible de l’échec des politiques de propreté. C’est aussi un enjeu de santé publique. Les réponses actuelles, souvent ponctuelles et mal coordonnées, ne suffisent pas à réduire durablement la présence de rongeurs. Il faut donc passer à une stratégie municipale structurée et évaluée, combinant sécurisation des déchets, interventions rapides et méthodes respectueuses de la sensibilité animale.

MESURE CLÉ

Porter le budget dédié à 15 millions d’euros par an et intervenir dans les 24h après signalement effectué sur le site internet de la Ville (espace « Alerte rongeurs »)

  • Privilégier des méthodes respectueuses de la sensibilité animale en accélérant la rupture avec les pratiques létales de masse et soutenir le développement de solutions non violentes, fondées sur la prévention, la réduction des sources de nourriture et des alternatives non létales, en lien avec les associations de protection animale
  • Installer des grillages anti-remontée sur 10 000 plaques d’égouts à horizon 2032 afin de neutraliser la remontée de rongeurs depuis les égouts de la ville (une des sources majeures de prolifération)
  • Renforcer la collecte et le nettoyage dans l’heure après les marchés
  • Intégrer des clauses d’intervention et d’hermétisation dans les conventions pluriannuelles liant la Ville aux bailleurs sociaux

Chapitre 24

Libérer l’espace public

La publicité commerciale envahit l’espace public parisien. Plus de 45 000 panneaux publicitaires, écrans lumineux et mobiliers urbains publicitaires saturent les rues de messages incitant à la surconsommation. Cette pollution visuelle n’est pas neutre : elle contribue à la marchandisation de l’espace commun, participe au gaspillage énergétique, promeut des biens et services climaticides (SUV, fast-fashion, produits ultra-transformés) et véhicule massivement des stéréotypes sexistes. Pire encore, la ville vend les « cerveaux disponibles » de ses habitantes et habitants aux grandes marques via les contrats avec les régies publicitaires, transformant chaque trajet quotidien en exposition forcée à la propagande marchande. À l’heure où Paris prétend s’engager dans la bifurcation écologique et la lutte contre les inégalités, il est contradictoire de financer des services publics par la promotion de la surconsommation et de modes de vie incompatibles avec les limites planétaires. Il faut réduire la publicité dans l’espace public afin d’en sortir progressivement.

MESURE CLÉ

Réviser le Règlement local de publicité de la Ville de Paris (RLP) dès le début du mandat pour le rendre réellement plus restrictif, en visant une réduction drastique de la présence publicitaire dans l’espace public parisien

  • Interdire totalement la publicité aux abords de certaines zones : abords des écoles, crèches et établissements accueillant des enfants, espaces verts et parcs
  • Ne pas renouveler les contrats de mobilier urbain publicitaire arrivant à terme et reprendre progressivement en régie publique la gestion de l’ensemble des mobiliers urbains (abribus, colonnes Morris, mâts porte-affiches, « sucettes »)
  • Supprimer en priorité les « sucettes » (mobiliers urbains d’information) dont la fonction principale est publicitaire et non informative
  • Refuser tout financement des services publics par la publicité commerciale
  • Transformer progressivement les espaces publicitaires existants en supports d’affichage culturel, associatif, citoyen et d’expression libre, en garantissant un accès équitable à toutes les associations et collectifs d’habitants
  • Réécrire le RLP pour réduire drastiquement la taille maximale autorisée des bâches publicitaires et encadrer strictement leur implantation (surface, durée, localisation), hors bâches recouvrant les monuments historiques qui relèvent du ministère de la Culture
  • Faire respecter rigoureusement la réglementation existante en renforçant les moyens de contrôle et en systématisant les relevés d’infractions
  • Porter au niveau national une loi « Évin Climat » interdisant la publicité pour les industries fossiles, les SUV et les produits et services incompatibles avec les objectifs climatiques, sur le modèle de la loi Évin encadrant la publicité pour l’alcool et le tabac

La nuit n’existe plus à Paris. L’éclairage public excessif, les enseignes lumineuses, les publicités et les vitrines éclairées en continu participent à une pollution lumineuse massive qui dégrade la qualité du sommeil, perturbe les rythmes biologiques et nuit à la biodiversité. Cette surexposition à la lumière artificielle touche en particulier les habitants des quartiers denses et populaires, ainsi que ceux qui travaillent en horaires décalés. Pourtant, des solutions existent pour concilier sécurité, sobriété énergétique et respect des cycles naturels. Défendre un droit à la nuit, c’est protéger une condition essentielle de la santé, du bien-être et de la qualité de vie en ville.

MESURE CLÉ

Faire reconnaître la qualité de la nuit et du ciel comme un enjeu environnemental, sanitaire et culturel

  • Fixer une stratégie municipale de réduction de la pollution lumineuse, fondée sur une cartographie participative de l’éclairage, des objectifs chiffrés et contraignants, et des règles d’extinction ou de modulation adaptées aux usages et à la sécurité
  • Développer un volet éducatif et culturel valorisant la nuit comme bien commun écologique, sanitaire et social
  • Réviser le Règlement local de publicité pour restreindre drastiquement les publicités numériques et lumineuses : interdiction dans les zones résidentielles et aux abords des écoles, suppression sur le mobilier urbain municipal, extinction obligatoire de 22h à 7h et encadrement strict des dispositifs en vitrine orientés vers l’espace public

La pollution sonore est l’une des premières causes de
dégradation de la qualité de vie à Paris. Bruits de circulation, moteurs, sirènes, chantiers, activités nocturnes : pour de nombreux Parisiens, le silence est devenu un luxe inaccessible. Cette exposition permanente au bruit a des conséquences sanitaires avérées : troubles du sommeil, stress chronique, maladies cardiovasculaires, difficultés de concentration. Les quartiers les plus populaires et les établissements sensibles comme les écoles, les hôpitaux ou les EHPAD sont souvent les plus exposés. Malgré l’existence de réglementations, le bruit reste insuffisamment mesuré, mal contrôlé et rarement traité de manière préventive. Défendre un droit au silence, ce n’est pas nier la vie urbaine, mais organiser collectivement un cadre sonore compatible avec la santé, le repos et la qualité de vie.

MESURE CLÉ

Créer un droit à la tranquillité sonore dans la charte parisienne de l’environnement, incluant un droit d’alerte citoyen sur les nuisances excessives et un appui aux Conseils de quartier pour la remontée des incidents

  • Réaliser une cartographie précise des zones de pollution sonore afin de cibler les politiques locales de réduction du bruit, en priorisant les zones résidentielles et les établis-
    sements sensibles
  • Étendre le réseau de capteurs sonores intelligents (type Hydre) dans les zones les plus exposées, afin de mesurer, qualifier et tracer le bruit excessif, et publier des bilans trimestriels accessibles aux citoyens
  • Engager une campagne de sensibilisation et de formation sur la pollution sonore et ses effets nocifs sur la santé
  • Agir en lien avec la préfecture afin de mieux encadrer l’usage des sirènes des véhicules d’urgence, en particulier la nuit en zone dense, et expérimenter des technologies de sirènes directionnelles et adaptatives permettant de limiter la dispersion sonore, sans jamais porter atteinte à la sécurité des interventions
  • Étendre les plages horaires de tranquillité urbaine et interdire les chantiers et travaux bruyants à partir de 20 heures en semaine (au lieu de 22 heures actuellement) et à partir du samedi midi le week-end (au lieu du dimanche actuellement)
  • Créer une brigade municipale du bruit composée d’agents formés aux méthodes de prévention, de médiation et de conciliation, équipés de sonomètres et en mesure d’être déployés en soirée dans les quartiers les plus concernés par les nuisances sonores
  • Privilégier des enrobés phoniques renforçant la réduction du bruit de roulement des véhicules dans les projets de rénovation de la voirie
  • Expérimenter des zones à faibles émissions sonores dans certaines zones (quartiers résidentiels, abords d’hôpitaux et d’EHPAD) avec interdiction de circuler de nuit pour les véhicules les plus bruyants, horaires réduits pour chantiers et travaux, nouveaux équipements de climatisation et chauffage soumis à des obligations renforcées en termes d’insonorisation et priorisation de bennes silencieuses pour la collecte de déchets

Paris accueille plus de 30 millions de touristes chaque année, générant près de 90 000 emplois directs et des centaines de milliers d’emplois indirects. Pourtant, le modèle touristique actuel produit de profonds déséquilibres. La concentration massive des flux dans quelques secteurs — Marais, Champs-Élysées, Montmartre — dégrade la qualité de vie, évince les commerces de proximité au profit d’enseignes standardisées et accentue les nuisances. Les 137 000 résidences secondaires, dont une part importante détournée en locations touristiques, aggravent la crise du logement.

Dans le même temps, de nombreux quartiers populaires restent à l’écart des flux et de leurs retombées économiques, tandis que le patrimoine ouvrier, les cultures populaires et l’histoire sociale de Paris demeurent largement invisibilisés. L’espace public est de plus en plus soumis à des logiques de marchandisation et d’attractivité touristique au détriment des usages quotidiens des habitants. Nous affirmons une ligne claire : Paris doit rester une ville à vivre, pas une ville à consommer. Cela implique de lutter contre les causes et les conséquence du surtourisme, de reprendre la main sur les flux et les usages, avec des règles strictes sur les hébergements touristiques, un encadrement ferme des activités saturant l’espace public (nuisances, cars, files), et des plans quartier par quartier dans les zones en surfréquentation pour la propreté, le bruit, l’occupation de l’espace et la diversité commerciale.

MESURE CLÉ

Valoriser le patrimoine populaire et mémoriel en créant des musées de quartier, comme par exemple un musée intercommunal avec Saint-Ouen et Aubervilliers dans le 18e arrondissement, en agrandissant et modernisant le musée de la Commune de Paris, en développant des parcours de mémoire sur les luttes sociales et l’histoire ouvrière

  • Créer 20 nouveaux circuits touristiques valorisant le patrimoine des quartiers populaires avec une signalétique multilingue, des guides locaux formés et rémunérés dignement, et une application municipale gratuite
  • Lutter contre la désertification commerciale dans les zones touristiques en privilégiant l’implantation de commerces de proximité répondant aux besoins identifiés de la population
  • Soutenir l’artisanat d’art parisien en mettant à disposition des ateliers-boutiques dans des locaux municipaux à loyers modérés et en créant des parcours de découverte des métiers d’art
  • Travailler avec les Conseils de quartier à un meilleur partage de l’espace public en les associant aux décisions relatives à la politique touristique locale et en engageant une réflexion sur les arrêts et les parcours de cars touristiques dans Paris
  • Assurer la continuité urbaine entre Paris et ses villes mitoyennes via des passerelles piétonnes et cyclables
  • Multiplier les équipements de convivialité (bancs, fauteuils, fontaines), les animations et les manifestations populaires, comme les marchés de producteurs locaux
  • Viser un objectif d’un équipement de repos tous les 50 mètres dans chaque rue de la capitale
  • Mettre en place une cartographie des reposoirs publics, accessible en ligne et via une application mobile en plusieurs langues, mais aussi en version papier dans les mairies d’arrondissement et lieux publics. Cette cartographie sera pensée pour être utilisable par tous : lisible, contrastée et compatible avec les outils de lecture vocale et de géolocalisation des personnes déficientes visuelles

Chapitre 25

Accompagner et orienter les pratiques de mobilités

Les transports revêtent aujourd’hui un caractère crucial dans l’organisation économique et sociale de la Ville. Alors que Paris est une des premières collectivités contributrices au financement du réseau avec, chaque année, plus de 400 millions d’euros de subventions à Île-de-France Mobilités, la majorité sortante a été incapable de peser face à la droite régionale. En découle une casse de notre service public des transports et une hausse de ses tarifs. Le pass Navigo a ainsi augmenté de + 18 % entre 2021 et 2025 lorsque le forfait Imagine R a lui connu une hausse de + 10 % en 10 ans. Avec nous, la Ville deviendra un vrai contre-pouvoir à la politique de casse des transports collectifs conduite par Valérie Pécresse et sa majorité régionale.

MESURE CLÉ

Engager le rapport de force avec la Région Île-de-France et Île-de-France Mobilités pour permettre le gel des tarifs de l’ensemble des titres et abonnements de transport

  • Renégocier l’accord de financement des transports qui prévoit une hausse continue et annuelle des tarifs jusqu’en 2031
  • Lutter avec les salariés, les syndicats et les usagers contre la privatisation en cours des transports et le démantèlement de la RATP

Ces 10 dernières années, le réseau de bus parisien a été complètement abandonné tant par la majorité socialiste que par Île-de-France Mobilités. Il connaît d’ailleurs une chute de sa fréquentation de 29 % entre 2019 et 2023. Le bus reste pourtant un moyen de transport essentiel à Paris, notamment pour les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite et les habitants des quartiers mal desservis par le métro. Il constitue souvent le seul lien direct entre certains quartiers périphériques et le centre de la capitale. Le réseau de bus Traverses joue également un rôle précieux dans la mobilité de proximité à Paris. Conçu pour desservir les quartiers peu accessibles par le métro ou le tramway, il facilite les déplacements du quotidien des personnes âgées, familles et habitants des zones périphériques. Pourtant, aujourd’hui, moins de 10 % de la ville est couverte par ce réseau de proximité.

MESURE CLÉ

Déployer et renforcer le réseau actuel des Traverses présents dans les arrondissements périphériques de Paris où la topographie, les ruptures urbaines ou l’éloignement des stations de métro rendent les déplacements du quotidien difficiles, en augmentant leur fréquence et en élargissant leurs horaires

  • Engager le rapport de force avec Île-de-France Mobilités pour augmenter la fréquence de l’offre de bus

  • Étudier les possibilités de mise en place de corridors de bus continus sur certains axes majeurs de la Ville, avec sites propres réels, feux prioritaires et carrefours réorganisés

Se déplacer à Paris reste trop souvent synonyme de contraintes, d’inégalités et de perte de temps. Les personnes à mobilité réduite, les familles, les personnes âgées ou en situation de handicap continuent de faire face à des obstacles quotidiens dans l’espace public et les transports. On nous a promis la ville du quart d’heure : nous en ferons une réalité. Chacun doit pouvoir accéder à ses besoins essentiels à proximité de son domicile.
À quoi bon payer un loyer toujours plus élevé si l’on doit perdre des heures dans les transports ? Garantir des déplacements accessibles, c’est permettre aux Parisiennes et aux Parisiens de vivre pleinement leur ville, sans dépendance à la voiture et sans être assignés à leur quartier.

MESURE CLÉ

Porter l’accessibilité universelle du réseau de transports francilien en négociant avec Île-de-France Mobilités un calendrier accéléré et un cofinancement augmenté

  • Accorder le Pass Paris Access’ à l’ensemble des personnes en situation de handicap détentrices d’une Carte Mobilité Inclusion ou de reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH) sans condition de ressources et après un an de résidence au lieu de trois années comme actuel-
    lement exigé par la majorité sortante
  • Actualiser le Plan de mise en accessibilité de la voirie (PAVE) et publier chaque année un état d’avancement débattu publiquement lors du Conseil de Paris avec imposition d’un calendrier clair de mise en conformité de la voirie pour atteindre l’objectif de trottoirs 100 % accessibles à horizon 2032
  • Garantir à chaque Parisien un accès en moins de quinze minutes à ses besoins essentiels grâce à la planification urbaine, aux politiques de logement et aux services publics de proximité
  • Transformer les bandes cyclables sur trottoirs en pistes sécurisées sur chaussée afin de protéger les piétons et les cyclistes
  • Équiper l’ensemble du parc social de stationnements sécurisés pour vélos, trottinettes et poussettes

La circulation automobile continue de peser lourdement sur la qualité de vie à Paris. Pollution de l’air, nuisances sonores, îlots de chaleur et congestion permanente affectent le quotidien des Parisiennes et des Parisiens. La voiture occupe encore environ 50 % de l’espace public parisien, une place totalement disproportionnée au regard de son usage réel : elle ne représente que 4 % des déplacements à Paris, contre 53 % pour la marche et 11 % pour le vélo. Être bloqués dans les bouchons, entassés dans des bus bondés ou enfermés dans son quartier ne peut plus être une fatalité. À la mairie, nous agirons pour garantir la liberté de circuler pour toutes et tous, dans une ville apaisée, respirable et accessible. Réduire la place de la voiture ne signifie pas restreindre les mobilités, mais libérer l’espace public pour la vie de quartier et d’autres types de mobilités.

MESURE CLÉ

Mieux réguler la circulation pour réduire durablement les embouteillages, en développant davantage le pilotage intelligent des feux de circulation, en repensant les plans de circulation aux points noirs de congestion et en développant des rues à usages et horaires modulables selon les besoins des quartiers

  • Impulser une concertation avec l’État, la Région, la Métropole et les communes concernées sur l’avenir du boulevard périphérique, des portes et des autoroutes urbaines, afin qu’ils ne constituent plus une frontière avec la petite couronne et d’engager leur transformation progressive en boulevards urbains. Dans l’attente de cette mutation, renforcer le déploiement des dispositifs de réduction des nuisances, en concertation étroite avec les habitantes et habitants concernés : murs anti-bruit, enrobés phoniques et techniques de réduction de la pollution
  • Créer des « Quartiers libres » : îlots de vie végétalisés, rues et placettes conviviales, conçus avec les habitants via une révision du plan de circulation
  • Réduire fortement l’emprise du stationnement en surface
    en le réservant prioritairement aux personnes à mobilité réduite et aux usages professionnels indispensables
  • Développer une politique ambitieuse de stationnement souterrain public, avec reprise progressive du parc privé en régie municipale à l’échéance des concessions et une baisse de la tarification
  • Mettre en place une plateforme publique et centralisée de réservation de stationnement pour réduire la congestion et les circulations inutiles
  • Étendre et multiplier les journées « Paris Respire » afin de libérer ponctuellement les rues de la circulation
  • Élaborer un plan d’action prioritaire contre les « points noirs environnementaux », en ciblant en priorité les quartiers populaires les plus exposés aux nuisances et aux pollutions
  • Expérimenter cinq quartiers « piétons d’abord » dès 2027 où la durée du feu vert piéton sera rallongée et où la règle sera le feu vert piétons et l’exception le feu vert véhicules grâce à l’installation de capteurs de véhicules

Plus de la moitié des déplacements à Paris se font à pied : la marche doit donc rester la priorité de l’aménagement urbain. Mais le vélo constitue un levier majeur de santé publique, de bifurcation écologique et d’amélioration du cadre de vie. Son accès reste pourtant inégal. Trop de Parisiennes et de Parisiens renoncent encore à pédaler par manque de sécurité, de formation ou d’équipements adaptés. Le pari cycliste doit être ambitieux et respectueux de tous : des infrastructures continues et sécurisées, un apprentissage accessible à tous les âges, un accès facilité au matériel et une reconnaissance des métiers du vélo. Une ville réellement cyclable est une ville plus juste, plus apaisée et plus libre — y compris pour les piétons.

MESURE CLÉ

Créer une régie publique du vélo, en agissant pour mettre fin au contrat actuel de Vélib’ Métropole, afin d’en faire un véritable service public : baisse des tarifs, développement d’une tarification sociale, garantie de vélos fiables, de stations pleinement opérationnelles et d’une meilleure sécurité des usagers

  • Créer une école municipale du vélo, ouverte à tous les âges, et généraliser l’apprentissage du « savoir rouler » dans toutes les écoles municipales afin d’apprendre, pratiquer et gagner en autonomie
  • Augmenter les aides municipales à l’achat de vélos et soutenir les ateliers de réparation de proximité et les bourses aux vélos
  • Garantir un accès à la nature sans dépendre de la voiture, en développant, en lien avec la Région Île-de-France, des liaisons cyclables continues vers les forêts, rivières et lieux de baignade
  • Mettre en place un service municipal de prêt de vélos pour enfants et adolescents, permettant aux familles d’adapter le matériel à la croissance des enfants sans surcoût
  • Soutenir financièrement, matériellement et administrativement les acteurs de l’éducation populaire, de la jeunesse et du sport qui développent des pratiques cyclistes accessibles à toutes et tous : balades, sorties nature, vacances à vélo
  • Valoriser les métiers du vélo en s’appuyant sur l’insertion par l’activité économique, l’ESS et les structures à but d’emploi, et créer une coopérative d’activité et d’emploi dédiée aux métiers du vélo

Plus d’un an après la mort de Paul V., cycliste de 27 ans écrasé sur une piste cyclable parisienne par un SUV, le choc reste vif. À Paris, la cohabitation entre piétons, cyclistes, deux-roues motorisés et voitures demeure source d’accidents graves. En 2024, 433 personnes ont été tuées ou grièvement blessées sur la route dans Paris. Les cyclistes représentent 22 % des personnes accidentées et cette part est en hausse, tandis que les piétons demeurent très fortement exposés, avec près d’un quart des victimes de la circulation, soit 148 personnes tuées ou blessées graves. Malgré l’essor des mobilités actives, l’espace public n’est donc pas encore sécurisé partout, notamment aux abords des écoles et sur les itinéraires les plus fréquentés. Réduire drastiquement les comportements dangereux et traiter les points noirs de la circulation doit devenir une priorité municipale.

MESURE CLÉ

Faire de Paris une ville « 0 tué, 0 blessé grave »

  • Prioriser les contrôles de la police municipale contre les comportements les plus dangereux : refus de priorité, dépassements agressifs, stationnements dangereux
  • Sécuriser en priorité les carrefours et axes identifiés comme les plus dangereux à pied et à vélo, comme les boulevards Magenta et de Sébastopol
  • Sanctuariser les budgets d’investissement et de maintenance vélo pour garantir une ville sûre pour les cyclistes, malgré les coupes budgétaires de l’État
  • Rendre systématiques les déviations protégées pour cyclistes et piétons lors des chantiers

La multiplication des services de livraison a profondément transformé l’espace public parisien. Pensé pour maximiser le profit, ce modèle repose sur une exploitation sociale massive des livreurs, souvent privés de statut protecteur, sous-payés, surexposés aux risques routiers, sans accès à des lieux de repos, à des sanitaires ni à de véritables droits collectifs, et pour certains sans titre de séjour et surexploités pour cette raison. Dans le même temps, cette logistique urbaine dérégulée engendre de lourdes nuisances pour les Parisiennes et les Parisiens : bruit, circulation désorganisée, occupation des trottoirs et des pistes cyclables, livraisons nocturnes incompatibles avec le droit au repos. Ces deux réalités sont indissociables : une livraison qui maltraite celles et ceux qui travaillent est aussi une livraison qui dégrade la vie de quartier. Livrer autrement, c’est donc repenser en profondeur la logistique parisienne afin de réduire les nuisances, organiser des modes de livraison sobres et non polluants, et garantir des conditions de travail dignes, sûres et respectueuses des droits fondamentaux.

MESURE CLÉ

Soutenir les Maisons des Livreurs par un financement public pérenne et exiger une contribution financière des employeurs, afin de garantir un accès à l’assistance juridique, à la prévention routière, aux consultations médicales et à la formation

  • Utiliser tous les leviers municipaux pour obtenir la régularisation des travailleurs sans papiers, condition indispensable de leur accès effectif aux droits, notamment en dénonçant la circulaire Retailleau
  • Soutenir les luttes syndicales des travailleurs du vélo, y compris au sein des opérateurs soutenus par la Ville
  • Soutenir activement les coopératives de livraison à vélo par le biais des clauses sociales et environnementales de la commande publique, ainsi que par l’aide à l’installation dans les sites d’activité appartenant à la Ville
  • Déployer un réseau de sanitaires publics, de toilettes accueillantes et d’abris légers protégés de la pluie afin de répondre aux besoins fondamentaux des travailleurs
  • Lancer, en lien avec les communes voisines, un plan métropolitain de logistique urbaine repensé priorisant la cyclologistique (vélos cargos) et le transport fluvial et ferroviaire
  • Créer des zones de livraison apaisées, accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, réservées aux véhicules électriques, à hydrogène et à la cyclologistique, pour faire de la livraison du dernier kilomètre un enjeu central d’aménagement et réduire la pollution, le bruit et la congestion
  • Négocier une réglementation plus stricte des horaires de livraison en véhicules thermiques afin de préserver le droit au repos des habitants
  • Protéger les trottoirs et les pistes cyclables de toute occupation abusive par les véhicules de livraison
  • Dénoncer la convention d’occupation du domaine public accordée à Lime (groupe Uber) afin de faire pression sur son activité de livraison de repas Uber Eats et ses pratiques sociales
  • Mettre en place une offre municipale mutualisée de vélos-cargos, adossée à des petits entrepôts de quartier intégrant des espaces de repos pour les livreurs

Chapitre 26

Engager la bifurcation vers la sobriété et les énergies renouvelables

Paris reste aujourd’hui largement dépendante d’énergies produites ailleurs, majoritairement d’origine nucléaire et fossile. Pourtant, la capitale dispose d’un potentiel important pour développer des énergies renouvelables locales, notamment le solaire photovoltaïque et thermique sur les toitures, la géothermie, la récupération de chaleur fatale ou encore la méthanisation des déchets organiques. Le développement de ces filières permettrait de réduire la dépendance énergétique de Paris, de renforcer la souveraineté énergétique locale, de créer des emplois non délocalisables et de contribuer à la lutte contre le changement climatique. Cette bifurcation énergétique ne pourra toutefois se faire sans une volonté politique forte, des investissements publics massifs et une planification démocratique permettant d’associer les Parisiennes et les Parisiens aux choix structurants.

MESURE CLÉ

Créer une société publique locale de production d’électricité, Énergie de Paris, sur le modèle d’Eau de Paris, pour déployer des panneaux photovoltaïques sur toutes les toitures parisiennes qui s’y prêtent, sans porter atteinte à l’esthétique, notamment sur les écoles, les crèches, les gymnases et les logements sociaux, et inciter fortement leur déploiement sur les bâtiments privés

  • Développer la géothermie profonde et de surface pour le chauffage et la climatisation des bâtiments publics et des écoquartiers
  • Récupérer et valoriser davantage la chaleur fatale issue des centres de données, des stations de métro, des usines d’incinération et des eaux usées afin d’alimenter le chauffage des logements et des équipements publics
  • Refuser tout nouveau projet d’infrastructure énergétique reposant sur les énergies fossiles, notamment le gaz et le pétrole
  • Développer la méthanisation des biodéchets en petite couronne et dans les stations d’épuration pour produire du biogaz francilien et réduire les volumes incinérés, en complément du compostage de proximité
  • Assurer un chauffage urbain au service de l’intérêt général : imposer transparence, contrôle des coûts et de la qualité, et garanties sociales dans la Société d’économie mixte à opération unique (SEMOP) issue de la transformation de la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), avec renégociation du contrat

Le secteur du bâtiment représente près de 45 % de la consom-
mation énergétique parisienne et une part majeure des émissions de gaz à effet de serre. Or, le parc parisien est massivement mal classé sur le plan énergétique : une part très importante des logements et bâtiments se situe encore en catégories D, E et F, et dans certains segments du parc privé ancien, les classes E et F demeurent largement majoritaires, tandis que les logements réellement performants (A, B ou C) restent minoritaires. Cette réalité concerne aussi bien les logements que de nombreux locaux et bâtiments publics.

Isolation défaillante, systèmes de chauffage obsolètes, menuiseries vétustes : ces passoires énergétiques pèsent lourdement sur les factures des Parisiennes et des Parisiens, sur les finances municipales, aggravent la précarité énergétique et freinent la bifurcation écologique de la capitale. La rénovation énergétique est donc un impératif écologique, social et économique. Pourtant, les rythmes actuels restent très insuffisants : les dispositifs publics sont sous-dimensionnés, complexes et trop souvent captés par les ménages les plus aisés. Paris a besoin d’un véritable choc de rénovation énergétique.

MESURE CLÉ

Créer une grande école métropolitaine des métiers de la rénovation thermique afin de rattraper le retard et sortir de la pénurie de main-d’œuvre, en lien avec l’École des Ingénieurs de la Ville de Paris

  • Accompagner les démarches de rénovations énergétiques pour les biens confiés à la régie publique de gestion locative en mobilisant l’ensemble des aides européennes, nationales et régionales auxquelles le bailleur est éligible
  • Conditionner les aides de la Ville à l’utilisation renforcée de matériaux biosourcés, accélérer la transition des bailleurs sociaux vers l’utilisation de matériaux biosourcés et renforcer l’obligation de recours aux matériaux biosourcés dans la commande publique pour atteindre 50 % à horizon 2032
  • Lancer un audit sur l’état, l’avancée et l’efficacité des rénovations chez les bailleurs sociaux de la Ville de Paris
  • Accélérer le plan de rénovation énergétique de l’ensemble des bâtiments publics parisiens, en commençant par les écoles, les crèches, les équipements sportifs et les logements sociaux, avec l’objectif d’atteindre le niveau bâtiment basse consommation d’ici 2035 (contre 2050 prévu aujourd’hui)

Chapitre 27

Protéger la ressource en eau et garantir sa qualité

L’eau potable distribuée à Paris provient en grande partie de ressources éloignées, notamment en Champagne et en Bourgogne, et transite par des aqueducs construits il y a plus d’un siècle. Le changement climatique fragilise durablement ces ressources, avec la multiplication des sécheresses, la baisse du niveau des nappes phréatiques et la persistance de pollutions agricoles et industrielles. Dans le même temps, le réseau de distribution parisien connaît des pertes importantes liées aux fuites, estimées à près de 7 % de l’eau distribuée. La qualité de l’eau est également menacée par la présence croissante de micropolluants, tels que les pesticides, les résidus médicamenteux ou les PFAS. Protéger la ressource en eau, améliorer durablement sa qualité et réduire le gaspillage constituent donc des enjeux vitaux pour garantir l’accès à une eau saine aux Parisiennes et aux Parisiens et préparer l’avenir de la capitale.

MESURE CLÉ

Consacrer symboliquement la Seine comme bien commun et mieux utiliser son potentiel, en renaturant et végétalisant massivement ses berges

  • Lancer un plan d’urgence de rénovation du réseau de distribution d’eau afin de réduire de moitié les fuites d’ici 2035
  • Investir dans des systèmes de filtration avancés pour éliminer les micropolluants et garantir une eau de qualité irréprochable
  • Systématiser la récupération des eaux de pluie pour l’arrosage des espaces verts, le nettoyage des rues et alimenter les toilettes publiques et celles des bâtiments publics
  • Renforcer le réseau parisien d’eau non potable, en mobilisant pleinement les réservoirs existants (Grenelle, Passy, etc.), pour le nettoyage, l’arrosage et le rafraîchissement urbain, afin de lutter contre les îlots de chaleur, préserver l’eau potable et faire de l’eau un bien commun au service de la santé et du climat

axe 6

PARIS, VILLE OUVERTE

Chapitre 28

Construire des relations avec les villes voisines

Créée pour réduire les inégalités territoriales, la Métropole du Grand Paris est devenue une instance technocratique inutile et dépolitisante, ajoutée à un empilement institutionnel déjà illisible. Cela renforce le sentiment de défiance des citoyens à l’égard d’un mille-feuille territorial jugé inefficace et budgétivore. Les communes de la petite couronne sont déjà organisées en intercommunalités : la MGP ne fait que surplomber ces structures, sans compétences opérationnelles supplémentaires, ni capacité d’action concrète. Sa gouvernance neutralise toute possibilité de choix alternatifs et conduit à privilégier des politiques d’attractivité économique internationale, de grands projets et la communication, au détriment de la lutte contre les inégalités sociales et territoriales ou des enjeux écologiques. La MGP concentre le pouvoir entre les mains de quelques maires, marginalise les communes populaires, invisibilise les femmes dans les exécutifs et confisque le débat démocratique. Privée de légitimité démocratique directe, éloignée des citoyens, elle vide le débat politique de sa substance et organise l’impuissance publique. Elle incarne ainsi les dérives de la métropolisation libérale : concurrence entre territoires, éloignement des services publics et impuissance politique organisée.

MESURE CLÉ

Défendre le modèle d’une coopération volontaire entre Paris, les communes, les intercommunalités et les départements de la petite couronne fondée sur des projets concrets et des besoins identifiés : logement, eau, gestion des déchets, énergie, qualité de l’air, équipements publics, jeunesse, culture

  • Agir pour mettre fin à la Métropole du Grand Paris en utilisant le poids politique de Paris pour imposer le débat national sur la suppression de cet échelon et sur la refonte de l’organisation territoriale en Île-de-France

  • Agir pour obtenir la restitution aux communes de la fiscalité aujourd’hui captée à l’échelle métropolitaine, ainsi qu’une péréquation nationale renforcée, fondée sur des critères sociaux et environnementaux, afin que la coopération territoriale repose sur l’intérêt général et non sur des rapports de force entre maires

Chapitre 29

Paris, ville internationaliste

L’action internationale de Paris se limite trop souvent à une vitrine au service de la notoriété de la maire. Elle doit au contraire se mettre au service d’une internationale de la paix et de l’humanité, face à l’internationale réactionnaire et fasciste qui se constitue. À Paris, ce sont les habitants qui ont porté massivement l’exigence de reconnaissance de l’État de Palestine, bien avant que le président de la République ne finisse par y céder. L’action de la Ville aurait dû accompagner plus résolument ce mouvement populaire, l’incarner et en constituer le relais institutionnel. Paris doit redevenir une ville engagée pour la paix au moment où le monde multilatéral se disloque. Elle doit jouer un rôle diplomatique pour défendre le respect du droit international et des droits de l’Homme.

MESURE CLÉ

Porter le budget alloué par la mairie de Paris à la solidarité et la coopération internationales à 0,3 % de son budget global

  • Contribuer directement à l’ONU et aux organismes internationaux comme l’UNICEF, l’UNRWA, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, le Programme alimentaire mondial, l’Organisation mondiale de la santé et ONU Femmes
  • Proposer la signature d’un Accord international des Maires et des Villes engagés pour la diplomatie et la paix
  • Soutenir et faire voter par le Conseil de Paris une motion pour défendre la paix durable et la fin de l’occupation en Palestine, la justice pour le peuple palestinien, la fin de l’apartheid en Cisjordanie et du génocide à Gaza
  • Mettre en œuvre le vœu voté, mais jamais appliqué, décernant la citoyenneté d’honneur à la population de Gaza
  • Affirmer, chaque fois que cela sera nécessaire, la solidarité de la Ville de Paris avec les peuples en guerre et ceux qui se battent pour leur liberté et pour le respect du droit international

Le multilatéralisme est menacé par le retour de la loi du plus fort, du plus décomplexé et du plus barbare. Face à ce recul, de grandes métropoles s’organisent déjà en résistance, comme l’a montré récemment la victoire d’une gauche de rupture à New York. Paris doit inscrire pleinement son action internationale dans cette dynamique de coopération, de solidarité et de défense des droits. Le cadre législatif permet à la Ville de Paris de devenir un véritable moteur de la liberté des peuples, de la paix et de la solidarité internationale, en pleine cohérence avec son histoire de commune internationaliste. C’est à Paris qu’ont été posées les bases du renoncement à la guerre en 1928. C’est à Paris qu’a été adoptée, en 1948, la Déclaration universelle des droits de l’Homme. La capitale a également été le berceau de nombreux mouvements de libération et de congrès fondateurs pour des peuples en lutte, et un refuge pour des figures politiques et culturelles persécutées ailleurs. Cette histoire oblige. Paris doit aujourd’hui assumer pleinement ce rôle dans la
communauté internationale.

MESURE CLÉ

Renforcer la place de Paris comme ville refuge pour les personnes persécutées et en danger en raison de leur opinion politique, philosophique ou religieuse, leur identité, leur genre ou toute autre discrimination

  • Proposer, en coordination avec l’État, aux organismes internationaux menacés par Trump d’établir leur siège à Paris avec le soutien de la Ville
  • Renouer avec une politique d’octroi de la citoyenneté d’honneur de la ville de Paris à toute personnalité en danger en raison de sa défense des droits humains et du droit international
  • Créer et fédérer un réseau international communal antifasciste afin de combattre la montée de l’extrême droite, notamment en se basant et en élargissant la Coalition européenne des villes contre le racisme pour l’étendre à l’international
  • Conditionner le maintien des pactes d’amitié et de coopération existants au respect du droit international par les villes partenaires et leurs États
  • Rompre avec la devise « seule Paris est digne de Rome, et seule Rome est digne de Paris » et impulser une politique de jumelage avec des villes européennes et du Sud global qui partagent des valeurs, des histoires et un futur avec Paris, à l’image de Barcelone, Alger, Dakar, Buenos Aires ou encore Mexico
  • Faire des objectifs de développement durable des Nations Unies, et en particulier de l’objectif 11 portant sur les villes et les communautés, la boussole de l’action communale
  • Réinvestir et redynamiser les réseaux internationaux sur la bifurcation écologique auxquels la ville de Paris est membre tel que le C40 des villes engagées pour le Climat, la Convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie, le Conseil international pour les initiatives écologiques locales et la Coalition internationale des villes inclusives et durables, en encourageant les synergies, échanges d’expérience, partenariats et collaborations sur l’adaptation des villes au changement climatique
  • Renforcer les subventions de la ville en faveur des associations engagées en faveur de la protection des journalistes, de la liberté de la presse et d’expression à l’international

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